MAROC
14/09/2018 18h:45 CET

Handicap mental: Face au silence de Bassima Hakkaoui, les associations tiendront deux sit-in devant le parlement en septembre

Et n'excluent pas d'en tenir d'autres si leurs doléances ne trouvent pas de réponses satisfaisantes.

NurPhoto via Getty Images

MOBILISATION - La manière douce n’ayant pas été payante, place à la manière forte. L’Union Nationale des Associations Œuvrant dans le domaine du Handicap Mental (UNAHM) annonce la tenue de deux sit-in les 19 et 26 septembre, de 11h à 13h, devant le Parlement à Rabat. Motif de la mobilisation: dénoncer les “conditions désastreuses” de cette rentrée scolaire pour les enfants et adultes en situation de handicap mental, mais aussi les professionnels qui travaillent à leurs côtés et les associations qui œuvrent dans ce domaine.

Si bon nombre d’écoliers ont pu retrouver sans encombre le chemin de l’école en ce mois de septembre, ceux en situation de handicap mental ont parfois trouvé porte close, “plusieurs centres spécialisés et classes intégrées gérés par les associations” étant momentanément fermés faute de moyens financiers. Environ 4000 écoliers seraient ainsi concernés, précise à notre rédaction Sabah Zemmama Tyal, présidente de l’UNAHM.

Dans un communiqué, l’UNAHM pointe du doigt “la mauvaise gestion et le non-paiement, dans les délais, par le ministère de la Famille, de la Solidarité, de l‘Egalité et du Développement, partiellement ou totalement, de la subvention d’appui à la scolarité des années 2016, 2017 et 2018”. 

À la recherche de solutions

Le rassemblement prévu devant le parlement la semaine prochaine n’est pas une première pour l’union, qui s’était déjà essayée “avec réussite” à l’exercice, en 2014. “Ce fut une réussite dans la mesure où cela avait mobilisé de nombreuses associations, avec une solidarité palpable, nous parlions le même langage”, se souvient Sabah Zemmama Tyal. Une réussite toute relative cependant. “Des choses ont pu être dites d’une seule et même voix”, ajoute-t-elle. Mais pas du tout entendues: aucune revendication n’avait eu de suite favorable.

“C’est pour cela que nous avons continué à faire des lettres et des recommandations, mais rien n’a été fait et cela empire”, se désole la présidente de l’UNAHM, qui rappelle que du fait du retard de la subvention, des centaines de salariés englobant éducateurs, psychologues ou encore psychomotriciens ne sont toujours pas payés. 

“Les présidents d’associations ont dû géré le personnel non payé, ils ont subi une pression incroyable pendant toute l’année, pendant les vacances, au moment de l’aïd”, détaille la présidente de l’UNAHM. “Sans parler des parents qui ne savaient pas si leurs enfants pourraient ou non regagner l’école, ou si eux-mêmes allaient ou non reprendre leur travail, car dans le cas d’une déscolarisation, certains se résignent à abandonner leur travail pour pouvoir s’occuper de leur enfant”, poursuit-elle. 

Face à un ministère démissionnaire, qui au mieux conseille à ces travailleurs de patienter et de poursuivre leur labeur de manière bénévole, ou au pire menace de ne plus travailler sur le dossier du handicap, Sabah Zemmama Tyal espère à présent une réaction du chef du gouvernement. “Mais de ce ministère, je n’attends plus rien”, tranche-t-elle. “Et nous continuerons ces sit-in jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée”. 

Aucune réaction? Action

Le communiqué partagé par l’UNAHM ce vendredi 14 septembre rappelle que l’union s’active depuis le mois de mai 2017 aux côtés des associations pour trouver une issue à cette situation, tout en prenant à coeur de sensibiliser l’opinion publique à travers les médias. 

“Une réunion a même été tenue avec Mme Bassima Hakkaoui en tant que ministre responsable du dossier du handicap, et ses collaborateurs, le 11 juillet dernier”, poursuit la même source. “Durant cette rencontre, l’UNAHM a pu exposer les différents problèmes liés au dossier de la subvention d’appui à la scolarité des personnes en situation de handicap, et a fait part de toutes leurs doléances urgentes quant à l’application des droits des personnes en situation de handicap. Mais à l’issue de cette réunion, Mme la Ministre n’a pas donné de réponses, et aucune solution n’a été apportée à ces problèmes.”

Nous avons essayé de joindre le département de Bassima Hakkaoui, sans succès.