MAROC
13/07/2018 17h:46 CET | Actualisé 13/07/2018 17h:49 CET

Hirak: Les familles des détenus empêchées de créer leur association

Elles vont saisir tous les recours juridiques.

Marcos del Mazo via Getty Images

HIRAK - Coûte que coûte, les familles des détenus du Hirak veulent s’unir en  association. Elles l’ont baptisée “Thafra lil Wafae wa Attadamoun” (“La paix pour la loyauté et la solidarité”) et ont tenu une assemblée constitutive, le 24 juin, à l’issue de laquelle Ahmed Zefzafi, père du leader du Hirak Nasser Zefzafi, a été élu président. Bémol: les autorités locales de la ville d’Al Hoceïma auraient refusé le dépôt légal du dossier de l’association par la voie d’un huissier de justice. C’est du moins ce qu’affirme les initiateurs de l’association dans un communiqué de presse destiné à l’opinion publique et internationale, et que le frère du détenu Nabil Ahamjik, Mohamed Ahamjik, publie ce vendredi sur sa page Facebook

Dans ce communiqué, les familles des détenus dénoncent fermement ce refus de leur accorder un récépissé, conformément à la loi, et se disent prêtes à faire appel à “tous les recours judiciaires” pour défendre leur droit de fonder une association et de rassemblement. “En attendant ce que décidera la justice, le bureau de l’association remplira sa mission conformément à la loi”, écrivent-elles.      

Pour les familles des détenus, ce que subit leur projet représente “l’une des multiples facettes des restrictions à l’encontre des libertés individuelles et collectives dans le Rif”. Une situation qui s’aggrave de plus en plus, constatent-elles, faisant référence aux “arrestations abusives” à l’occasion des manifestations qui ont secoué Al Hoceïma, il y a plus d’un an. Les familles des détenus estiment que la ville s’est transformée en “prison à ciel ouvert”. 

Dénonçant le verdict énoncé le 26 juin à l’encontre des 53 détenus du Hirak, les condamnant à des peines de prison allant de 1 an avec sursis à 20 ans de prison ferme, les familles affirment, dans leur communiqué, que leurs enfants traversent des moments difficiles. Elles prétendent ainsi que les détenus seraient “soumis à des restrictions”, dont celle d’appeler leur familles, de regarder des chaînes d’informations et de “mettre en isolement certains d’entre eux”. Et de souligner que des détenus du Rif dans d’autres prisons ne seraient pas mieux lotis. 

Les familles concluent leur communiqué par un appel à une grande mobilisation pour la marche qui aura lieu ce dimanche à Rabat. Insistant sur l’importance de cette démarche revendiquant la libération immédiate des détenus du Hirak, les familles appellent aussi ”à multiplier et varier ce genre d’initiatives et de continuer à militer jusqu’à la libération des détenus”. 

Organisée en réponse à la demande des détenus du Hirak, cette marche sera la deuxième du genre après celle du dimanche dernier, initiée par les partis de gauche et qui a connu la participation de 8000 personnes, d’après le Mouvement Anfass démocratique. 

PSU

À la marche du dimanche 15 juillet, les coordinations de soutien au Hirak à Casablanca et Rabat, les familles des détenus et une centaine d’associations sont attendues. Un appel solennel à cette marche a été lancé, lundi dernier, par Ahmed Zefzafi dans une vidéo dans laquelle il déclare transmettre le message des détenus auxquels il a rendu visite, mercredi dernier, à Oukacha. “Ils appellent à une marche de solidarité en raison du verdict dont ils ont fait l’objet”, affirme le père de Nasser Zefzafi, invitant tous les Marocains à rallier cette mobilisation.