ALGÉRIE
09/12/2014 09h:08 CET | Actualisé 09/12/2014 09h:50 CET

La guerre civile en Syrie vue de l'espace: L'éclairage nocturne a baissé de 74% en 3 ans

Xi Li/Deren Li

Des chercheurs à l'université Wuhan en Chine ont utilisé une approche innovante pour étudier la guerre civile en Syrie et la destruction qu'elle a engendré dans le pays. Si les chiffres publiés cette semaine par une organisation basée en Angleterre indiquent que plus de 200 000 milles personnes ont perdu la vie dans le conflit qui dure depuis trois ans et demi, cette méthode qui utilise les images satellites est plus visuelle.

Faisant l'impasse sur les chiffres, les chercheurs Xi Li et Deren Li se sont tournés l'automne dernier vers les satellites américains pour analyser l'éclairage nocturne émanant de la Syrie. L'étude, publiée dans International Journal of Remote Sensing analyse des images prises à plus 800 km d'altitude au dessus du moyen orient entre mars 2011, date du début du conflit syrien, et février 2014. Elles sont "une des rares sources objectives d'information" sur la crise syrienne, ont indiqué les chercheurs au magazine en ligne The Atlantic.

Vue de l'espace, la Syrie brille beaucoup moins qu'en 2011. Une baisse d'environ 74% de l'éclairage nocturne a été observée à travers la Syrie, a conclue la recherche. A l'exception de Damas et Kuneitra, où les niveaux de lumière ont décliné d'environ 35%, le reste du pays est largement moins éclairé la nuit que les pays voisins comme la Turquie ou le Liban où la lumières nocturnes sont restés pratiquement au même niveau qu'en 2011. A Alep, une des villes les plus déchirées par la guerre entre le régime de Bachar El Assad et les différents groupes armés, la lumière a connu une baisse dramatique de 88%, notent les auteurs de la recherche.

Baisse de la lumière nocturne en Syrie entre mars 2011 et février 2014, mesurée grâce aux pixels dans les images satellite évaluées par les chercheurs. (Xi Li/Deren Li)

L'obscurité est un bon indicateur de la destruction causée par la guerre, de l'activité humaine en baisse et de l'infrastructure énergétique anéantie, note The Atlantic, mais aussi du déplacement de la population. Depuis 2011, près de la moitié du peuple syrien a été déracinée selon des chiffres de l'ONU, "les lumières s'éteignent quand les habitants partent", note l'étude. Les chercheurs ont d'ailleurs trouvé une corrélation entre les chiffres des déplacés internes syriens dans chaque région et la quantité de lumière perdue.

Xi Li et Deren Li ont une vision plus large concernant les applications des résultats de leurs recherche. Une meilleure compréhension de la relation entre les réfugiés et le déclin de l'éclairage nocturne pourrait par exemple aider les chercheurs afin d'estimer les nombres des personnes échappant aux conflits armés.

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