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28/12/2014 10h:29 CET | Actualisé 27/02/2015 06h:12 CET

Honoré à Manama par l'Union arabe des journalistes sportifs: Ali Selhani, un passionné de "l'info brute"

Ali Selhani, dit Saïd, ancien journaliste de l'APS, a été honoré, jeudi 25 décembre, par l'Union arabe des journalistes sportifs lors d'une cérémonie organisée à Manama. Youcef Zerarka, un ancien de l'APS également lui rend un hommage très coloré et plein d'humour.

Facebook/Ali Dit Said Selhani

Ali Selhani, dit Saïd, ancien journaliste de l'APS, a été honoré, jeudi 25 décembre, par l'Union arabe des journalistes sportifs lors d'une cérémonie organisée à Manama. Youcef Zerarka, un ancien de l'APS également lui rend un hommage très coloré et plein d'humour.

À force de nourrir une multitude de "posts" sur Facebook, l'info a voyagé telle une dépêche d'agence. Entre deux clicks, Ali Selhani s'est rappelé au souvenir de ses anciens collègues et confrères. L'ancien chef de la "Sportive" de l'Algérie Presse Service (APS) a été honoré par l'Union Arabe des Journalistes Sportifs (UAJS) lors d'une cérémonie organisée à Manama (Bahreïn).

Instituée de longue date par l'UAJS, cette tradition couronne périodiquement des journalistes arabes nominés par les associations nationales de journalistes.

Pour symbolique qu'elle soit, la distinction remise à Ali Selhani a le mérite de replacer au-devant de la scène un "ancien" du paysage médiatique national qui a dédié quarante années de sa vie à l'information sous toutes ses facettes.

Ali Selhani -"Wlidi Saïd" pour sa poule de mère- est un agencier pur jus et fier de le revendiquer. Depuis 1975, date à laquelle il a fait son "baptême de feu professionnel" à l'agence "Algérie Presse Service", Ali a vécu au rythme de l'information brute.

Sans commentaires ni fioritures. "Je veux l'information, rien que l'information", avait-il coutume de dire aux nouveaux venus de la "sportive" de l'Agence, tentés de s'essayer -sans transition- au Roundup ou au reportage.

À l'heure de souffler sur sa 62e bougie -ça sera fait en janvier 2015-, "Saïd" regarde dans le rétroviseur en réalisant que l'arrière-plan est loin de se conjuguer au mode du présent. Le premier jalon de sa vie journalistique remonte à une date que les moins de quarante ne peuvent pas connaitre: 1975.

Le mercato Koubéen!

Cette année, l'Algérie accueille les Jeux méditerranéens, premier événement international de ce calibre depuis l'indépendance.

Pour les besoins d'une couverture qu'elle souhaite exhaustive -et elle le sera effectivement- l'Agence mobilise l'ensemble de sa troupe, toutes rubriques et toutes hiérarchies rédactionnelles confondues.

Une campagne de recrutement est lancée au terme de laquelle Saïd Selhani signe sa première licence médiatique, rejoint plus tard par (le regretté Brahim Dahmani) et Moussa Boudehène.

Les (sympathiques) "mauvaises langues" de l'APS parlent -alors- d'un mercato Koubéen orchestré, en coulisses, par le chef du service sportif et transfuge de La République, Ahmed Bessol, et Noureddine Ouardi.

Pigiste pendant un semestre avant de glaner une licence "permanent", Ali Selhani passe une dizaine d'années à la sportive: Il est d'abord élément avant d'être promu chef de rubrique à l'heure du mondial espagnol. Un mondial au cours duquel la presse sportive algérienne signe l'une de ses plus belles couvertures.

Entre autres souvenirs de "Said", le décalage technique entre les médias algériens et les médias occidentaux: Alors que les envoyés spéciaux de L'Équipe et d'autres journaux européens transmettaient leurs papiers au moyen du fax/télécopieur, les Algériens "câblaient" la sténographe ou faisaient glisser la "bande" du télex chère à Ahmed Gharram.

LIRE AUSSI SUR LES BlOGS:Une belle séquence de l'histoire de l'agence Algérie Presse Service.

En août 1984, le directeur général de l'APS, Mohamed Merzoug, quitte son bureau directorial avec vue imprenable sur le port d'Alger. La cohabitation contrainte entre Merzoug-Nacer Mehal d'une coté et Bachir Rouis-Noureddine Skander (paix à leurs âmes) de l'autre vole en éclats. Et tourne à l'avantage du second duo.

Commentaire amusé du regretté (Souk-Ahrassi) Djounaïdi Kalèche: "La wilaya IV et la Zone Autonome d'Alger remportent une manche contre le MALG", sept mois après le départ de Boualem Bessaiah de l'Information et son remplacement par le "capitaine Nehru" au grand soulagement de Noureddine Skander.

