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25/08/2013 18h:30 CET | Actualisé 25/10/2013 06h:12 CET

Humeur de Farouk : Constat Normal d'Anomalies Maghrébines

QUOTIDIEN - La CNAM, caisse nationale d'assurance maladie, fait partie des mille et un plaisirs du labyrinthe administratif auquel se retrouve confronté le citoyen lambda, moi en l'occurrence, quand il s'agit de tenter de récupérer une partie de l'argent dépensé pour sa santé.

Prolégomènes

La CNAM, caisse nationale d'assurance maladie, fait partie des mille et un plaisirs du labyrinthe administratif auquel se retrouve confronté le citoyen lambda, moi en l'occurrence, quand il s'agit de tenter de récupérer une partie de l'argent dépensé pour sa santé.

Bref, la CNAM c'est du bruit, des documents et des boîtes d'archives posées partout, mais vraiment partout (et ce n'est pas une blague), des fonctionnaires fatigués et agacés et impolis (c'est bien simple, cela fait longtemps que j'ai arrêté de dire bonjour depuis qu'on a arrêté d'y répondre). Le bonheur.

Aventure à la CNAM

Je m'installe dans la file d'attente pour prendre un ticket auprès du chargé d'accueil. C'est bondé, c'est l'été, il fait chaud. Devant moi, un "haj" me regarde:

"C'est quand même fort ça, attendre pour prendre un ticket pour attendre".

On sympathise et on discute. Arrivent deux grosses femmes voilées (aucune méchanceté de ma part, sur le plan factuel, elles sont vraiment grosses et voilées). Bien, je vous explique aussi la situation de la file d'attente. En train de discuter avec l'agent de la CNAM: une femme. Puis, derrière elle, un homme, puis d'autres femmes (à peu près une demi-douzaine). Puis nous, et enfin, derrière nous des hommes et des femmes.

La, disons, moins esthétiquement attractive des deux grosses voilées (je n'y peux rien, c'est toujours factuel) lance avec l'assurance des imbéciles heureux:

"Ekhi, y'a pas deux files? Une pour les hommes, une pour les femmes".

Au début, cher lecteur, j'ai vraiment pensé que je me faisais vieux et que j'hallucinais (une fois dépassé la trentaine, c'est déjà le début de la fin)... Mais non. Le haj à côté de moi, qui a la marque de la prière sur le front, me regarde et se retourne vers la moins esthétiquement attractive:

"Et pourquoi nous séparer? T'inquiète, personne ne s'occupera de toi".

Plusieurs personnes rient, tandis que d'autres affirment :

"Oui, c'est vrai il faut deux files. Ça ne se fait pas, c'est haram...".

Pendant ce temps, c'est au tour de l'homme (souvenez-vous, celui qui était placé en deuxième place au début de la file d'attente). Donc, pendant que le débat s'anime, je prends le haj par la main et nous nous plaçons derrière l'homme, dépassant ainsi une bonne dizaine de femmes avant nous. Je me retourne vers la file:

"Cette femme a raison, on ne peut pas mélanger ainsi les hommes et les femmes, c'est haram!".

Plusieurs hommes font oui de la tête, les femmes, elles, font la tête mais restent silencieuses. La femme voilée vient se mettre derrière nous, le haj lui parle alors de vive voix sur un ton condescendant (en deux mots).

"Femme, recule et ne te mets pas derrière moi, mets-toi derrière les autres femmes. Tu n'as pas honte? Pousse toi, que dieu me protège du diable!".

Elle recule, la queue entres les jambes, se met dans la file des femmes, la plus longue. Le haj se retourne vers moi:

"Tu sais, grâce à toi, j'ai ri un bon coup et j'en avais bien besoin !".

Et donc...

Conclusion, face au ridicule de certaines situations, ces espaces-temps beckettiens, j'ai décidé d'user des meilleures armes qui soient: la distanciation et l'humour