ALGÉRIE
07/02/2019 18h:36 CET | Actualisé 07/02/2019 18h:40 CET

Hadj Ghermoul condamné à 6 mois de prison ferme pour "outrage à corps constitué"

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Hadj Ghermoul, militant pour les droits de l’homme écroué mardi 29 janvier, a été condamné ce jeudi 07 février 2019 à 6 mois de prison ferme par le tribunal de la ville de Mascara pour “outrage à corps constitué”.

Membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) et du Comité national de défense des droit des chômeurs (CNDDC), Hadj Ghermoul, âgé de 37 ans, était en prison depuis mardi 29 janvier.

Selon un proche à lui à El Watan, il a été arrêté pour avoir exprimé son refus contre cinquième mandat du président Bouteflika. Sur une photo publiée sur les réseaux sociaux, Hadj Ghermoul et un jeune blogueur de la région, Rezouane Kada, brandissaient une pancarte sur laquelle ils ont écrit “Non à un cinquième mandat”.

Toutefois, selon le chargé de la communication de la Sûreté de wilaya, l’arrestation de Hadj Ghermoul a eu lieu lors de patrouilles de sécurité nocturnes effectuées à travers les rue de la ville de Sig.

“L’attention des policiers a été attirée par un individu causant un tapage. Une fois approché, il s’est avéré que le jeune se trouvait dans un état d’ébriété très avancé où il a proféré des propos vulgaires à l’encontre des éléments de la police qui l’ont arrêté avant de le présenter devant la justice qui a ordonné son placement en détention”, a-t-il affirmé au même quotidien.

Amnesty International Algérie a annoncé sa condamnation aujourd’hui à 6 mois de prison ferme et à une amende de 30.000 Da par le tribunal de Mascara, pour “outrage à corps constitué”.

 La même organisation a fait savoir que “la condamnation de Hadj Ghermoul est une grave atteinte à la liberté d’expression en Algérie. Il est totalement absurde qu’il soit condamné à passer six mois derrière les barreaux simplement pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions politiques”.

“Son arrestation et sa condamnation témoignent une nouvelle fois de l’intolérance dont font preuve les autorités algériennes vis-à-vis de l’opposition et de leur inquiétante tendance à multiplier les arrestations et les détentions arbitraires à l’approche de l’élection présidentielle prévue en avril”.

“Elles doivent annuler la condamnation de Hadj Ghermoul et le libérer immédiatement et sans condition. Nul ne devrait être incarcéré pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression”, conclut la même source dans un communiqué.