MAROC
06/04/2019 18h:19 CET | Actualisé 06/04/2019 18h:25 CET

Hirak: Après le maintien des jugements en appel, un éventuel pourvoi en cassation peu probable

"On s’attendait à ce maintien des peines".

FADEL SENNA via Getty Images
Marche de protestation, le 15 juillet 2018 à Rabat, pour dénoncer les peines prononcées à l'encontre des détenus du Hirak.  

JUSTICE - Au lendemain des peines confirmées en appel à l’encontre des détenus du Hirak, un éventuel pourvoi en cassation semble peu probable, indique au HuffPost Maroc le coordinateur de la défense des détenus, Me Mohamed Aghnaj.

“Nous en avons discuté avec les détenus avant l’audience tenue ce vendredi, et la tendance serait de ne pas se pourvoir en cassation”, indique l’avocat à notre rédaction. Un choix d’autant plus cohérent, ajoute-t-il, que “pour eux, tout le procès en appel ne réunissait pas les conditions d’un procès équitable”. 

Si aucune rencontre n’aura lieu ces samedi et dimanche entre la défense et les détenus, précise-t-il, Nasser Zefzafi et ses compagnons seront consultés dès lundi 8 avril afin de déterminer leur décision suite au jugement en appel prononcé hier à Casablanca.

“On s’attendait à ce maintien des peines, sauf pour Hamid El Mahdaoui, seul à s’être présenté à l’audience et à avoir tenu un discours modéré”, relève par ailleurs Me Mohamed Aghnaj. Le journaliste, qui a vu confirmer sa condamnation à trois ans de prison pour ne pas avoir alerté la police des appels d’un inconnu lui proposant des armes, était ainsi le seul détenu à comparaître devant la Chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca, contrairement aux autres prisonniers qui, comme pour les précédentes audiences, avaient choisi de boycotter le procès.

“Il s’agit d’un jugement en vrac, d’un jugement sommaire, alors que la prise en compte du cas par cas aurait dû prévaloir”, estime Me Mohamed Aghnaj. “Dans ce dossier d’environ 12.000 pages, qui contient des documents audios et des documents vidéos, ce jugement est la preuve que ce dossier n’a pas bénéficié de suffisamment de temps pour être étudié”, regrette encore l’avocat. De là à recourir à la cassation, il n’y a qu’un pas que les détenus choisiront ou non de franchir bientôt.

Tard dans la nuit de ce vendredi 5 avril, la Chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca a confirmé les jugements prononcés en juin dernier à l’encontre des détenus du Hirak et du journaliste Hamid El Mahdaoui. Des peines allant de un an de prison avec sursis à 20 ans de prison ferme avaient été prononcées, le 26 juin 2018, par cette même juridiction.