Avant de s'éclipser du 3, boulevard Che Guevara, Mohamed Merzoug signe une ultime décision: Il met fin aux fonctions de Nacer Mehal à la tête de la Direction de l'information et confie l'intérim à Hadj Benhaizia.

Surprenant s'il en est, l'ultime acte directorial de Merzoug donne lieu à de multiples "Ijtihad" dont une exégèse amusée de Djounaïdi Kalèche: "Le 'Malgache' a coupé l'herbe sous les pieds du DI, histoire d'annihiler un éventuel rebondissement du Dakarois!"

Le départ de Mohamed Merzoug -remplacé par Mohamed Benzeghiba lequel cédera sa place à Belkacem Ahcène-Djaballah- entraîne un jeu de chaises musicales à l'Agence.

Entre autres effets collatéraux, "Saïd" Selhani est affecté à la rédaction socio-culturelle chapeautée par le koubéen de voisin Brahim Dahmani. Il est remplacé à la tête de la "Sportive" par un autre koubéen de "Djar", Noureddine Ouardi.

À la "Socio-culturelle", Selhani est chargé -à sa demande- de deux dossiers: "Médias/nouvelles technologies" où il réalise un travail de fourmi et le "Tourisme", secteur désormais chapeauté par Mohamed Salah Mentouri (paix à son âme) dans le costume de vice-ministre.

À l'heure d'un énième remaniement ministériel, Mohamed Salah Mentouri est promu ministre de plein exercice en charge du portefeuille de la Santé. Saïd Selhani "passe" à la couverture hospitalière et de l'industrie pharmaceutique.

Parallèlement à sa fonction journalistique, "Saïd" préside aux destinées de la section syndicale et sacrifie à une nouvelle mission: La médiation sociale dans une boîte où les sujets qui fâchent ne manquent pas. Quota de logements sociaux à arbitrer, la cantine à améliorer pour empêcher les salariés de monter jusqu'à la rue Boutin pour avaler une "Hmissa/pois-chiche double Zit", le reclassement et, stade suprême des querelles "agencières", les mouvements dans les bureaux de l'APS à l'intérieur et à l'étranger.

Je me garde d'en dire plus à ce sujet et laisse l'exclusivité à Saïd lorsque sonnera l'heure des mémoires! Seul témoignage auquel je ne résiste pas: L'histoire de la "prime de documentation" obtenue dans le cadre de la revalorisation des salaires.

Bouillon de culture

Observant que les journaux et autres revues étaient loin d'être les amis fidèles de nombre de journalistes/salariés, Saïd Selhani a proposé -et obtenu de Ahcène-Djaballah- de verser la prime sous forme de revues/journaux.

Un accord a été conclu avec l'ENAMEP (ex-SNED) et la prime a été versée sous forme de Le Monde, Nouvel Observateur, Le Canard enchaîné, Al Sharq Al Awsat, Al Hayat , Science et Vie.

Le "Bouillon de culture" à la sauce de Saïd Selhani a cessé d'être servi avec la suspension de l'importation de la presse étrangère pour des raisons d'essoufflement économique de l'ENAMEP.

Printemps 1990: Mouloud Hamrouche signe sa fameuse circulaire sur l'"aventure intellectuelle". Saïd Selhani -dont l'état d'esprit n'était plus à l'Agence depuis quelques mois- en profite pour signer une seconde licence médiatique. Sous forme d'entreprise privée.

Associé à un autre transfuge de l'Agence (Rabah Alilat), "Saïd" se lance dans l'aventure d'une agence de presse multi-services (infos, publicité, édition de revues), "Mediafax". Mais les deux associés se rendent compte très rapidement que la circulaire Hamrouche n'a pas pour autant rompu le monopole sur la publicité. Du coup, Alilat et Selhani se rabattent sur la presse écrite. Ils lancent Echibeck, un journal entièrement dédié au football qui rend compte des compétitions footballistiques dans les moindres contrées du pays.

Au milieu des années 2000, Echibeck est cédé à une autre entreprise de presse et Saïd Selhani se rabat vers la communication institutionnelle. Il travaille -pendant deux ans- au sein du service de presse de la Fédération algérienne de football et anime le site internet de la Ligue nationale de football.

Passionné de l'archive "parce qu'elle est la source de l'info", Saïd est l'auteur des Archives du football algérien, un livre-mémoire sur l'Histoire du sport roi en Algérie (Équipes nationales, Championnats, Organes du foot algérien, etc). "C'est un document qui est venu combler un vide dans ce domaine", se réjouit l'auteur. Qui entend rebondir avec un second livre dédié à l'archive. Passion de "l'information brute" oblige.

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