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18/03/2016 05h:53 CET | Actualisé 19/03/2017 06h:12 CET

Solitude militaire régionale, l'ANP et l'Arc de l'instabilité (II)

Nous estimons que la lutte antiterroriste dans le sahel aurait obéi depuis 2002 à un véritable tiraillement que se livra la quadrilogie, USA, France, Algérie et Maroc. Tout d'Abord, l'Algérie qui se présenta comme un acteur central par sa configuration territoriale puisqu'elle a des frontières avec sept pays, le Maroc, Sahara occidental, Mauritanie, Mali, Niger, Libye et Tunisie.

Nous estimons que la lutte antiterroriste dans le sahel aurait obéi depuis 2002 à un véritable tiraillement que se livra la quadrilogie, USA, France, Algérie et Maroc. Tout d'Abord, l'Algérie qui se présenta comme un acteur central par sa configuration territoriale puisqu'elle a des frontières avec sept pays, le Maroc, Sahara occidental, Mauritanie, Mali, Niger, Libye et Tunisie.

Utile de rappeler que le plus grand problème sécuritaire du début des années 2000 fut ce terrorisme qui après avoir été défait en Algérie, resurgît dans trois pays du Sahel: Mali, Mauritanie et Niger. Ici et bien que la main de Kadhafi ne fût pas étrangère à certaines turbulences, mais l'apport de dons charitables arabes y a concouru, le tout rajouté à l'inadvertance et à l'irresponsabilités de certains pays européens ayant opté pour le credo de la rançon.

Mais avant de parler du couple Maroc - France qui dès 2004 commencèrent à saper en catimini, parfois volontairement, parfois par mégarde, le premier visait l'Algérie le deuxième les USA, essayons de voir du coté des Etats-Unis, le partenaire incontournable et important de la quadrilogie ayant lancé le Pan Sahel Initiative en 2002. Ce PSI le coupla par la suite avec le The Trans-Sahara Counterterrorism Partnership piloté par le département de la défense US, devançant carrément toute initiative venant de l'Hexagone, à vrai dire un "prit de court" de Paris.

A cette période, la question sécuritaire planétaire ainsi que le rôle prépondérant des USA en tant que leader, demeurèrent pour l'administration américaine une constante politique nationale et c'est ainsi qu'une nouvelle conception aurait été peaufinée par les nouveaux conservateurs de la maison Blanche. En face, des intellectuels américains commencèrent à comparer le colonialisme du 18e siècle qui se distingua par ses colonies, au nouveau colonialisme US qui déferla sur le globe avec l'arrivée des républicains de Bush.

Pour le colonialisme a l"américaine, il se définissait par la multiplication des bases militaires dans le monde ( Global Cavalry). C'est la conclusion à laquelle est arrivé un grand expert militaire comme Chalmers Johnson. Le Monsieur avait démontré dans un article publié par le Los Angeles Times, que sous couvert d"une lutte antiterroriste le Pentagone était entrain de tisser une toile militaire pour asservir l'humanité.

Dans ses citations, l'auteur avait lancé des attaques fulgurantes contre le trio BUSH, CHENEY ET RUMSFELD les traitant de grands hégémonistes d'ordre impérialiste avec un plan qui ne fait que stimuler le terrorisme. L'expert militaire s'interrogeait sur la nécessite de déployer à l'étranger un demi millions d"hommes parmi eux des milliers de soldats, de techniciens, d'enseignants et d'espions pour écouter ce que disent, télécopient ou échangent par courriel les gens du monde y compris les Américains.

Utile de signaler que nous avons traduit les citations de Chalmers parues dans Los Angeles Times reprises aussi par le Boston Globe et nous les avions mentionnées dans un article publié en 2006 par Le Quotidien d'Oran.

Effet du hasard, nous avons trouvé la même traduction chez un expert marocain de l'université de Paris VIII, lequel nous réfère à des dires sur le site Tomdispatch.com, mais en anglais. Anyway, on en va pas faire un drame, ce fut déjà trop court.

En somme, le point d'orgue de cette œuvre peaufinée (The Department of Defense Plan) reposait principalement, sur une nouvelle organisation des 6000 bases qu'entretenait officiellement le Pentagone aux États-Unis, et sur la réimplantation des 702 bases extérieures existantes dans les 130 pays et encore sur le devenir des grands campements militaires temporaires dits "Temporary or Provisional Bases", qu'on avait implanté au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Israël, au Koweït, au Kirghizistan, en Ouzbékistan et évidemment et au Qatar.

Il s'agissait, en vérité, de l'un des plus grands mouvements de la structure militaire (hommes et matériels) qui allait toucher dans sa section internationale, les continents de: l'Europe, l'Afrique, l'Asie, l'Australie et enfin l'Amérique du Sud, en plus du territoire Danois de la Groenland.

