ALGÉRIE
13/04/2018 11h:49 CET | Actualisé 13/04/2018 12h:24 CET

Huit mois de "gouvernance" Ouyahia: plus qu'un ministre, moins qu'un Premier ministre

Que trouvera-t-il à dire pour éclaircir le tableau sombre de ses huit mois à la tête du gouvernement?

Anadolu Agency via Getty Images

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia fera ce samedi 14 avril le bilan de son gouvernement devant un parterre de journalistes et ses ministres au centre international des conférences de presse Abdelatif Rehal (CIC).

Objet d’attaques du secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbas, donné pour partant par la rumeur, Ahmed Ouyahia reste en place. A-t-il “regagné” la confiance du président? La réponse est sans doute plus prosaïque: Bouteflika estime avoir encore besoin de le laisser là où il est en cette année électorale.

Les chiffres qu’exhibera Ouyahia ce 14 avril “justifieront-ils” ses huit mois à la tête de l’exécutif?

Ahmed Ouyahia s’était déjà livré à cet exercice fin mars dernier où il avait donné les budgets alloués annuellement à l’éducation et l’emploi des jeunes. Il avait alors défendu devant les experts de la finance dans la région MENA, les politiques engagées par l’Algérie dans ces deux secteurs. 

Pour les Algériens, les huit mois d’Ouyahia à la tête du gouvernement ont été marqué par des prises de décisions hésitantes et des secteurs en crises ouvertes. 

Si le contingentement des importations ne semble n’obéir à aucun impératif économique hormis de pallier par des mesures administratives à l’amenuisement du matelas financier du pays, les affaires de montage automobile soulignent l’impuissance de l’État à jouer son rôle de régulateur..

Les secteurs de la Santé et de l’Education sont marqués par des crises ouvertes. La grève des médecins-résidents depuis fin novembre cristallise l’incapacité du gouvernement Ouyahia à trouver des solutions à des problèmes objectifs qui gangrènent un des secteurs névralgiques. 

Ouyahia a également décidé d’aller vers le financement non conventionnel au risque de faire monter en flèche le taux d’inflation. Les dévaluations quasi mensuelles du dinar soulignent la fragilisation de plus en plus marquée du pouvoir d’achat des citoyens.

Que trouvera-t-il à dire pour reluire ce tableau sombre? Le Premier ministre pourra certainement mettre en avant le maintien des salaires des fonctionnaires dans un contexte économique déprimé en raison de la chute des prix du pétrole. Il mettra aussi en avant certainement la remise en route des chantiers du logement après l’activation de la planche à billet.  

“Que dire de ces huit mois où il a été “tebbounisé” au sujet des privatisations et du partenariat public-public”, s’interroge un politologue avant de préciser que “la fonction de Premier ministre, même avec Ahmed Ouyahia, n’ai rien à voir, ni de près, ni de loin, avec celle d’un chef de gouvernement.”

Pour lui, ‘l’hyperprésidence imposée par Bouteflika rend encore plus difficile ce rôle présumé de coordinateur des “ministres” en raison de la baisse d’activité du président. Ouyahia, Tebboune, Sellal et même Benflis, ce sont des bureaucrates sans marges dont la mission est d’essuyer les plâtres à la place du président, sans avoir la marge minimale d’un Premier ministre. Ouyahia est bien sûr plus qu’un ministre mais il est loin d’être un Premier ministre”.

Et de conclure: “la gouvernance de Bouteflika ne supporte ni chef de gouvernement, ni Premier ministre”.

 

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