MAROC
23/10/2019 10h:54 CET

Hirak: RSF appelle à la libération immédiate de Rabie Al Ablaq

Le journaliste “doit être libéré et soigné le plus rapidement possible”.

Capture d'écran
Pour Reporters sans frontières, le journaliste Rabie Al Ablaq “doit être libéré et soigné le plus rapidement possible”. 

JUSTICE - Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de l’état de santé de Rabie Al Ablaq, détenu dans le cadre du Hirak de Rif. Le journaliste qui se trouve à la prison locale de Tanger 2 serait en grève de la faim depuis plus de 40 jours. RSF “appelle les autorités marocaines à le libérer dans les plus brefs délais”, indique un communiqué de l’ONG publié le 22 octobre. 

RSF souligne que l’état de santé de Rabie Al Ablaq se détériore depuis quelques jours, dans sa cellule de la prison tangéroise. Le 20 octobre, l’administration pénitentiaire avait cependant nié que le détenu est en grève de la faim, indiquant qu’il n’a “jamais déposé de préavis de grève de la faim et que son activité quotidienne prouve bien que son état de santé est normal”.

Pour le bureau Afrique du Nord de RSF, “nier l’état de santé déplorable de Rabie Al Ablaq est indigne et injuste”. Le journaliste “doit être libéré et soigné le plus rapidement possible”.

“Entre la vie et la mort”

Rabie Al Ablaq a été condamné à cinq ans de prison ferme et 2.000 dirhams d’amende en juin 2017 pour “diffusion de fausses nouvelles” et “usurpation de la profession de journaliste”. Depuis, il n’a cessé de faire des grèves de la faim et de l’eau, pour clamer son innocence. En août 2017, le détenu avait été transporté à l’hôpital après 36 jours de grève de la faim, affirmait le collectif de défense des détenus du Hirak. Il était proche “d’une mort certaine”

En avril dernier, l’AMDH dénonçait l’état de santé de plusieurs détenus suite à leur grève de la faim, dont Rabie Al Ablaq. L’association avait adressé une lettre au chef du gouvernement, au ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme et à la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), pour dire que le détenu “était entre la vie et la mort”.