TUNISIE
13/03/2016 07h:41 CET | Actualisé 13/03/2016 12h:02 CET

Le Premier ministre Habib Essid visite les lieux de l'attaque de Ben Guerdane (PHOTOS)

FETHI BELAID/AFP
Tunisian Prime Minister Habib Essid delivers a speech following a cabinet meeting on March 8, 2016 in Tunis a day after the attack on the border town of Ben Guerdane.Essid said around 50 extremists were believed to have taken part in Monday's coordinated attack on an army barracks and police and National Guard posts in the border town of Ben Guerdane. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Le chef du gouvernement tunisien Habib Essid s'est rendu dimanche à Ben Guerdane, ville proche de la frontière libyenne où une attaque "terroriste" sans précédent par son ampleur a visé les forces de sécurité il y a six jours.

M. Essid a rendu hommage au "travail colossal" de l'armée et de la police "malgré le manque de moyens", mais aussi aux habitants de la ville qui "ont montré qu'ils (...) défendaient leur pays avec enthousiasme et courage, ce qui a fait reculer les terroristes", selon un enregistrement audio publié par Radio Tataouine.

Des dizaines d'assaillants lourdement armés avaient attaqué le 7 mars à l'aube la caserne militaire ainsi qu'un poste de police et un poste de la garde nationale dans cette ville de 60.000 habitants toute proche de la frontière. Les autorités ont parlé d'une attaque sans précédent, "coordonnée, organisée".

Dans les assauts et les opérations sécuritaires qui ont suivi, 49 "terroristes", 13 membres des forces de l'ordre et sept civils ont été tués selon un bilan officiel. Neuf assaillants ont également été arrêtés.

Des vidéos circulant sur internet et prises dans la foulée de l'attaque ont montré des habitants encourageant les forces de l'ordre et criant "Vive la Tunisie", alors que des échanges de tirs se faisaient encore entendre.

Il y a eu "une harmonie totale entre les habitants de Ben Guerdane, notre armée nationale et les forces de sécurité intérieure", a dit M. Essid, qui a visité la caserne et les postes de la police et de la garde nationale . Les civils tués pendant les attaques "ont participé à l'opération (...) contre cette attaque et ont eu un très grand rôle dans son échec".

Les circonstances exactes dans lesquelles les civils sont morts n'ont pas encore été précisées de source officielle.

Le Premier ministre a toutefois averti qu'il fallait "rester vigilants et prendre nos précautions pour défendre notre pays".

Ces assauts n'ont pas été revendiqués mais les autorités les ont imputés au groupe extrémiste Etat islamique (EI), accusé de chercher à créer un "émirat" dans cette région frontalière de la Libye, où le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi a permis l'essor des jihadistes.

Après l'attaque, Ben Guerdane a été placée sous couvre-feu nocturne et les points de passage avec la Libye ont été fermés jusqu'à nouvel ordre. La ville a été quadrillée par l'armée et la police, qui poursuivaient la traque de complices présumés des assaillants.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie est confrontée à l'essor d'une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de soldats ainsi que de touristes, mais les attaques de lundi sont sans précédent par leur ampleur.

Samedi, M. Essid a appelé ses concitoyens à faire des dons au Fonds national de lutte contre le terrorisme auquel le président Béji Caïd Essebsi a donné un mois de salaire, "une participation symbolique afin de soutenir les institutions sécuritaires et militaires" selon la présidence.

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