08/10/2018 13h:32 CET | Actualisé 08/10/2018 13h:32 CET

HCP: La croissance ne devrait pas dépasser les 3% en 2018

Le département de Ahmed Lahlimi prévoit une croissance de 2,9% au 4ème trimestre alors qu’elle se serait établie a 2,8% au 3ème trimestre.

FADEL SENNA via Getty Images

ÉCONOMIE - Retour à une croissance timide. La croissance économique nationale serait à peine de 2,9%, au quatrième trimestre 2018, au lieu des +4,4% enregistrés durant la même période, une année auparavant. L’économie nationale poursuivrait ainsi un affermissement timide au quatrième trimestre 2018, sous-tendue par un accroissement de 3,6% de la valeur ajoutée agricole. Globalement, la valeur ajoutée hors agriculture quant a elle s’améliorerait de 2,8% au quatrième trimestre 2018, soit pratiquement le même rythme que le trimestre précédent.

Dans son dernier point de conjoncture diffusé ce 7 octobre, le Haut-commissariat au plan (HCP) annonce par ailleurs que la croissance économique nationale se serait établie à 2,8%, au troisième trimestre 2018, au lieu de +2,4% un trimestre auparavant. La valeur ajoutée agricole aurait poursuivi son affermissement, affichant un accroissement de 3,1%, en variation annuelle.

Dans le détail des conclusions, “hors agriculture, la valeur ajoutée aurait progressé de 2,8%, au lieu de 2,4% au trimestre précédent, portée par un léger redressement du secteur secondaire. Au quatrième trimestre 2018, la croissance des activités hors agriculture se poursuivrait pratiquement au même rythme que le trimestre précédent. Avec une hausse anticipée de 3,6% de la valeur ajoutée agricole, la croissance de l’économie nationale se situerait à 2,9%, au lieu de +4,4% au quatrième trimestre 2017”.

Le département de Ahmed Lahlimi ajoute que les exportations de biens auraient
augmenté de 18,3%, en variation annuelle, au troisième trimestre 2018. Les ventes extérieures en valeur du phosphate et ses dérivés auraient contribué pour +2,6 points à cette hausse. Les importations auraient, quant à elles, progressé de 18,7%, en variation annuelle, impactées en grande partie par la hausse de la facture énergétique, dans un contexte de renchérissement des cours internationaux des produits pétroliers. Soutenues par la demande intérieure, les importations hors énergie sont en hausse de 16,5%.

Au troisième trimestre 2018, la demande intérieure aurait continué de soutenir la
croissance économique nationale. Dans un contexte de décélération des prix à la consommation, par rapport au trimestre précédent, la consommation finale des ménages, en volume, se serait affermie de 3,5%, contribuant pour environ 2 points à la croissance globale du PIB, au lieu de +1,9 point un trimestre auparavant. La formation brute de capital (FBC) aurait, quant à elle, progressé de 2,1%, au troisième trimestre 2018, au lieu de +0,1% un trimestre auparavant, contribuant pour +0,5 point à la croissance globale du PIB. Le rythme de croissance des activités hors agriculture se serait légèrement accéléré, au troisième trimestre 2018, pour se situer à 2,8%, au lieu de +2,4% un trimestre auparavant. Contribuant pour près de 1,5 point à la croissance globale du PIB, le secteur tertiaire soutient également l’activité économique, note le HCP, qui cite notamment dans ce cadre “la bonne orientation du commerce, du transport et des activités touristiques”. 

Pour sa part, l’investissement public en infrastructures de base aurait poursuivi son amélioration amorcée l’année précédente, tandis que l’investissement en bâtiment serait resté, relativement, atone, pâtissant de la faiblesse de la demande adressée au logement résidentiel, notamment de moyen et de haut standings.

L’institut note toutefois que la valeur ajoutée de la construction aurait augmentée, au troisième trimestre 2018, de 0,6% en variation annuelle, après +0,9% un trimestre auparavant. Le ralentissement de l’activité aurait été notamment lié au recul de la demande adressée au secteur de l’immobilier résidentiel, comme l’atteste la baisse des transactions de 0,5%, au deuxième trimestre 2018. Cette décélération aurait été, également, confirmée par la faible utilisation des facteurs de production, notamment du ciment dont la baisse aurait atteint 7%, au troisième trimestre 2018, en variation annuelle.

Dans l’ensemble, la valeur ajoutée hors agriculture se serait accrue de 2,8%, au
troisième trimestre 2018, au lieu de +2,4% un trimestre auparavant. Compte tenu d’une hausse de 3,1% de la valeur ajoutée agricole, la croissance économique nationale se serait établie à 2,8%, au troisième trimestre 2018, au lieu de 2,4% au trimestre précédent. Les industries manufacturières auraient, pour leur part, poursuivi leur raffermissement entamé fin 2017, marquant un accroissement de 3,1%, au troisième trimestre 2018, au lieu de +2,7% un trimestre auparavant.

Décélération des prix à la consommation

Au troisième trimestre 2018, les prix à la consommation auraient décéléré affirme le Haut-Commissariat au Plan, affichant une hausse de 1,8% en glissement annuel, au lieu de +2,6% un trimestre plus tôt. Ce ralentissement serait la conséquence de la baisse du rythme de croissance des prix alimentaires (+1,4%, au lieu de +3,4% au trimestre précédent), due notamment au repli des prix des produits frais.

La demande mondiale adressée au Maroc devrait pour sa part enregistrer une
hausse de 4,5%, en variation annuelle. Cette hausse profiterait, notamment aux
industries manufacturières dont la croissance s’établirait à 2,8%, au quatrième
trimestre 2018, en rythme annuel. La croissance de la valeur ajoutée de la
construction resterait modérée, se situant aux environs de 0,8%. Quant au secteur tertiaire, sa valeur ajoutée croîtrait de 3%, contribuant pour environ +1,5 point à la croissance globale du PIB.