TUNISIE
21/09/2018 11h:11 CET

Hélà, femme transgenre, incarcérée dans une prison pour hommes: La direction générale des prisons et de la réeducation précise

“Bien sur nous prenons en considération le fait qu’il soit transgenre."

L’emprisonnement de Hélà, un transgenre tunisien, suite à une affaire d’ “outrage à un fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions”, dans une prison pour hommes a faire réagir la direction générale des prisons et de la réeducation via son porte-parole Sofiene Mezghich.

Celui-ci a affirmé que l’administration a scrupuleusement suivi les informations mentionnées dans le mandat de dépôt décerné par la Justice.

“Nous ne rentrons pas dans les affaires judiciaires. Quand nous avons reçu le mandat de dépôt à la prison de la Mornaguia, il était clairement spécifié que le sexe de la personne est masculin” a-t-il affirmé ajoutant que la visite médicale, obligatoire avant l’incarcération l’avait confirmé.

“Nous ne rentrons pas dans les libertés individuelles c’est à dire que nous devons agir avec tous les prisonniers de façon souveraine, sans distinctions” comme l’exige la loi régissant les prisons. Cependant, “dans la pratique, nous prenons en considération les cas particuliers (...) notamment pour les minorités qui peuvent être en position de faiblesse dans les prisons. C’est pourquoi nous avons pris toutes les dispositions pour sa protection” a-t-il expliqué et ce afin garantir sa sécurité mais également la paix sociale à l’intérieur de la prison.

“D’abord, il n’a pas été mis dans une cellule avec les autres prisonniers ‘normaux’. Il a été mis dans une cellule spéciale dédiée à ces minorités, et ce afin de protéger sa santé physique et mentale” a déclaré le porte-parole de la direction générale des prisons et de la réeducation.

Concernant le fait que l’administration pénitencière ait rasé les cheveux de Hela, il affirme que le règlement l’y oblige, et ce pour des raisons sanitaires. 

“Bien sur nous prenons en considération le fait qu’il soit transgenre. Comme je vous l’ai dit, il y a eu une forme de discrimination positive qui a été faite à son égard” a-t-il conclu.

Jeudi, l’association Shams pour la dépénalisation de l’homosexualité et le mouvement All Out, un mouvement mondial pour l’amour et l’égalité, ont publié une lettre ouverte destinée au chef du gouvernement demandant la libération de Hélà, victimes d’insultes transphobes lors d’un contrôle d’identité par la police. Elle a été “arrêtée car ses papiers d’identité ne correspondaient pas à son apparence, Hèlà étant une femme transgenre” a déploré Mounir Baatour, président de Shams – Pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie dans une tribune publiée sur le HuffPost Tunisie.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.