TUNISIE
09/09/2019 13h:06 CET

Guerre des classes, régionalisme, populisme: Le non programme de Hechmi Hamdi

Le candidat n'a pas fait de propositions mais a tenu des propos clivants qui visent à diviser ce qui a entraîné un clash avec l'animateur Hamza Belloumi

Le candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Hechmi Hamdi était l’invité, lundi, de la radio Shems Fm pour présenter son programme électoral axé sur la lutte des classes, le régionalisme, beaucoup de contrevérité et de populisme.

Taxer les plus riches

“Je milite pour les droits des pauvres en Tunisie” a commencé d’emblée le candidat affirmant que la Tunisie a un système injuste depuis Bourguiba qui persiste après la révolution. “Il y a une minorité qui à l’aise financièrement, qui s’accapare l’économie et une majorité laminée, dans une situation difficile. Il y a aussi une classe moyenne que l’on tire vers le bas” dit-il appelant à des changements au niveau du système de gouvernance économique et social: “Il faut donc taxer plus les riches”.

“Cela est possible en s’inspirant des références islamiques pour devenir une société plus juste, à l’identité islamique et d’obédience islamique” poursuit Hamdi appelant à l’élire car il faut un “président de la République fort.qui mène un combat politique et juridique à travers des initiatives législatives pour créer plus de justice dans ce pays (...) Il faut un président de la République qui soit aux côtés des plus pauvres”.

Interrogé sur ses priorités en matière de défense et de sécurité ainsi que de diplomatie, à savoir, les principaux pouvoirs offerts par la constitution au président de la République, Hechmi Hamdi esquive la question et appelle à voter pour son parti faisant plus une campagne pour les législatives que pour la présidentielle.

“Le PNUD dit que la plus grande menace intérieure pour les pays, c’est la pauvreté, l’absence de développement. Je voudrai que comme dans tous les pays civilisés, on profite des élections pour donner un blâme à ceux qui gouvernent aujourd’hui et accorder une chance à un nouveau programme, une nouvelle vision” dit-il affirmant que “la démocratie est une guerre d’intérêts. Avant les gens se battaient à l’épée, puis avec les armes à feu, maintenant, c’est devenue une guerre à travers les urnes”.

Une guerre des classes

“Je ne suis pas là pour représenter tous les intérêts et toutes les classes. Je ne défendrai pas les gens (...) qui s’accaparent l’économie, non, je suis là pour défendre leurs victimes” assure le candidat allant à l’encontre des principes constitutionnels qui font du président de la République le représentant des tous les Tunisiens. Il explique cependant qu’en appliquant son programme, il y aura une plus grande justice sociale et qu’à ce moment là, il sera le président de tous les Tunisiens.

Une proposition minimaliste en terme de diplomatie

Répondant enfin sur sa priorité en termes d’affaires étrangères, Hechmi Hamdi affirme que “la première chose que je ferai sera dédiée à ceux qui habitent dans les régions du sud-est, à savoir, Gabès, Médenine et Tataouine.Si je gagne l’élection présidentielle (...) je négocierai avec le gouvernement libyen internationalement reconnu pour que les habitants de ces régions puissent entrer Libye avec leurs cartes d’identité et sans obstacles douaniers (...) On fera pareil avec l’Algérie”.

Cette proposition serait ainsi discriminatoire vis-à-vis des habitants des autres régions, ce qui semble ne pas déranger le candidat, qui appelle explicitement les habitants de ces régions à voter pour lui et pour son parti, faisant preuve de régionalisme en attaquant notamment ceux qui habitent “les beaux quartiers” et “le lac” de Tunis.

“Cela sera un test, un premier pas vers la création d’un espace économique commun entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie” dit-il.

Du populisme en matière de sécurité et de défense

En matière de défense, Hechmi Hamdi propose plusieurs axes: octroyer aux agents sécuritaires et militaires qui ont été blessés et qui ne peuvent plus exercer une prise en charge complète de la part de l’Etat jusqu’à leur décès, octroyer une prise en charge complète à la famille des militaires ou forces de l’ordre morts dans l’exercice de leur fonction et augmenter les salaires des militaires et des forces de l’ordre.

Interrogé sur la façon de financer ces mesures, le candidat se fâche et n’apporte aucune réponse allant au clash face au journaliste qui l’épingle sur plusieurs chiffres erronés présentés par le candidat.

Un clash avec Hamza Belloumi

Face aux chiffres fantaisistes présentés par le candidat, Hamza Belloumi lui demande les sources utilisées: “Google, il suffit d’entrer sur Google” fulmine Hechmi Hamdi avant de s’attaquer au journaliste: “Vous représentez les médias de la honte, vous représentez les médias qui ne font que m’attaquer. Vous n’êtes pas au courant des chiffres, vous êtes un ennemi à Hechmi Hamdi” attaque le candidat à la présidentielle promettant de mettre fin à la carrière des “journalistes de la honte”.

“Continuez votre victimisation depuis Londres, arrêtez notre diffusion depuis Londres grâce à l’argent que vous récoltez à Londres, à travers votre nationalité britannique et avec vos avoirs que vous ne souhaitez pas déclarer” rétorque Hamza Belloumi. “Vous êtes entrain de faire une campagne pour les élections législatives M. Hamdi alors que vous êtes là en tant que candidat à la présidentielle” rappelle l’animateur rappelant au candidat sa non conformité avec la loi en ne voulant déclarer ses biens à l’INLUCC.

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