TUNISIE
26/03/2019 19h:30 CET

HRW appelle la Tunisie à arrêter ou interdire d'entrée le président soudanais Omar El-Béchir

La Tunisie étant membre de la CPI, Human Rights Watch appelle à ce que le président soudanais Omar El-Béchir, condamné pour génocide, soit interdit d'entrée ou arrêté s'il décide de participer au Sommet arabe.

AFP via Getty Images

Le président soudanais, Omar El-Béchir, condamné par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour génocide, crime contre l’humanité et crime de guerre, sera probablement parmi les participants à la 30ème session ordinaire du Sommet arabe qui se tiendra à Tunis le 31 mars 2019.

Considéré comme fugitif, l’organisation internationale Human Rights Watch appelle l’État tunisien à appliquer la loi et arrêter le président soudanais si jamais il se présente à ce sommet, ou alors l’interdire d’y participer et donc d’entrer sur le territoire tunisien, selon une communiqué publié par l’organisation.

La condamnation d’El-Béchir concerne les crimes commis dans la région du Darfour au Soudan, qui ont entraîné selon les estimations des États-unis, Israël et le Canada, la mort de 300 000 personnes, et le déplacement de 2,7 millions autres, dont 230 000 qui s’étaient réfugiés au Tchad.

Les autorités soudanaises avancent, elles, le chiffre de 10 000 morts.

La Tunisie devrait démontrer son engagement envers la justice internationale en interdisant au président el-Béchir de pénétrer sur son territoire ou bien en larrêtant sil posait le pied dans le pays”, a déclaré Elise Keppler, directrice adjointe du Programme Justice internationale de Human Rights Watch. “El-Béchir est un fugitif international qui devrait être à La Haye pour faire face aux accusations qui le visent, et non pas prendre part à des sommets accueillis par des pays membres de la CPI” lit-on dans l’article de l’organisation.

Pour Human Rights Watch, on attend de la Tunisie qu’elle respecte ses engagements envers le Statut de Rome, et en tant que démocratie, de ne pas faire comme certains pays membre de la CPI qui ont accueilli El-Béchir en dépit de sa condamnation, comme le Malawi, le Nigéria et la Jordanie, violant ainsi leurs obligation envers la Cour de La Haye.

Pour que la reddition des suspects soit efficace, la CPI compte sur la coopération de ses États membres, comme la Tunisie”, a conclu Elise Keppler. “Les victimes du Darfour, dont les centaines de milliers de personnes qui vivent depuis plus de dix ans dans des camps de réfugiés ou de déplacés, méritent de voir enfin el-Béchir traduit en justice” rapporte l’article de HRW

D’autres pays avaient cependant refusé de recevoir Omar El-Béchir, à l’instar du Danemark et du Botswana en 2009.

L’instabilité et les conflits règnent toujours au Soudan, et malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, les violences ont continué, entraînant la mort de dizaines de manifestants ces derniers mois.

HRW avait d’ailleurs dénoncé ces exactions en publiant des vidéos montrant la violence à laquelle se livre les forces de sécurité soudanaises contre les manifestants.

“Soudan: une vidéo montre une violence extrême et des abus
Une séquence vidéo montre la violence extrême et les exactions choquantes perpétrées par les forces gouvernementales contre les manifestants au cours de semaines de manifestations largement pacifiques au Soudan” - HRW

“Sud-Soudan. Des civils attaqués à Wau
En dépit d’un cessez-le-feu dans la guerre civile au Soudan du Sud, les civils sont toujours attaqués” - HRW

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