MAROC
11/09/2018 19h:07 CET

Il écrit aux 247 Nicole de l'Université de Calgary pour retrouver son âme soeur

How I met your mother... et 246 autres Nicole

constantgardener via Getty Images

Faire des rencontres n’est pas facile à l’ère de Tinder et Bumble... et toutes les autres distractions. Certaines personnes se résignent à être célibataires et vivre avec leurs 500 chats tandis que d’autres sautent sur toutes les occasions et travaillent dur quand elles pensent avoir trouvé quelqu’un d’intéressant.

Carlos Zetina, un étudiant de l’Université de Calgary, fait partie de la deuxième catégorie. Jeudi soir, M. Zetina a apparemment fait la connaissance (heureuse) d’une femme nommée Nicole dans un bar du campus et l’a aidée, ainsi qu’une amie, à rentrer chez elle après une soirée. Mais parce qu’il ne lui a pas demandé son nom de famille et qu’elle lui a accidentellement donné le mauvais numéro de téléphone, il n’a pas pu la recontacter.

 

Il a donc pris les choses en main: il a envoyé un courriel à toutes les 247 personnes dans le répertoire de l’Université dont le nom incluait une variante du prénom “Nicole”. Le message a été envoyé à des centaines de Nicole, Nicolettes et Nikkis, dont plusieurs professeurs et même la doyenne associée du département de kinésiologie.

Carlos Zetina affirme qu’il a envoyé le fameux courriel parce qu’il ne voulait pas que Nicole pense qu’il était “un mauvais garçon qui ne texte pas en retour”.

TWITTER / NICOLE MACMILLAN

“Je t’ai rencontrée hier et tu m’as donné ce faux numéro. 

Salut, ceci est un email collectif à toute les Nicole, si vous ne correspondez pas à cette description alors ignorez-le, et si vous êtes la bonne mais que vous ne souhaitez simplement pas me parler alors c’est également OK. Si tu t’appelles Nicole, que tu viens de Hollande et que tu penses que Nietzsche est déprimant, alors envoie-moi un sms. Au fait c’est Carlos, je suis le garçon qui t’a raccompagnée avec ton amie à la maison la nuit dernière. 
Bon vendredi à toutes!” 

Presque immédiatement, les Nicole se sont mutuellement contactées.

“Quelqu’un a seulement répondu aux Nicole et a dit: ‘Devrions-nous toutes lui dire que nous sommes sa Nicole, toutes les 250?’”, se souvient Nicole Macmillan, une étudiante en maîtrise en psychologie à l’Université de Calgary. “Et puis ça a juste explosé à partir de là.”

La conversation s’est rapidement déplacée sur les réseaux sociaux. Une des destinataires, Nicole DuGraye, a créé le groupe Facebook “Nicole From Last Night” (La Nicole d’hier soir, en français), qui compte près de 80 membres. Le lendemain, ils ont organisé une rencontre de Nicole(s) dans un bar du centre-ville.

Personne ne sait avec certitude comment Carlos Zetina a eu accès aux adresses électroniques de chacune. “Notre théorie en tant qu’équipe de Nicole(s) est qu’il a dû aller dans son portail de courriel et tapé “Nicole”″, soutient Mme Macmillan. Le système de messagerie de l’université propose des noms si vous tapez quelques lettres. Les Nicole pensent donc qu’il doit juste avoir sélectionné ”Écrire à tous”.

Les Nicole se réunissent

Nicolette Little, candidate au doctorat en études féministes dans les médias à l’Université de Calgary, affirme s’être réveillée vendredi matin avec des dizaines de messages, incluant des sms d’amis qui avaient entendu parler du courriel viral, dont celui d’une amie Nicole qui était en Espagne lors de l’envoi dudit message.

Voici des exemples de messages de Nicole : “Est-ce que la vraie Nicole va se lever s’il vous plait?”, “Je veux juste dire bonjour à mes camarades Nicole”, ou encore, “Je n’ai jamais été aussi heureuse de m’appeler Nicole”. 

″- Ça ressemble au pilote d’une série géniale. 

- “How I met your mother et 240 autre Nicole”

 

Mme Litte est allée à la rencontre et y a rencontré 15 autres Nicole et Nicolettes. “C’était tellement bizarre parce que nous nous sommes pointées pour boire un verre et nous nous ressemblions toutes étrangement. C’était vraiment étrange”, confie-t-elle.

Nicole Macmillan dit que tout le monde au bar a adoré leur histoire - elles l’ont racontée à leur serveur, qui l’a dit au reste du personnel. Même le responsable est venu leur en parler.

La mystérieuse Nicole identifiée

L’histoire a une autre fin heureuse: grâce au “puissant réseau de Nicole”, la Nicole recherchée a découvert la croisade de Carlos. Les Nicole ont dû se mobiliser parce que la vraie Nicole qui a fait craquer Carlos n’a pas d’adresse électronique associée à l’université, car elle est étudiante néerlandaise en échange.

Mme Macmillan est entrée en contact avec la vraie Nicole et a vérifié que le mauvais numéro de téléphone avait véritablement été livré à Carlos par erreur et non de façon délibérée. Apparemment, Nicole avait un numéro de téléphone canadien depuis environ une semaine et ne s’en souvenait pas correctement. Les Nicole ont ensuite mis le duo en contact. 

FACEBOOK

“Bonjour camarades Nicoles, 

Je suis l’étudiante en échange de Hollande qui a été raccompagnée à la maison par Carlos la nuit dernière et qui pense que Nietzsche est plutôt déprimant! Je n’ai pas d’email de l’université donc je n’ai pas pu recevoir directement ce magnifique email, mais le puissant réseau des Nicole m’a aidée à entrer en contact. 

J’aimerais beaucoup vous rencontrer toutes un jour bientôt!”

 

Macmillan indique que le groupe prévoit un autre rendez-vous avec la Nicole originale la semaine prochaine. Et qu’elles meurent toutes d’envie de la rencontrer.

Beaucoup de Nicole ont été impressionnées par le courage de M. Zetina, même si certaines ont remis en question ses méthodes. “Je pense que c’est l’effort le plus ambitieux pour trouver une fille que j’ai jamais vu”, dit Mme Macmillan.

Nicole Larsen, une autre femme qui a reçu le courriel, affirme qu’elle se sent “heureuse de faire partie d’une histoire d’amour”.

Nicole a fini par contacter Carlos par texto, et ils ont prévu de se revoir autour d’un café au cours de la semaine, raconte à l’AFP Nicole Rathberger étudiante en théâtre à l’université de Calgary. Les 246 autres Nicole n’ont pas été conviées cette fois-ci... 

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été adapté de l’anglais.