TUNISIE
16/01/2019 21h:08 CET

[Hkeyetna]: Fatma et Sana: Quand le sexe virtuel devient une alternative

Le sexe virtuel, une sexualité bien réelle

Juanmonino via Getty Images

Parce que la violence sous toutes ses formes est souvent pernicieuse, parce que faire des choix n’est pas aussi simple, parce que l’Humain porte en lui plusieurs contradictions, parce que personne n’est exempt d’erreurs, le HuffPost Tunisie a décidé de vous raconter des bouts de vie, des histoires de Tunisiens et de Tunisiennes lambda, ceux qu’on croise dans la rue, qu’on côtoie au travail, etc, mais dont on sait très peu sur leurs tourments dans cette nouvelle rubrique: Hkeyetna. Voici les histoires de Fatma et Sana. 

Fatma, 37 ans, est mariée, mais n’a jamais aimé son époux. Son mariage a été décidé par sa famille comme son mari lorsqu’ils ont décidé qu’il était temps de la caser, soit à 25 ans. 

Alors pour chercher l’amour, Fatma n’évite pas les avances des hommes qui la sollicitent. “Ce sont des hommes pas banals et qui occupent des postes très importants”. Le travail de la jeune femme lui permet en effet de voir toutes sortes de personnes plus ou moins influentes. Une aubaine pour Fatma, attirée par des hommes décrits comme “charismatiques”. 

Parmi ces hommes “charismatiques”, beaucoup sont âgés. La jeune femme était fascinée par ces hommes mais pas au point de vouloir avoir des relations sexuelles avec eux. Alors pour calmer leur ardeur sexuelle, Fatma a trouvé une “astuce”, dit-elle, à savoir faire l’amour par téléphone. 

“Ils insistaient tellement. J’étais obligée de faire quelque chose pour me débarrasser d’eux…momentanément”, lance-t-elle. La jeune femme avoue avoir des difficultés à dire “non” même quand elle n’a pas envie, de peur de décevoir ces hommes qu’elle admirait tant.

Le procédé de Fatma est “simple”, explique-t-elle. “Cela passe par des paroles explicites excitantes, faire semblant de jouir aussi. Il faut beaucoup d’imagination, du temps libre et beaucoup de patience”, lance-t-elle en rigolant. 

Avec l’arrivée de nouvelles technologies, Fatma varie ses procédés à la guise des réclamations de ses amants virtuels. “Certains me demandent une photo de moi nue, je leur envoie ou bien le haut ou bien le bas mais toujours en prenant le soin de cacher mon visage. On ne sait jamais sur les mains de qui ça peut atterrir”. C’est la seule mesure de précaution dans ces relations volatiles. “C’est toujours mieux que coucher avec eux réellement. Je m’en sors”, ajoute-t-elle, tout en étant consciente que ce que ces hommes lui faisaient subir était du harcèlement sexuel.

De toutes ces aventures de cybersexe, la jeune femme dit ne jamais éprouver aucun plaisir. “Je faisais semblant de jouir, je gémissais en me disant qu’ils jouissent vite et que ça se terminera rapidement tellement c’était écœurant”. Quant aux possibilités de chantage après une telle exposition de son intimité, Fatma se montre sûre d’elle: “Ils craignent pour leur réputation autant que moi pour la mienne”. 

Quand le cybersexe rime avec plaisirs

Si le cybersexe est une corvée pour Fatma, Sana, 28 ans, s’y adonne à cœur joie. La jeune femme est fiancée. Petit bémol, son fiancé vit à l’étranger. Des kilomètres les séparent mais cela n’empêche pas des retrouvailles envoûtantes autour d’un rendez-vous sur Skype. 

C’est une véritable mise à nu, à en croire Sana, et qui s’apprend. Comme dans le réel, le virtuel a ses rites, ses préliminaires et ses plaisirs, selon elle. “Cela commence par une mise en scène érotique, on ne déambule pas n’importe comment devant sa cam. C’est toute une atmosphère à soigner, de la lumière de l’écran jusqu’à la playlist qui nous accompagne. Puis, il faut aussi soigner son langage et ne pas sombrer vite dans la grossièreté. La coquetterie, les préliminaires sont nécessaire avant de passer aux choses plus directes”, explique-t-elle doctement. 

La jeune femme dit aimer et éprouver du plaisir dans cette pratique: “Le virtuel désinhibe, on est plus à l’aise à confier nos fantasmes sans tabous, à se mettre à l’aise. L’échange peut être explicite sans être vulgaire, l’insinuation fait l’effet d’une démonstration”, se contente-t-elle de dire.

Pour pimenter leurs “cyber-ébats”, Sana et son financé laissent libre cours à une imagination débordante afin “de faire grimper la température”, dit-elle. Cet univers sexué n’est pas dénué de romantisme. “Il faut aimer son partenaire et avoir énormément confiance en lui au préalable”, souligne-t-elle. Pour la jeune femme, le cybersexe est un allié pour une sexualité sans complexe mais surtout une épatante alternative pour briser la distance. 

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