MAROC
14/07/2019 18h:17 CET | Actualisé 14/07/2019 18h:18 CET

France: Heurts entre gilets jaunes et forces de l'ordre sur les Champs-Élysées

Un total de 175 personnes ont été interpellées en marge du défilé.

14 JUILLET - Des dizaines de personnes, dont des gilets jaunes, ont manifesté ce dimanche après-midi sur les Champs-Élysées dans un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre à l’issue du défilé militaire du 14 juilletcomme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

C’est la première fois depuis le 16 mars que des gilets jaunes parviennent à retourner manifester sur les Champs-Élysées, qui avaient connu une flambée de violences lors du 18e samedi de mobilisation de ce mouvement social.

Un total de 175 personnes, à 17h, ont été interpellées en marge du défilé où des gilets jaunes avaient appelé à manifester, a annoncé la préfecture de police de Paris.

Plusieurs figures des gilets jaunes ont été placées en garde à vue: Jérôme Rodrigues, ancien commerçant qui a perdu son oeil droit en janvier, Maxime Nicolle, dit “Fly Rider”, pour “organisation d’une manifestation illicite”, et le routier Éric Drouet pour “rébellion”, a-t-on appris auprès du parquet de Paris. Les trois ont été relâchés dans l’après-midi. 

Sur la célèbre avenue, quelques dizaines de gilets jaunes, sans leur chasuble fluo mais armés de sifflets et de ballons, avaient copieusement hué le passage du président Emmanuel Macron dans la matinée.

De petits groupes ont ensuite parcouru la grande artère en chantant “Macron démission” ou “Gilets jaunes! Ca va péter!”.

C’est après la fin de la cérémonie que la situation s’est tendue. Vers 14h30, des manifestants mais aussi des jeunes gens dissimulant leurs visages sous des foulards et capuches ont investi le haut de l’avenue rouverte au public.

“Incompétence chronique” pour Le Pen

De nombreuses barrières métalliques qui avaient été utilisées pour limiter les déplacements des spectateurs ont été mises à terre, des poubelles incendiées, conduisant les forces de l’ordre à riposter en tirant des grenades lacrymogènes.

Les policiers progressaient sur l’avenue, en chassant peu à peu les manifestants, qui se réfugiaient dans les rues adjacentes, a constaté une journaliste de l’AFP.

“Ce matin, on est venu assister au défilé car on est citoyen. On nous a tellement interdit de Champs, c’est important d’être de retour”, a déclaré Cid, 33 ans, venu de Seine-et-Marne.

Bleu, blanc, rouge des pieds à la tête, il est encore révolté par le traitement réservé aux manifestants sur l’avenue: “On nous a nassé (encerclé) dans la matinée, on s’est fait traiter comme des chiens. C’est eux (les forces de l’ordre, NDLR) qui ont fait monter la pression.”

Vers 16h, la préfecture de police assurait dans un tweet que “les forces de l’ordre ont repris le terrain et continueront de procéder à la dispersion systématique des manifestants présents sur les Champs-Élysées”.

À la suite de l’occupation des Champs-Élysées par les manifestants, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a demandé dans un tweet: “Comment est-ce possible que des Black Blocs et des voyous d’extrême gauche arrivent à tout saccager le jour de notre fête nationale? Pourquoi cette incompétence chronique d’un ministre de l’Intérieur en dessous de tout et incapable d’assumer la moindre responsabilité?”.

À la suite de l’occupation des Champs-Élysées par les manifestants, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a demandé dans un tweet: “Comment est-ce possible que des Black Blocs et des voyous d’extrême gauche arrivent à tout saccager le jour de notre fête nationale? Pourquoi cette incompétence chronique d’un ministre de l’Intérieur en dessous de tout et incapable d’assumer la moindre responsabilité?”.

Après près de huit mois de mobilisation depuis le 17 novembre, où le mouvement avait fait descendre plus de 280.000 personnes dans la rue, l’essoufflement gagnait ces dernières semaines. Les gilets jaunes n’étaient que quelques centaines à manifester samedi 13 juillet dans plusieurs villes de France.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.