MAROC
19/02/2015 09h:19 CET | Actualisé 26/05/2015 13h:53 CET

"Hercule contre Hermès": le réalisateur Mohamed Ulad-Mohand et la chaîne 2M relaxés en appel

JUSTICE - La guerre continue de faire rage entre Mohamed Ulad-Mohand et Patrick Guerrand-Hermès. Mais le réalisateur franco-marocain vient de remporter une bataille avec la chaîne 2M, qui avait diffusé son documentaire. Condamnés en première instance pour la diffusion de "Hercule contre Hermès", ils viennent d’être relaxés ce mercredi 19 février en appel.

Contacté par le HuffPost Maroc, le journaliste et réalisateur Mohamed Ulad-Mohand déclare être "très heureux de cette décision" tout en rappelant que "c’est la moindre des choses", d’autant plus qu’il avait appris son jugement en premier instance par voie de presse, sans être convoqué ou représenté.

La chaîne marocaine et Ulad-Mohand avaient en effet été condamnés fin 2013 à verser plus de 7.000 euros de dommages et intérêts après la diffusion de ce film qui retrace 10 ans de conflit entre une famille de paysans vivant aux abords d'une plage proche de Tanger et Patrick Guerrand-Hermès.

L'histoire ne s'arrête pas là pour autant.

"Je suis convoqué tous les mois au tribunal d’Asilah, à la suite de plaintes récurrentes de la partie adverse, sans que Patrick Guerrand-Hermès ou même son avocat ne s’y présentent" ajoute le réalisateur qui réside à Paris.

Selon lui, une nouvelle audience est prévue le 24 mars devant le tribunal d'Asilah, près de Tanger, dans le cadre d'une autre plainte déposée par Patrick Guerrand-Hermès.

D'après le documentaire, l'héritier de la maison de luxe a acheté parcelle après parcelle des terrains en vue de construire un projet immobilier, mais n'est pas parvenu à convaincre une famille de paysans - dont l'un des fils est surnommé "Hercule" - de lui vendre ses terres.

Lors du procès en première instance à Casablanca, les avocats de l'entrepreneur français avaient fait valoir que le film portait "atteinte à l'honneur et la réputation" de leur client. Ils ont dénoncé une "fiction", arguant que le terrain en litige appartient juridiquement à leur client. Ulad-Mohand a de son côté toujours réfuté avoir tourné un documentaire "partisan".

En mars 2013, invoquant une atteinte au respect de sa vie privée et à l'image de ses biens, Patrick Guerrand-Hermès avait obtenu devant le tribunal de grande instance de Paris qu'une image soit floutée lors de la diffusion sur la chaîne franco-allemande Arte.

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