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14/01/2019 09h:56 CET | Actualisé 14/01/2019 09h:56 CET

Il était une fois la révolution: Le boxon et les catins

Les problèmes sont réels et les solutions sont connues mais hors de portée des dirigeants actuels à l’attitude pusillanime et obnubilés par des ambitions personnelles démesurées.

Anadolu Agency via Getty Images

L’imminence d’une grève générale appelée par la puissante centrale syndicale et le chiffre, d’uniquement un jeune sur quatre, qui a l’intention de faire entendre sa voix aux prochaines élections, m’ont poussé à sortir de mon mutisme et à balayer les doutes qui m’habitent sur ma capacité, à travers les écrits, de faire avancer les choses.

La plupart des gens suivent les futilités et peu sont prêts à entendre certaines vérités ... L’adoption d’une démarche paroxystique et la volonté de décrire la situation, en somme assez connue, en faisant une économie de phrases, me contraignent à affuter mes mots.

L’UGTT est sous le feu des critiques, les plus acerbes alors que, s’inscrivant dans la logique, qu’il faut plus protéger les travailleurs que le marché, elle est juste dans son rôle, de défendre le pouvoir d’achat des travailleurs et se dresser en rempart contre la précarité, la violence sociale et ceux qui soutiennent l’individualisme et l’atomisation de la société.

On soutient tacitement les trafiquants, les malfrats de tout poil et les mafieux, ces financiers des campagnes électorales et à coté, invoquant la conjoncture économique, on ne cesse de demander des sacrifices aux travailleurs, aux petits fonctionnaires, aux vieux retraités et à toute cette classe moyenne évanescente.

On peut ne pas être d’accord avec l’exécutif de la centrale mais n’oublions pas qu’elle demeure, un refuge et un des rares exemples dans ce pays de bonne gouvernance et d’alternance. Je comprends quelque part, les jeunes qui boudent les élections et éprouvent de la répugnance à la politique des partis, leur nonchalance ou leurs inquiétudes. Quel spectacle et quelles perspectives, leur offre t-on? Élections après élections, ils ne constatent que duperie et perfidie. Les dernières municipales n’en sont qu’une illustration criarde

Si seulement on prenait en compte le vote blanc, sinon aller voter pour qui? Pour des élus qui confisquent la parole du peuple? Pour des politiciens usurpateurs? Pour ce parti de recyclage et de transvasés, aux allures de boxon et remettre au pouvoir les gens qui ont déjà eu le pouvoir? Pour ces partis de gauche aux thèses calcifiées et aux leaders momifiés? Pour ces politiques nomades et cabotins, qui font les yeux de biche et vouent une admiration génuflexe pour le chaman du parti islamiste?

Venons en justement au parti islamiste, leurs dirigeants ont réussi à capitaliser sur leur statut de persécutés par l’ancien régime et monnayé la mansuétude et la bienveillance manifestées à leur égard, mais au fil des années, les gens ont compris leur essence. Loin de chercher à les minimiser, ils se retrouvent actuellement dans le plus simple appareil et obstinément, ils sont prêts à s’allier avec le diable pour se maintenir au pouvoir car pour eux, quitter le pouvoir signifie leur extinction!

Huit années après, la confiance envers les dirigeants et les médias est sérieusement ébranlée. On continue effrontément à nous mentir, à travestir et à nous infantiliser. En outre, j’estime qu’on est en droit d’oser espérer ne plus revoir les images récurrentes des gardes maritimes avorter les tentatives de traversée des embarcations du désespoir et surtout, celles plus macabres, des reclus de l’exil recrachés par la mer, des jeunes qui ont perdu leur pays! Les gens voudraient sortir des limbes, limbes de l’avenir. Ils vivent ici et font des enfants, où vont-ils aller et que vont ils faire? Nulle part ailleurs, ils ne demandent qu’à vivre dignement sur cette terre, celle de leurs parents et de leurs ancêtres, une terre qui a toujours cultivé l’honneur et le courage.

Les problèmes sont réels et les solutions sont connues mais hors de portée des dirigeants actuels à l’attitude pusillanime et obnubilés par des ambitions personnelles démesurées.

Armons-nous donc d’optimisme, pas celui qui est béat, imprégné de religieux et figé dans l’attente du providentiel sauveur mais plutôt, un optimisme prudent, calme et mesuré, l’optimisme des stoïciens!

Pour ma part et à mon âge, je n’ai guère le choix que de continuer à transporter ma vie au sein de ce monde, que j’observe coitement, pour ensuite en adoucir fugacement, les contours à l’encre de l’espoir ...

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