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15/11/2018 17h:32 CET | Actualisé 15/11/2018 17h:32 CET

Harcèlement et discrimination à l’école: L’adolescence en première ligne et surtout les filles!

L’enquête d'UNICEF montre que les enfants et les adolescent.e.s sont nombreux à faire l’expérience de moqueries, de discriminations ou de harcèlement.

vadimguzhva via Getty Images

Une nouvelle Consultation orchestrée par l’UNICEF a démontré encore aujourdhui, que le combat contre les discriminations de genre est loin d’être une bataille acquise. Un véritable travail de fond et de longue haleine est donc à considérer.

À l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement, UNICEF France a publié les résultats de sa 4e Consultation nationale des 6-18 ans. Interrogés sur les relations entre les filles et les garçons et la perception des droits tels qu’ils sont vécus selon que l’on soit une fille ou un garçon, ils/elles sont un nombre record de 26.458 enfants et adolescentes à avoir répondu aux 165 questions sur leur vie en France métropolitaine et Guyane.

Ce rapport met en évidence les formes de moqueries et harcèlement qui les concernent tous, filles et garçons et, au-delà, les inégalités et discriminations spécifiques auxquelles doivent faire face les filles dès le plus jeune âge.

L’école, la séparation des sexes

L’enquête montre que les enfants et les adolescent.e.s sont nombreux à faire l’expérience de moqueries, de discriminations ou de harcèlement. Ces formes de violence renforcent le poids des inégalités sociales car ce sont souvent les enfants ou les adolescent.e.s les plus défavorisé.e.s qui en sont la cible.

Plus de 30% des enfants et adolescent.e.s déclarent avoir été victimes de moqueries et d’attaques blessantes à l’école. À 7-8 ans, 1 enfant sur 2 s’en plaint. Les garçons en primaire sont les plus touchés par ce type d’épreuve qui concerne moins les filles, mieux intégrées au milieu scolaire. La cour de récréation illustre la séparation des sexes à l’école, notamment au primaire, par la place qu’occupent les filles et les garçons: les garçons au large et au centre, les filles sur le côté.

L’amitié entre les filles et les garçons ne semble pas aller de soi

Ils/elles sont 40% à déclarer ne pas avoir au moins un ami du sexe opposé.

Homophobie aussi en question

Autre sujet polémique: l’homophobie. Les filles apparaissent nettement plus ouvertes à l’homosexualité que les garçons. Ils/elles sont 45% entre 13 et 18 ans à ne pas indiquer clairement que “l’on peut aimer qui on veut et que l’amour entre filles et l’amour entre garçons est le même amour qu’entre une fille et un garçon”.

Les inégalités face au genre existent dès l’adolescence!

Le lieu d’habitation reste le facteur déterminant pour expliquer les inégalités et les privations ressenties. Mais le fait d’habiter dans un quartier populaire ou prioritaire ou encore d’avoir des parents au chômage a un effet plus fort pour les filles que pour les garçons. Les réponses montrent que pour quasiment toutes les formes de privations, dans un même quartier populaire ou prioritaire, elles sont plus impactées par l’effet social: moins d’accès aux savoirs, à la santé, aux loisirs, à la sociabilité…

Les filles prennent conscience de leur droit inégal

De manière générale, les filles perçoivent cette différence mais en prennent conscience avec l’âge: elles sont 45% à considérer qu’elles ont moins de droits que les garçons contre 30% des garçons qui pensent le contraire. Cette perception se renforce à la préadolescence pour atteindre 65% chez les filles à 17 ans.

Les filles sont deux fois plus victimes du harcèlement

Que ce soit sur internet, dans les transports en commun ou dans l’espace public, l’enquête montre que les filles sont deux fois plus harcelées que les garçons. Une fille sur 10 déclare avoir subi une forme d’insulte ou de harcèlement dans l’espace public. Elles subissent surtout davantage de discriminations liées à la tenue vestimentaire qui concerne globalement 19% des 15/18 ans. En réponse, les filles restent davantage confinées dans l’espace domestique ou dans les lieux où elles se sentent en sécurité, laissant l’espace public aux garçons.

