15/08/2019 17h:41 CET | Actualisé 15/08/2019 17h:41 CET

Huelva: Plus de 14.000 ouvrières marocaines ont participé à la campagne 2019

Pour le Maroc et l'Espagne, le bilan est positif.

AFP via Getty Images

ECONOMIE -  Bilan positif. A la fin de la campagne de cueillette des fraises et des fruits rouges dans la province espagnole de Huelva, au titre de l’année 2019, le Maroc et l’Espagne expriment leur satisfaction. 

Dans un communiqué conjoint, publié ce jeudi, le ministère du Travail et de l’Insertion professionnelle et le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration, d’une part, et le ministère espagnol du Travail, des Migrations et de la Sécurité sociale, d’autre part, annoncent le déplacement de 14.583 personnes de nationalité marocaine, dans le cadre de ce processus “de migration régulière, ordonnée et sûre”. Et de qualifier ce dernier de “positif pour les pays d’origine et de destination, mais surtout pour les personnes qui participent à cette campagne de migration circulaire”.

En chiffres, cette campagne agricole représente 5 millions de jours de travail déclarés au cours desquels une moyenne de 91.291 inscriptions au régime spécial agricole ont été enregistrées à la sécurité sociale au mois de mai 2019, indique le communiqué. Et de préciser que les travailleurs espagnols ont représenté 42.979, les communautaires (UE) 21.894 et les extracommunautaires 26.418. Les Marocaines représentent plus de la moitié de cette dernière catégorie. “Les personnes déplacées du Maroc constituent un complément migratoire indispensable compte tenu du volume d’embauche. Les personnes de nationalité espagnole ou étrangère résidant en Espagne représentent la grande majorité des ouvriers agricoles de Huelva”, font constater les deux parties dans ce communiqué.

Côté conditions de travail, qui ont fait couler beaucoup d’encre cette année, les deux gouvernement rappellent avoir entrepris une batterie de mesures au profit des saisonnières marocaines. Il a été question d’améliorations au niveau de la gestion et du suivi de la campagne, précisent les deux parties soulignant avoir renforcé les réunions et la fréquence des contacts, “ce qui a permis de mettre en place une organisation appropriée permettant l’arrivée progressive des personnes qui viennent travailler selon un calendrier établi en fonction des besoins exprimés par le secteur”.

Des améliorations dans le cadre du suivi et du contrôle des conditions de travail et de logement des personnes déplacées ont été mises en place sur la base d’une priorité: “garantir l’égalité de traitement dans ces conditions”.

Au Maroc, l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) a organisé des séances d’information sur les droits et les conditions de travail ainsi que sur la sécurité et la santé au travail ont été organisées auprès des bénéficiaires. Tandis qu’en Espagne, l’Administration générale de l’Etat, la Communauté autonome d’Andalousie, les entreprises participant à un régime de responsabilité éthique, professionnel, social, les syndicats et les organisations non gouvernementales ont coordonné leurs actions contribuant ensemble ”à assurer une prise en charge et une protection sociale des travailleurs, en accord avec leurs besoins et conformément à la réglementation, durant la campagne”, souligne le communiqué conjoint.

Les partenaires promettent de faire mieux

Protection des travailleurs rime avec inspection du travail. A propos de celle-ci,  “un accent particulier a été mis sur la fonction de surveillance et de contrôle du respect de la réglementation en matière d’ordre social”, indiquent les partenaires. Dans cet objectif, “un certain nombre de nouveautés a été introduit”, rappelle la même source, citant notamment “l’adoption d’un protocole d’action visant principalement à renforcer les fonctions de contrôle auprès des entreprises employant des travailleurs recrutés dans le pays d’origine”. A cette mesure s’ajoutent “des visites de contrôle sur la base de plaintes ou demandes spécifiques d’organismes, autorités judiciaires”.

La partie marocaine a, par ailleurs, entrepris des initiatives visant la formation et l’apprentissage de la langue espagnole et des métiers au profit des bénéficiaires ainsi que des activités culturelles dans les lieux de travail en collaboration avec les entreprises agricoles. Au mois sacré du Ramadan, des ftours collectifs (repas de la rupture du jeune) ont été également organisés en présence de l’ambassadrice du royaume du Maroc en Espagne, ajoute la même source.

Satisfaits, le Maroc et l’Espagne promettent de faire mieux. “Toutes les administrations concernées ont la ferme intention de continuer à perfectionner le processus de migration circulaire qui se déroule à Huelva depuis plus d’une décennie”, promettent les deux parties. Et en prévision de la prochaine campagne, les efforts bilatéraux seront concentrés sur la préservation des droits du travail des personnes déplacées et leur protection sociale, “impliquant de plus en plus la participation déjà considérable des différentes administrations territoriales ainsi que des organisations professionnelles, syndicales et non gouvernementales”. Les partenaires s’engagent aussi à améliorer les formations des saisonnières marocaines pendant leur séjour ainsi que leurs compétences professionnelles.