TUNISIE
11/02/2019 13h:59 CET | Actualisé 11/02/2019 14h:12 CET

Homosexualité- Une victime de viol derrière les barreaux: Des associations se mobilisent

Cette affaire montre, une fois de plus, l’inaccessibilité à la justice pour les homosexuels en Tunisie.

FETHI BELAID via Getty Images

Un jeune homme âgé de 22 ans a été arrêté et placé en prison après avoir porté plainte pour viol contre ses agresseurs. Le tribunal de première instance de Sfax a prononcé son jugement le 11 février. La victime a été forcée de subir un test anal, censé “vérifier” son homosexualité. 

 

L’affaire a provoqué un tollé. Human Rights Watch, l’association Damj et Shams fustigent l’emprisonnement d’une victime de viol, l’application de l’article 230 du Code pénal criminalisant l’homosexualité et la persistance du recours aux tests anaux malgré l’engagement de la Tunisie auprès du Conseil du droits de l’homme pour mettre fin à cette pratique assimilée à de la torture. 

À l’époque, le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme, Mehdi Ben Gharbia avait annoncé que la Tunisie s’engage à “arrêter le recours aux tests anarchiques, sans consentement et sans assise légale”. 

Badr Baabou, président de Damj, a fait savoir que les résultats du test anal étaient “négatifs” et qu’il n’y avait pas de preuves démontrant “la culpabilité” du jeune homme. 

L’association Shams a lancé un appel à mobilisation pour libérer la victime. 

“Après avoir dénoncé ses agresseurs, c’est lui qui a été arrêté pour homosexualité puis soumis à un test anal.C’est absolument scandaleux ! Nous vous demandons de faire libérer Anas immédiatement et sans conditions”, fustige Shams. 

“La Tunisie devrait respecter son engagement en faveur des droits humains et cesser de soumettre ses citoyens à de telles brutalités”, dénonce Human Rights Watch.

Cette affaire montre, une fois de plus, l’inaccessibilité à la justice pour les homosexuels en Tunisie. La  peur de tomber sous le coup de l’article 230 entraîne le non-accès à la justice lorsque les concernés sont victimes d’agressions, de licenciements abusifs, d’intimidations, etc. 

À maintes reprises, les associations luttant pour les droits des LGBTQ en Tunisie ont alerté sur la fragilité de ces personnes, livrées à elles-mêmes, en manque de soutien financier et psychologique, guettées par différentes menaces. Elles insistent sur l’importance de former des personnes qualifiées pour une meilleure prise en charge de cette population en milieu hospitalier, sur l’éducation sexuelle et l’inculcation des droits humains aux plus jeunes afin d’enrayer les préjugés et les clichés à l’encontre des personnes homosexuelles. Elles signalent l’urgence de juguler les inégalités en droits conformément à la Constitution.

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