TUNISIE
19/08/2018 17h:57 CET

Hamadi Jebali soutient Fethi Laayouni et s'attaque à la Colibe et au président de la République

Selon lui, le soutien de Béji Caïd Essebsi à la COLIBE est un coup d'Etat contre la Constitution

Anis Mili / Reuters

Les propos du maire du Kram, Fethi Laayouni, continuent de faire couler beaucoup d’encre. En donnant des instructions de ne pas accepter les mariages entre Tunisiennes et non musulmans dans sa commune, en plus de refuser les prénoms non arabes lors de l’inscription de nouveaux-nés, ce dernier, contrevenant à la loi, est dans le collimateur des associations, des partis et même des autorités. 

Ce n’est pourtant pas l’avis de l’ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali.  

Dans un post publié sur sa page facebook ce samedi 18 août 2018, Jebali apporte son soutien à Fethi Laayouni tout en louant ses efforts à préserver à la fois l’identité tunisienne et les préceptes de l’Islam. 

“Je ne peux qu’exprimer mon soutien à toutes les voix libres et courageuses qui cherchent à respecter la Constitution du pays depuis son préambule jusqu’à son dernier chapitre sans calculs politiques étroits” souligne-t-il.  

De plus, Jebali estime que le soutien du président de la République à la commission des libertés individuelles et de l’égalité (COLIBE), qui représente selon lui une faible minorité voulant corrompre la société tunisienne, est en effet un coup d’État contre la constitution, les institutions de l’État et le code du statut personnel.

À ses yeux, ce projet sème la discorde au sein de la société et porte atteinte à l’identité arabo-musulmane du peuple tunisien. “C’est une minorité qui tente de bousculer les valeurs, les coutumes de notre peuple, solidement ancrés depuis des lustres, ils veulent, sous le couvert de la modernité, ramener le pays à des millénaires en arrière en clonant le peuple de Sodome et Loth”, selon ses dires. 

Pour l’ancien chef du gouvernement, le retard de la mise en place d’une Cour constitutionnelle est en effet une manoeuvre pour dépasser la loi et violer la constitution sans aucun contrôle.  

“Où sommes-nous des objectifs de la révolution en matière d’égalité des chances entre les individus et les régions et de la lutte contre la corruption? Où sont-ils par rapport aux souffrances des femmes rurales ...?” note-il en poursuivant qu’il est plus judicieux de se focaliser sur les problèmes économiques et de trouver des solutions pertinentes à l’effondrement du dinar, à l’épuisement du pouvoir d’achat et à la corruption.

Ancien chef du gouvernement à l’époque de la Troika et dirigeant d’Ennahdha, Hamadi Jebali s’est déclaré mardi, candidat à la présidentielle de 2019. Il a annoncé qu’il se présentera à la présidentielle en tant qu’indépendant .

Il avait déjà fait couler beaucoup d’encre en affirmant en novembre 2011 qu’un 6ème Califat était en cours en Tunisie.

Il est à rappeler que le mouvement Ennahdha a dénoncé les propos de Fathi Laayouni et a manifesté son engagement à respecter la souveraineté de la loi ainsi qu’à la concrétisation des décisions administratives au profit de l’intérêt des citoyens.

 

 

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