MAROC
29/05/2018 11h:01 CET

Henda Ayari, la première femme qui accuse Tariq Ramadan de viol fait évoluer sa version

Selon la femme de 41 ans, les faits ne se seraient pas déroulés ni à la date ni à l’endroit qu’elle avait indiqués au départ.

JOEL SAGET via Getty Images

JUSTICE - L’enquête sur les accusations de viols contre Tariq Ramadan se poursuit. Entendue par les juges, Henda Ayari, la première femme a avoir accusé l’islamologue, a fait évoluer sa version, selon franceinfo. Une information confirmée quelques minutes plus tard par la plaignante elle même, sur les réseaux sociaux.

“J’ai été entendue par les juges et non les enquêteurs. Après de longues recherches, j’ai retrouvé des éléments importants (date et lieu) qui prouvent que je n’ai jamais menti contrairement à ce que dit l’avocat de TR qui veut me faire passer pour une menteuse!”, écrit Henda Ayari. Quelques minutes plus tôt, franceinfo écrivait que la femme de 41 ans, ancienne salafiste devenue militante féministe, avait fait évoluer sa version auprès des juges.

Si elle décrit toujours la même violence dans les actes de Tariq Ramadan, elle explique que le viol s’est déroulé au Crown Plaza, dans le 11e arrondissement de la capitale et non à l’Holiday Inn, proche de la gare de l’Est comme elle l’affirmait auparavant depuis sa plainte d’octobre 2017. Henda Ayari a également daté précisément le viol, évoquant le 26 mai 2012, soit deux mois avant la période énoncée lors de sa plainte.

“Bientôt on changera aussi d’auteur des faits”

Depuis sa plainte, Henda Ayari a longuement fouillé dans ses notes “agendas, répertoires, relevés de comptes et talons de chèques de l’époque”, explique franceinfo. De nouvelles informations qui agacent Emmanuel Marsigny, l’avocat de Tariq Ramadan. “On change d’hôtel, on change de date, bientôt on changera aussi d’auteur des faits. Tout ceci n’est pas sérieux”, cingle-t-il.

L’islamologue, atteint d’une sclérose en plaques dont le traitement a été jugé compatible avec la détention par une expertise, est écroué depuis sa mise en examen le 2 février 2017 pour deux viols présumés, dont l’un sur une personne vulnérable, qu’il conteste vigoureusement.

L’enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, dans le sillage du scandale Weinstein aux États-Unis. Elles ont été rejointes en mars par une troisième. Cette dernière a affirmé avoir été violée en France, à Londres et à Bruxelles à neuf reprises entre 2013 et 2014. Cette ancienne escort-girl, protagoniste au côté notamment de l’ex-directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire pour proxénétisme de l’hôtel Carlton de Lille, doit être bientôt auditionnée par les juges français.

L’audition prévue le 5 juin de Tariq Ramadan - la première depuis sa garde à vue - pourrait conduire à une nouvelle mise en examen pour ces faits. Une quatrième femme a également déposé une plainte pour viol à Genève.