MAROC
16/05/2019 18h:20 CET | Actualisé 16/05/2019 20h:56 CET

Harcèlement sexuel au lycée Victor Hugo de Marrakech: Des victimes souhaitent porter plainte

15 témoignages supplémentaires ont été rassemblés.

Instagram/CVL Victor Hugo Marrakech

HARCÈLEMENT - Nouvelles révélations dans l’affaire de harcèlement sexuel secouant le Lycée Victor Hugo de Marrakech. Alors que le lycée a annoncé ce matin la suspension du proviseur de l’établissement, Hervé Magot, accusé par une élève de harcèlement sexuel, le Conseil de la vie lycéenne de l’établissement affirme avoir récolté 15 témoignages supplémentaires. “Des victimes vont porter plainte”, annonce au HuffPost Maroc Driss A., président du Conseil de la vie lycéenne. 

Embrasement en 24 heures

L’affaire a débuté il y a moins de 24 heures, quand les élèves membres du Conseil de la vie lycéenne (CVL) de Victor Hugo ont reçu en message le fameux mail. “Le CVL a un groupe Whatsapp et une des membres est amie avec la personne ayant envoyé le mail accusant Hervé Magot de harcèlement”, explique le lycéen. Un message d’abord envoyé à un poignée de personnes, élèves et professeurs, puis relayé par le CVL: “on voulait agir, j’ai proposé une manifestation devant le bureau du proviseur. Ça s’est organisé en moins de 24 heures.” Plusieurs élèves se réunissent ainsi devant le bureau du proviseur, pour réclamer des explications:

“On est partis devant le bureau du proviseur mais il n’est pas apparu, il s’est caché. C’est finalement le proviseur adjoint qui est venu à notre rencontre et a contacté l’ambassade de France”, explique le lycéen. “On comptait organiser une seconde manifestation jeudi, mais le proviseur adjoint a envoyé un mail pour nous informer que le conseiller culturel de l’ambassade de France se rendrait à Marrakech vendredi, on a donc suspendu notre blocus”, poursuit-il. Des élèves, association de parents d’élèves et victimes présumées ont ainsi rendez-vous vendredi avec le conseiller culturel de l’ambassade de France pour parler de cette affaire.

Des faits remontant à un an

Pour les élèves, l’affaire met lumière plusieurs années de comportement déplacés. Les faits dénoncés par le mail qui a mis le feu au poudres remontent à l’année précédente: “C’est la dernière année de Magot au sein de l’établissement, elle ne voulait pas qu’il retourne en France comme si de rien n’était”, explique Driss A.

Si l’administration a annoncé la suspension du proviseur, ce dernier aurait démenti les accusations portées à son encontre, selon l’association de parents d’élèves UCPE Marrakech. 

Certains lycéens craignent à présent une possible “fuite en France”. “Sa maison est dans l’établissement. Hier, sa voiture était au garage toute la journée. Ce matin, en arrivant dans l’établissement, on a constaté que sa voiture n’était plus là”, relève le lycéen, ajoutant que le proviseur est depuis le début du scandale resté aux abonnés absents. “De toute façon qu’il soit en France ou pas, il y aura des plaintes, il sera rattrapé par la justice”, tranche-t-il. 

Des élèves et victimes qui attendent désormais leur réunion demain avec le conseiller culturel de l’ambassade de France. “On espère que cela aboutira à quelque chose, sinon on reprendra notre action de la veille”.