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17/01/2019 15h:10 CET | Actualisé 17/01/2019 15h:51 CET

BLOG- Guide de survie en Musulmanie

Les musulmaniens existent bel et bien (...) ils ne savent pas lire le texte en arabe et n’ont qu’une faible capacité d’analyse d’un texte dans un contexte historique et linguistique."

Julian Love via Getty Images

On attribue généralement au kafir (mécréant, en arabe) André Malraux la phrase “le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas”. Que la citation soit authentique ou non, il faut avouer qu’elle est visionnaire. En effet, si dans les années 70 et 80 chacun vivait bon an, mal an sa religion avec son lot de croyances, de rites plus ou moins adaptés selon des contextes locaux, la grande majorité des gens vivait la religion comme quelque chose de personnel et les fêtes religieuses qui rythmaient l’année étaient à la fois une occasion de réunir la famille et de partager une foi commune entre voisins.

Dans les années 90, on a assisté à une marchandisation des fêtes religieuses qui sont devenues l’occasion pour les commerçants d’augmenter leur chiffre d’affaires, tout comme les soldes et autres fêtes païennes que l’on a présentées comme impératives. Pour Noël, la Saint Valentin, la fête des mères et je ne sais quoi d’autre, au même titre que l’Aïd et autres fêtes pour l’Islam, il est désormais impératif d’offrir et de poser sur la table une profusion de biens comestibles ou pas pour justifier que l’on suit bien telle ou telle religion, sans toutefois savoir véritablement qu’elle est la symbolique de ladite fête. Le spirituel présenté n’est donc qu’une affaire de sous et de démonstration de sa religiosité face aux voisins et amis.

En parallèle, on a vu venir un véritable retour à la demande de spiritualité. La dureté du monde avec un accès permanent aux informations nous faisant vivre dans un monde anxiogène, les difficultés économiques du quotidien des gens dans un monde globalisé et tout ce que les sociologues analysent, en plus de devenir un levier de géopolitique, ont propulsé les religions dans un renouveau. Seulement voilà, comme dans toute industrialisation, il faut adapter l’offre à la demande et dans le cas des religions comme pour les Iphones, tout le monde en veut tout de suite.

Et si je prends le cas de l’Islam qui n’est pas hiérarchisé et organisé comme la religion chrétienne, cela nous donne des voies apparaissant partout et sous toutes formes de communication pour apporter la bonne parole aux apprentis fidèles. Toutes les voies, n’importe quelles voix.

Pour quelqu’un qui s’y intéresse de plus près, force est de constater que nous avons omis de relater un fait important dans l’Islam, à savoir l’apparition d’un nouveau schisme! Jusqu’à présent, nous nous contentions de l’histoire de l’assassinat d’Ali justifiant la distinction entre chiites et sunnites mais nous n’avons pas vu arriver la distinction entre Islam et musulmanie.

Car oui, les musulmaniens existent bel et bien. Il s’agit d’une part prépondérante de musulmans qui ne savent pas lire le texte en arabe et n’ont qu’une faible capacité d’analyse d’un texte dans un contexte historique et linguistique. À leur décharge, peu de gens l’ont en réalité car cela nécessite de longues et fastidieuses études.

Ceci étant, ce n’est pas bien grave pour les musulmaniens car ils compensent largement cette problématique par des moyens simples. Je ne parle pas ou ne lis pas l’arabe? Pas de souci, il existe des traductions dans toutes les langues parlées. La qualité ou la réalité de la traduction? Pourquoi remettre en cause la parole divine, puisque Google me dit que c’est la bonne version! Sur telle ou telle question il s’agit de savoir comment faire ou se comporter? Là non plus aucun problème, puisque des croyances présentées comme des vérités absolues circulent largement de bouche à oreille ou sur Facebook.

Et l’on peut donc vous asséner la “vérité” sur l’obligation du port du voile ou de la toile de tente, la nécessité “moderne” d’appliquer la Charia, la justification divine de l’inégalité dans l’héritage, la nécessité reconnue de tuer les juifs et les mécréants ou de frapper les femmes… Et pour les plus “atteints”, on peut aussi nous expliquer pourquoi la terre est plate, que la femme infidèle est frappée du cancer des ovaires en punition divine, que les filles ne peuvent se baigner pendant ramadan car l’eau s’introduit dans leur vagin ce qui rompt le jeûne ou encore que les chiens dans les maisons font fuir les anges ce qui invalide votre prière... La liste de ce genre de bêtises est non exhaustive et si la légèreté de mon ton ne me l’autorisait pas, je n’oserais pas relayer ce petit aperçu des bêtises que l’on peut  entendre ici et là.

Et c’est là que les musulmaniens commencent doucement à m’insupporter lorsqu’ils relaient leurs idées, qu’elles soient crédibles mais discutables ou totalement farfelues, car il est impossible d’avoir une conversation sensée avec eux! Lorsque vous tentez de leur demander sur quel texte ils se basent ou, lorsqu’ils trouvent péniblement un texte, quelle est sa véracité ou son interprétation possible, ils se drapent dans leur crasse intellectuelle et vous affichent un mépris profond en vous traitant d’ennemi de l’Islam car vous ne pouvez mettre en doute leurs certitudes et seuls les musulmaniens sont musulmans !

Pire, leur crédo est applicable à tout, dans toutes les situations et partout dans le monde. La laïcité en France ou l’interdiction du port du voile: haram. L’interdiction d’arrêt de travail pour la prière ou les prières dans les rues: haram. En fait, tout ce qui ne correspond à leur soi-disant croyance est forcément haram et vous êtes donc un apostat si vous leur tenez tête intellectuellement.

Nous sommes donc bien face à un nouveau schisme dont l’origine est la non lecture du premier mot associé au texte sacré qui est “Iqrae”, et qui en arabe signifie “lis”, car cet impératif n’est pas un ordre pour ânonner bêtement une série de mots, mais s’accaparer la connaissance pour devenir quelqu’un de meilleur.

Et bien que mes croyances ou non en tel ou tel Dieu ne regarde que moi et n’ont pas à être étalées en public, car c’est la seule voie pour que le religieux n’empiète pas sur la vie publique, je peux l’affirmer haut et fort: je ne suis pas musulmanienne et je ne vivrai jamais en musulmanie!

#safibaraka