TUNISIE
28/08/2018 17h:15 CET

Hamma Hammami tacle (encore) Ennahdha et la coalition au pouvoir (VIDÉO)

“Les conflits en hauts lieux au sein la coalition au pouvoir sont la cause de la crise politique actuelle” a indiqué Hamma Hammami.

NurPhoto via Getty Images

Invité de la radio Jawhara Fm, le porte-parole du Front Populaire Hamma Hammami s’en est pris au parti Ennahdha qui selon lui est toujours affiliée aux Frères musulmans.

Le parti “Ennahdha n’a pas changé et restera un mouvement issu des frères musulmans (NDLR: le terme exact utilisé est ‘frériste’)” a déclaré Hamma Hammami.

Selon lui, Ennahdha est un mouvement autoritariste: “Quelles sont les spécificités de ces mouvements autoritaristes? Ils ont un but lointain dont ils ne dévient jamais et ils changent rapidement de positions en fonction du rapport de force”.

Analysant le communiqué du Conseil de la Choura d’Ennahdha, Hamma Hammami retient le premier point au sein duquel, le parti appelle au consensus: “Ils veulent le consensus mais ils poignardent leur partenaire, le cassent et l’affaiblissent”.

 

“Ennahdha a besoin du consensus parce qu’elle a besoin d’une couverture politique, de celle de Béji Caid Essebsi, de celle de Nidaa Tounes parce que ça ne va pas bien à l’intérieur et l’extérieur du parti” a indiqué le porte-parole du Front Populaire, estimant que cette stratégie lui sert à couvrir ses échecs.

Pour lui, la rhétorique d’Ennahdha sur le consensus et la stabilité n’est pas compréhensible: “Est-ce que nous sommes en situation de stabilité politique aujourd’hui alors que la crise touche tout le pays? (...) Est-ce que nous avons une stabilité économique? (...) Est-ce que nous avons une stabilité sociale? Nous n’avons pas de stabilité!” s’est-il emporté reprochant à Ennahdha d’utiliser cette stratégie à ses fins politiques.

La course vers 2019, véritable cause de la crise politique

Le porte-parole du Front populaire impute la crise politique actuelle que traverse le pays à la course avant l’heure pour les élections de 2019.

“Les conflits en hauts lieux au sein la coalition au pouvoir sont la cause de la crise politique actuelle” a indiqué Hamma Hammami.

“Le contenu de ces conflits ne concernent pas la résolution des problèmes qui concernent le peuple tunisien ou à sortir la Tunisie de la crise” a-t-il déploré reprochant à la coalition au pouvoir, à Nidaa Tounes, à la Kasbah, à Carthage, aux partis impliqués dans le gouvernement d’union national et à ceux qui gravitent autour à l’intétieur du parlement d’être à l’intérieur d’un conflit dans la seule finalité est “de savoir qui remportera le scrutin en 2019.

Pour une égalité totale dans l’héritage et la dépénalisation de l’homosexualité

Interrogé sur la question de l’égalité dans l’héritage, Hamma Hammami affirme que le Front Populaire est pour l’égalité dans l’héritage considérant cette question comme une question sociale liée à “une distribution des richesses”.

Concernant la dépénalisation de l’homosexualité prévu par la Colibe, le porte-parole du Front Populaire affirme que celui-ci “ne dit à aucun moment qu’un homme peut en épouser un autre”. “Il s’agit d’une question sociale (...) qui ne se règle pas avec l’oppression mais avec le dialogue” a-t-il fustigé.

Malgré les “visions différentes au sein du Front Populaire” par rapport à cette question, Hamma Hammami estime que le mérite revient à son parti de “discuter les questions sociales” et de trouver les solution “par le dialogue”.

“Nous considérons que ces questions doivent être discutées. Pourquoi avons nous du mal à discuter de nos problèmes dans la société tunisienne? Pourquoi ne discuterions nous pas de cette question?” s’est-il interrogé.

Affirmant que beaucoup de personnes ne connaissent pas l’Histoire, il cite l’exemple d’Abou Nawas, grand poète arabe du 8ème et 9ème siècle, connu pour son homosexualité: “A-t-il été jeté en prison? Non! Abu Aswad Al Du’ali, qui a créé la syntaxe arabe, a-t-il été jeté en prison? Non!” a-t-il clamé avant d’expliquer: “Vous savez pourquoi? Parce qu’à l’époque, ces questions étaient discutées, parce qu’à cette époque, la civilisation arabo-musulmane était celle qui inspirait le monde”.

Au lendemain du discours du 13 août du président de la République Béji Caid Essebsi, le dirigeant du Front Populaire s’était déjà emporté contre Ennahdha et contre la “demi-mesure” du président concernant son initiative sur l’égalité dans l’héritage.

Il avait alors affirmé que “beaucoup de personnes dont Béji Caid Essebsi, ne savent pas réellement ce que sont ces mouvements comme les frères musulmans, ces mouvements islamistes et généralement tyranniques et fascistes. Ce sont comme des toupies, elles ne font que tourner et changer d’avis. Ils ont un but stratégique qu’ils veulent atteindre” en évoquant Ennahdha.

Selon lui, “Ennahdha ne renoncera pas à la mise en place d’un État tyrannique ayant une connotation religieuse mais la situation aujourd’hui lui impose de faire un pas en arrière, et elle l’a fait. Sauf qu’après, elle va de nouveau attaquer quand la situation le permettra” avait-il indiqué.

 

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