MAROC
31/10/2018 18h:40 CET

Hajja Hamdaouia et Raymonde El Bidaouia, un duo de légende au Festival des Andalousies Atlantiques d'Essaouira

C'est la première fois que les deux divas partage la scène en plus de 50 ans de carrière.

Capture d'écran

 CULTURE - Moment fort de la 15ème édition du Festival des Andalousies Atlantiques, qui se tenait du 25 au 28 octobre dernier à Essaouira, Hajja Hamdaouia et Raymonde El Bidaouia, deux légendes vivantes de la scène marocaine ont partagé pour la première fois la scène, pour interpréter ensemble pendant plus d’une 1h30, les chansons les plus emblématiques de leurs répertoires. Séquence émotion, nostalgie et de partage que les souiris ne risquent pas d’oublier. Les internautes ne s’y sont pas trompés en partageant cette vidéo, qui cumule plus de 90.000 vues. 

Organisé par l’Association Essaouira-Mogador, présidé par André Azoulay, l’événement, entièrement gratuit, a réuni une centaine d’artistes pendant 4 jours pour célébrer le patrimoine judéo-arabe. Une rencontre à la croisée des chemins qui met en lumière les liens qui unissent les civilisations musulmane et juive et la richesse de culture qu’elles partagent depuis des générations.

A cette occasion, les festivaliers ont eu droit à un concert inédit réunissant sur une même scène ce samedi 27 octobre, deux grandes dames de la musique populaire marocaine. D’un côté, Raymonde Abecassis alias Raymonde El Bidaouia, égalent surnommée “La perle orientale”, de l’autre Hajja Hamdaouia, star incontestée du chaâbi âgée de 86 ans. Toutes deux ont offert un concert historique au public souiri, en compagnie du Maestro Ahmed Cherkani.

La veille, la diva marocaine du tarab, Hayat Boukhriss, l’Algérienne Rym Hakiki et la Tunisienne Syrine Benmoussa ont également construit un pont entre les pays du Maghreb en chantant à l’unisson en compagnie du chanteur et musicien Enrico Macias. 

Autre temps fort de ce rendez-vous, deux groupes emblématiques qui réunissent une trentaine de chanteurs et de musiciens juifs ont également partagé la scène pour chanter leur Maroc de leurs ancêtres. “Hapyout” ont ainsi interprété les poèmes chantés mythique, du judaïsme du Tafilalet, dans la lignée des œuvres du Grand Rabbin Yaacov Abihssera. “Andalucious”, ont quant à eux revisité les pièces les plus emblématiques du Melhoun, du Chgouri et du Matrouz judéo-andalous. 

Said Balcadi, maître marocain du madih et du samaa, Curro Pinana, l’héritier du cante minero en Espagne, ont à leur tour partagé un moment de sérénité et de méditation autour des oeuvres de deux des plus grands poètes andalous, Ibn Arabi et Ibn Gabirol. Ainsi, c’est tout le patrimoine maghrebin et andalou qui a fait escale à Dar Souiri, Place El Menzah et Beyt Addakira, pour 4 jours de musique et de paix en mémoire d’un doux passé de communion qui avait faite sienne la règle du vivre-ensemble.