MAROC
23/05/2019 18h:20 CET

Huelva: Des ouvrières marocaines se plaignent à nouveau de harcèlement sexuel et mauvais traitement

Un syndicat ouvrier demande l'ouverture d'une enquête.

ABDELHAK SENNA via Getty Images

ESPAGNE - De nouvelles plaintes pour harcèlement sexuel et mauvais traitement ont été déposées par des ouvrières marocaines travaillant dans des fermes agricoles situées dans la province de Huelva, en Espagne.

La Confédération syndicale des Commissions ouvrières (CCOO) a envoyé, mardi 21 mai à la Direction générale des migrations, une lettre demandant l’ouverture d’une enquête sur les faits dénoncés et l’adoption de mesures “pour mettre fin à ce fléau indésirable de faits qui continuent d’être dénoncés à plusieurs reprises dans des entreprises et des exploitations agricoles de la province de Huelva”, rapporte le média local La Mar de Onuba.

La lettre du syndicat fait suite aux accusations portées devant la police par plusieurs ouvrières marocaines qui dénoncent une exploitation de la main-d’œuvre, le non-paiement des salaires et des cas de harcèlement sexuel.

La CCOO considère comme “inadmissible” que ces “pratiques abominables”, déjà dénoncées l’année dernière, se répètent cette année. Elle a ainsi demandé l’ouverture “immédiate” d’une enquête par le bureau du procureur général pour établir les responsabilités. Le syndicat demande également que l’inspection du travail vérifie la situation des ouvrières.

Toujours selon le quotidien espagnol, trois ouvrières temporaires marocaines ont rapporté avoir été forcées par les exploitants d’une ferme à travailler plus que les 6h30 quotidiennes prévues, et obligées de boire pour tenir la cadence, alors que la récolte des fruits tombe en plein ramadan.

“Certaines femmes n’en pouvaient plus, et les chefs les ont forcées à boire de l’eau pour résister”, a indiqué l’une d’elles. Elles ont également raconté ne pas avoir été autorisées à prendre une pause d’une demi-heure dans la journée. “Pendant le ramadan, ils ont enlevé ce droit, car ils disent que si ce n’est pas pour manger, nous ne pouvons pas arrêter le travail”.

Elles dénoncent également leurs conditions de logement. “Nous étions dix-huit personnes dans la même maison. (...) De plus, il n’y a pas d’eau chaude, nous avons passé plusieurs jours à prendre une douche avec de l’eau froide. (...) Ils nous ont également dit qu’il n’y aurait que des femmes dans la maison, mais il y a aussi des hommes”, assurent-elles.

La société propriétaire de la ferme dans laquelle se trouvaient les trois femmes interrogées n’a pas souhaité faire de déclarations mais a affirmé que la plainte l’avait surprise et qu’une enquête a été ouverte à cet égard.

Mardi, la Cour provinciale de Huelva a par ailleurs ordonné la réouverture du procès intenté l’été dernier après la plainte déposée par quatre travailleuses saisonnières marocaines contre un entrepreneur agricole à Almonte, pour un crime présumé de harcèlement sexuel, rapporte l’agence de presse espagnole EFE. Le tribunal ordonne à l’instructeur de recueillir les déclarations des plaignantes et de mettre en pratique “toute autre action qui en découle ou est jugée nécessaire”.