TUNISIE
02/04/2019 13h:57 CET

Hausse des prix du carburant: "Nous avons pris cette décision à contre-cœur," affirme Youssef Chahed

Les réactions oscillent entre indignation et mises en garde

Zoubeir Souissi / Reuters

Des journées de colère et des mouvements de protestation ont été lancés partout en Tunisie pour dénoncer l’augmentation surprise du prix du carburant. La cinquième en 16 mois. Des voix n’ont pas manqué de s’élever et d’appeler à annuler immédiatement cette la décision jugée arbitraire. 

“C’est une escroquerie gouvernementale,” clame le député du Front Populaire, Mongi Rahoui en précisant que la loi de Finances 2019 s’est faite sur la base du prix du baril de 75$, et qu’il n’y a pas lieu de procéder à une quelconque augmentation.

Décision à contre-coeur 

“Nous avons pris cette décision à contre-cœur”, confie le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, dans une déclaration accordée à Shems Fm, ce 2 avril 2019.  

Selon lui, le gouvernement a été contraint d’augmenter les tarifs du carburant: “Cette régulation tient compte, certes, du prix du baril mais aussi du taux change,” explique-t-il.

Selon lui, l’évolution du prix du baril n’est pas le seul facteur poussant à la régulation des tarifs du carburants. Autrement dit, même si le prix du baril s’écroule, cela ne signifie pas une baisse automatique des prix des carburants en Tunisie, car le glissement continu du dinar face au dollar ne permet pas d’envisager cette baisse.

“Prendre ce type de décision n’est pas une partie de plaisir mais nous traversons un contexte difficile qui l’impose”  a-t-il souligné en ajoutant que cette hausse est la seule issue pour combler les déficits et renflouer le budget de l’Etat 2019.

 Le FMI n’a rien à voir 

D’après Hazem Yahyaoui, directeur général des hydrocarbures auprès du ministère de l’industrie, la récente augmentation des tarifs des hydrocarbures n’a rien à voir avec les négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Cette augmentation n’est pas due à des pressions étrangères mais plutôt à la dépréciation du dinar par rapport au dollar et à l’Euro ainsi qu’aux problèmes que connaît la Société Tunisienne des Industries de Raffinage, rapporte Mosaïque Fm.

L’UGTT s’oppose  

Dans un communiqué rendu public, la centrale syndicale a fortement dénoncé cette hausse vertigineuse en accusant le gouvernement de vouloir camoufler l’échec cuisant de sa politique économique et financière. 

Pour l’UGTT, cette hausse vise à faire porter aux Tunisiens le fardeau de son échec et combler son budget déficitaire.

De ce fait, l’UGTT demande l’annulation de cette augmentation en tenant le gouvernement responsable de la détérioration du climat social.

Pour rappel, le ministère de l’industrie et des PME avait annoncé samedi soir une majoration des prix du carburant de 80 millimes pour l’essence sans plomb, 80 millimes pour le gasoil sans soufre, et 90 millimes pour le gasoil ordinaire.

Alors que quelques jours auparavant, le ministre de l’Industrie avait lui-même nié toute intention du gouvernement d’augmenter les tarifs du carburant. 

En 2018, le gouvernement avait augmenté à trois reprises le prix du carburant, expliquant ces hausses par le mécanisme d’ajustement régulier.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.