Internet et addiction au numérique entre frustration et mauvaises rencontres

L’enfance est hyper connectée: plus de 62% communiquent par internet avec leurs amis, 58% sont présent.e.s sur un réseau social. Mais cette virtualité engendre des frustrations: ils/elles sont seulement 40% à se considérer valorisé.e.s par ces échanges. Plus grave, 9,5% déclarent avoir été agressé.e.s ou harcelé.e.s sur les réseaux, avec un maximum à 24% chez les adolescent.e.s de 18 ans. Enfin, ils/elles sont exposé.e.s à des images qui les choquent: 38% voient des images qui leur font peur, 24% déclarent avoir déjà vu des images pornographiques.

Comment accompagner nos adolescentes face aux discriminations et à l’ harcèlement

Briser le silence et l’omerta

L’enfant victime de harcèlement et de discrimination ne parvient pas à parler de ce qu’il vit ou lorsqu’il en parle, la situation n’est pas prise au sérieux. Parfois, les parents font tout ce qu’ils peuvent pour mettre un terme au harcèlement dont est victime leur enfant mais font face à un déni ou à un manque de moyen de l’établissement scolaire laissant l’enfant dans la violence et la situation de discrimination.

Réparer l’estime de soi de l’enfant

Des sentiments de culpabilité, de honte s’associent à une extrême dévalorisation de lui-même, ce qui empêche l’enfant de parler de ce qu’il vit.

À l’âge de l’enfance et de l’adolescence, l’estime de soi est fragile. L’appartenance à un groupe et le besoin de se conformer à l’ensemble de ses camarades est très important et la différence quelle qu’elle soit est mal perçue et mal vécue. Mais lorsqu’un enfant est stigmatisé, brimé, violenté, l’estime chute en flèche et il va finir par s’isoler du monde et du groupe social.

Sophrologie à la rescousse

La Sophrologie va justement intervenir pour recadrer le miroir de l’enfant, lui apprendre qu’il a des ressources et une résilience qui lui permettra de réparer son miroir déformé. Lui permettre de s’accepter et de comprendre que sa différence est une richesse et non le contraire!

Apprendre la bienveillance à soi

L’enfant quand il s’associe à toutes les brimades et les insultes dont il est victime, finit par le croire. La détresse et la dévalorisation peuvent être telles qu’elle peut pousser l’enfant au suicide. Ce sont des conduites pathologiques qui peuvent amener au point de non retour.

Restez très vigilants, chers parents, et surtout faites le accompagner par un pédopsychiatre en complément de la médecine douce qui ne suffirait pas à elle seule.

En conclusion :

Que ce soit en Tunisie ou en France, du Nord au Sud, la question du genre reste une problématique endémique qui ne relève pas du taux de modernité d’un Etat mais de la propension des mentalités à se mettre en question ou pas. C’est en réalité un baromètre de progrès, le genre n’est pas un problème mais une solution pour la parité réelle. On ne peut amputer la moitié d’une société et on ne peut considérer à défaut tout développement durable viable sans l’inclusion des femmes et des petites filles.

Le travail sur les cultures, les coutumes, les habitudes et les pensées rétrogrades ou machistes est plus que nécessaire et les efforts doivent se  poursuivre avec l’aide de l’Etat, des parents, des enseignants.

A l’Ecole, les progrès pour tous les enfants ne pourront se faire sans un changement radical du statut des filles. Un même accès aux loisirs, une réelle information sur la sexualité, un espace scolaire et public partagés sont une partie des conditions pour y parvenir.

Les recommandations d’UNICEF France

•       Accès aux loisirs : faire de la place pour les activités “filles”

•       Renforcer l’information sur la sexualité et les risques liés aux addictions

•       Accompagner l’enfance connectée avec vigilance

•       Construire un espace public partagé : mixité des publics, mixité des usages

 

Retrouvez les conseils de Fériel Berraies Thérapeute sur son site: www.feriel-berraies-therapeute.com

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