TUNISIE
15/10/2019 11h:22 CET | Actualisé 15/10/2019 11h:24 CET

#EnaZeda: Le #MeToo tunisien qui veut libérer la parole des femmes victimes de harcèlement sexuel

Le #EnaZeda (Moi aussi) vise à dénoncer le harcèlement sexuel quotidien subit par de nombreuses femmes en Tunisie.

#EnaZeda
En Tunisie, les langues se délient sur le harcèlement sexuel grâce au hashtag #EnaZeda

Tout commence vendredi dernier, par la diffusion sur Facebook, par une jeune fille, de photos montrant le député nouvellement élu Zouheir Makhlouf, en train -semble-t-il, de se masturber dans sa voiture, et ce, devant un établissement scolaire.

La publication de ces photos a alors déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #EnaZeda (moi aussi), version tunisienne du #MeeToo, qui avait été lancé suite à l’affaire Harvey Warnstein, en octobre 2017 afin de dénoncer les faits de harcèlement ou d’agressions sexuelles dans le monde du cinéma hollywoodien.

Suite à cela, de nombreux témoignages ont afflué, aussi bien de la part de personnalités que d’anonymes, permettant de libérer la parole des femmes victimes de harcèlement, à l’image de la ministre de l’Emploi Saida Ounissi, qui s’est elle aussi empressée de témoigner sur Twitter :

 

Ou encore la blogueuse Lina Ben Mhenni:

Quant au principal intéressé, Zouheir Makhlouf, fraichement élu dans la circonscription de Nabeul, sous l’étiquette de Qalb Tounes, et élément déclencheur du mouvement, il se défend de s’être adonné à des attouchements sexuels, arguant qu’en raison de son diabète, il a dû être contraint d’uriner dans une bouteille, dans sa voiture. Sa femme, Mejda Mouadeb, s’est empressée de le défendre sur Facebook, confirmant la version de son mari et assurant que celui-ci a l’habitude d’uriner dans sa voiture.

Zouheir Makhlouf
Capture écran de l'explication donnée par le député

Une version qui diverge avec celle de la lycéenne, qui affirme que le député l’a suivie en voiture avant de se garer et se masturber.

Zouheir Makhlouf a été entendu lundi, tout comme la plaignante, par le juge d’instruction de la 5ème chambre du tribunal de Nabeul. Une enquête a été ouverte pour “harcèlement sexuel et outrage à la pudeur ”, a déclaré Karim Boulila, porte-parole du tribunal de première instance de Nabeul, sur la radio Express FM. Une enquête a également été diligentée par le parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes.

A noter que l’outrage public à la pudeur et aux bonnes mœurs est passible de 6 mois d’emprisonnement, selon les articles 226 et 226 bis du code pénal.

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