ALGÉRIE
28/11/2018 15h:15 CET | Actualisé 28/11/2018 15h:15 CET

Hebba El Okbi annonce le 5e mandat à demi-mot

Ce message lu au nom du chef de l’Etat couronne plusieurs mois de soutiens exprimés par les partis du pouvoir à un 5e mandat du président Bouteflika, incapable de s’adresser directement aux Algériens depuis son AVC en avril 2013.

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Le secrétaire général de la Présidence de la République, Hebba El Okbi (gauche) aux côtés du ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui, lors de la réunion gouvernement-walis, le 28 novembre 2018 à Alger. 

Dans un virulent message lu mercredi 28 novembre au nom du chef de l’Etat, le secrétaire général de la Présidence Hebba El Okbi a laissé entendre que le régime se dirige vers l’imposition d’un 5e mandat du président Bouteflika face aux “cercles de prédateurs et de cellules dormantes” qui s’y opposent.

M. El Okbi, s’exprimant lors de la réunion gouvernement-walis à Alger à 5 mois de la présidentielle d’avril 2019, n’a pas précisé les cercles visés. Il a, cependant, lancé un nombre de phrases au nom du chef de l’Etat, interprétées comme une volonté de présenter ce dernier lors de ce scrutin malgré son état de santé. 

“Nous continuerons nos efforts car nous sommes convaincus que nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère avec de nouvelles priorités et des orientations différentes”, a affirmé le secrétaire général de la Présidence après avoir vanté les réalisations de l’Algérie sous les 4 mandats de M. Bouteflika. 

“Certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes et entreprennent, pour des raisons obscures, de propager cette idée”, a ajouté M. El Okbi en qualifiant ces personnes “d’aventuristes” qui “dissimulent les faucilles du massacre, qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu.

“Les manœuvres politiciennes que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien est la preuve tangible de ces intentions inavouées, qui s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos”, a-t-il renchéri.

 

 

Ce message lu au nom du chef de l’Etat couronne plusieurs mois de soutiens exprimés par les partis du pouvoir à un 5e mandat du président Bouteflika, incapable de s’adresser directement aux Algériens depuis son AVC en avril 2013. Le message est aussi la première allusion venant de la Présidence au sujet de la prochaine élection.

Il n’est pas clair qui est qualifié de “prédateurs” et de “cellules dormantes”. Mais cette violente attaque intervient après la publication, la semaine dernière, d’un rapport de Crisis Group, suggérant notamment à l’Algérie d’entreprendre des réformes “urgentes” pour ”éviter une crise économique dès 2019″.

A l’évaluation du think-tank s’est greffé un éditorial du journal britannique Financial Times, publié le 25 novembre, dans lequel on peut lire qu’un 5e mandat de Bouteflika à la tête d’un “régime opaque et répressif” serait “un signe de mépris envers le peuple”. 

Comme pour répondre à ces critiques internationales, qui s’ajoutent aux voix algériennes opposées au scénario d’un 5e mandat, Hebba El Okbi, a opposé un niet: “Ce que nous avons accompli jusqu’à présent n’est qu’une étape dans un long processus.”