Un décompte que nous avons récolté de la presse américaine et que nous avons publié dans la presse algérienne des 2006 parlait déjà d'une masse humaine de 630.000 hommes représentant 260.000 gens en uniforme, plus de 300.000 fonctionnaires civils de la défense et 50.000 recrutés locaux (Réactualisation de données LZ-CRS Report for Congress Quotidien-Oran décembre 2006).

Le plan avait porté aussi sur le perfectionnement du système de transport de troupe dénommé AMC Air mobility Command, c'est à dire la rapidité du mouvement militaire sur les deux axes majeurs: Groenland -Australie Ouest et Groenland-Australie Est.

On avait parlé a ce moment-là d'une mobilité qui serait plus consistante grâce à la création de nouveaux repères terrestres de facilitation et de support. Dans ce volet, des informations commencèrent à évoquer un remplacement d'implantation des villes de l'Hémisphère nord comme Shannon en Irlande.La nouvelle tâche auraient projeté de confier à d'autres nouveaux territoires dans le Sahel, comme Bamako au Mali Tamanrasset, Niamey et Nouakchott.

Or, les premières brèches dans la muraille Franco- Américaine devinrent très visibles lorsque le rapprochement militaire avait commencé à se concrétiser avec l'Algérie... tout d'abord avec toutes les interprétations que suscitèrent une probable implantation d'une base américaine au sud de Tamanrasset. "Base américaine à Tamanrasset", le mot est fort, Bouteflika refuse la proposition -Chirac soulagé- mais pour ne pas dire tout un grand NON, Bouteflika cadre la cooperation américaine en procedures acceptables, une manière de s'ajuster à l'exigence d'un grand importateur de gaz algérien

Mais le président Algérien espérait gagner chez Chirac, mais c'est Chirac qui a évité la défaite de la doctrine France Afrique en vérité, au moment où le Maroc historiquement docile à l'Occident, accordait ses deux violons en bilingue, eut fini par passer toutes ses factures d'épicerie. En tout compte fait pour l'Algérie, tout l'acquis de l'indépendance a presque sombré dans une mauvaise fréquentation et il n'y a eu aucun gain en fin d'aventure, si ce n'est des immixtions et une arnaque économique qui perdure.

Retournons a cette marmelade des années 2004-2005. Donc après un bref intermède, La France devint subitement furieuse en apprenant un rapprochement contre nature, celui de Washington avec le Sénégal sur facilitation du Maroc juste pour contourner le refus Algérien de la base. Le pays de Singhor a été toujours la chambre à echos de Rabat. Le jeu du Maroc nous allons le voir plus tard avec la CEDEAO et cette force Africaine de lutte contre le terrorisme qui veut isoler l'Algérie.

En tout cas Chirac aurait piqué une colère au moment où Wade le sénégalais commença à dire quelques mots en Anglais a sa présidence. Le Maroc toujours intelligent dans l'acrobatie s'est soustrait poliment ne voulant pas froisser son parrain historique la France, en ne se montrant pas enthousiaste à une implantation de base américaine chez lui, alors que toute la planète sait que les Américains ont toujours eu des bases dans ce royaume, bases figées dans ce vocable : les américains sont arrives' puis repartis.

Et voilà que le New York Times rajoutait a la rage des Français en termes crus en disant que les États Unis étaient entrain de transpercer l'espace Francophone Africain et l'idée de la création d'une base chez le président sénégalais Wade, semblait gagner du terrain. On parlait même du transfert, dans le cadre du nouveau plan du Pentagone (Overseas Rebasing 2005), de la grande Base d'Okinawa au Japon, vers ce pays de l'Afrique occidentale.

En tous cas,selon toujours le NYT, la réplique de Chirac ne s'était pas faite attendre, il y a eu une diminution sensible de l'aide traditionnelle accordée au Sénégal, allant jusqu'à des restrictions touchant le quota estudiantin en partance vers l'hexagone.

Cause à effet, les Africains croient toujours que l'oxygène est français de fabrication et c'est pour cela qu'ils arrivent l'après-midi à Paris pour s'excuser : Conséquence le déplacement, illico, du Président Sénégalais à Paris, pour minimiser son virage en direction du nouveau ami américain.

Ici, le topo est demeuré le même et rien n'a changé à en croire certains échos a cette periode. Non convaincus donc, les Français soupçonnerent jusqu'a 2009 anguille sous roche, c'est court comme doute francais d'ailleurs, d'autant plus que s'il s'est confirmé, un transfert d'une base de la taille d'Okinawa,pourrait cadrer mal tout prétexte antiterroriste. A suivre la semaine prochaine pour la dernière partie

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