ALGÉRIE
20/04/2019 09h:04 CET | Actualisé 20/04/2019 09h:18 CET

Guerba3 tesma3/Zerba3 yetqalla3: De la marche festive à la démarche active

"Imposons l'agenda démocratique et citoyen". Amazigh Kateb propose un mode d'emploi pour éviter la contre-révolution et les manipulations intérieures et extérieures

HuffPost Maroc

Ce bref état des lieux, suivi d’une proposition de transition et d’un modèle de changement, doivent être vus comme une humble contribution au débat d’idées qui nous anime en tant qu’algériens dans nos projections et idéaux de prospérité et de richesses repartagées.

Ce n’est en aucun cas une posture paternaliste, ni une leçon à quiconque. Juste une proposition pour la suite, que je nous souhaite moderne dans son ambition et citoyenne dans son édification. Puissent toutes nos réflexions et expériences converger pour irriguer le champs  de nos espérances reconstituées.

Révolution algérienne 2019 :

Une des grandes forces du mouvement révolutionnaire algérien appelé faussement “Hirak”, qui secoue le pays et toute la géopolitique régionale, continentale et internationale avec lui, au delà de son ampleur et de son envergure exceptionnelles, est qu’il n’appartient à personne mais représente tout le monde.

Du côté de la répression, c’est un casse tête! Il est beaucoup plus difficile de réprimer une cause populaire qu’une cause partisane, idéologique ou religieuse.

On ne peut rien diaboliser parce que tout est dans tout et dans chacun.  

Ce front populaire s’est d’abord réuni autour d’un refus global et radical du système en place, (yetna7aw ga3) et non autour d’un projet politique au sens classique (partis, syndicats, mouvements idéologiques) du terme. Il n’y a par conséquent, pas plus de leader légitime, que d’orientation politique définie...et tant mieux ! Ma tmethlounach ga3!

 

MA TMETHLOUNACH GA3! (Vous ne nous représentez pas du tout!). La représentation est finie! Nous ne voulons plus de ce théâtre politique de pacotille, où le bien commun et la justice sociale ne sont que des personnages anecdotiques sans importance.

RANA MWESWSIN (nous sommes sceptiques/paranoïaques).   

Tous les algériens veulent avoir droit au chapitre et prendre leur destin en main. Nous ne croyons plus à l’homme providentiel, ni à un messie politique. C’est le modèle même de la gouvernance qui est à réformer.

ECHA3B MRABBI WED’DOULA KHAYNA  

Dans le système de privilèges et d’abus de pouvoir qui caractérisent la classe politique algérienne, même Ghandi se transformerait en Ouyahia. Nous voulons des représentants nommés, contrôlés par les citoyens et au service de ces derniers. Dorénavant, toute bonne foi devra être démontrée avant d’être attestée et non le contraire. Il n’est plus question de laisser les fondés de pouvoir livrés à eux même, sans contrôle régulier et sans vigilance citoyenne permanente.

De la même façon, c’est la nouvelle constitution qui devra enfanter le futur gouvernement et le soumettre aux règles de la démocratie, et non l’inverse.

 

ÉCRIRE NOTRE PROPRE CONSTITUTION PAR ET POUR LES CITOYENS:  

Nous avons pris conscience, grâce aux marches entre autres, de notre force en tant que peuple souverain. Il nous faut maintenant, aller jusqu’au bout du chantier et asseoir cette souveraineté, d’abord sur des actions locales visant à exercer le pouvoir citoyen sur les institutions les plus proches, (APC, Daïras, Wilayas) puis,  sur des bases constitutionnelles concrètes, qui permettront l’édification collective d’une réelle et pleine citoyenneté.

Nous devons réécrire nous même notre constitution pour y instituer nos droits, notre pouvoir, nos leviers démocratiques, nos mécanismes de blocage, de concertation, de décision, de désignation ...etc, pour enfin, devenir citoyens actifs, voter ou abroger nos lois, nommer ou révoquer nos représentants en toute légitimité et ne plus avoir recours à la rue comme seul moyen de nous faire entendre.

 

LE BUT COMMUN :

Nous en avons un: L’édification d’un état démocratique moderne, où nous serions citoyens (autonomes) et non juste des électeurs (hétéronomes).

Nous ressentons  tous, comme une impasse, ou plutôt le besoin urgent de passer à une autre phase de mobilisation. Pourquoi ne pas se donner pour mission, de créer les conditions de la démocratie populaire participative et active, chacun à son propre niveau, en créant des espaces de rencontres et de concertations, en invitant les plus proches de nous à se constituer pour réfléchir et écrire notre pouvoir citoyen, et en les invitant à en faire autant autour d’eux, sous formes de discussions et d’ateliers d’écriture collective etc… Il faut absolument mettre à profit cette formidable énergie de contagion qui accompagne tout mouvement révolutionnaire, pour amener les outils et les solutions réellement démocratiques au plus grand nombre…

Il nous serait dommageable de ne pas profiter de cette conjoncture pour se frayer une citoyenneté par les actes, et commencer à construire ensemble la solution.

Nous sommes beaucoup d’Algériens à nous poser la question de la suite à donner.

La nature a horreur du vide et les algériens aiment la nature.

 

DE GUERBA3 TESMA3 À ZERBA3 YETQELLA3: changer de terrain et de mode opératoire:

De la marche festive à la démarche active.

-Cette révolution doit changer de terrain, les manifestations ne suffisent plus et elles sont de plus en plus violentes. Nos ennemis savent où et quand nous trouver: dans la rue, tous les vendredis en masse et par corporations le reste de la semaine. Ils essayent de nous intimider, de dissuader les femmes de sortir manifester, ou même d’instaurer une routine en interdisant les marches en semaine pour n’autoriser que celles du vendredi. C’est objectivement un de nos points faibles.

-Les marches sont toujours risquées. Même les plus pacifiques ont donné des morts et des blessés, sans compter les débordements possibles qu’elles offrent à nos adversaires, et ils sont multiples (voire les cercles de prédation). C’est un autre point faible.

-Par ailleurs, si les forces de l’ordre sont rompues à canaliser les manifestations, ou parviennent à en interdire certaines, il leur est impossible d’empêcher des actions citoyennes ciblées et organisées à travers les institutions régionales et locales du  territoire, ni de se déployer aussi efficacement que les citoyens. Elles n’y sont pas préparées et ne pourront pas employer de violences “anti-émeute”.

Le combat politique et citoyen qui consiste à se réunir en assemblées populaires constituantes, pour reprendre possession des institutions les plus proches de nous (mairies, daïras, wilayas, etc..), est vital et nécessaire autant qu’il est une solution stratégique de 1er plan par ce que:

-le pouvoir a peur pour sa survie, autrement dit pour la tête de la pyramide, il est mobilisé à  surveiller le haut, passons pas le bas et déployons nous! zerba3 yetqalla3!

-L’oligarchie a déjà commencé à sacrifier quelques cafards du haut, il est peu probable qu’elle s’embarrasse de ceux du bas.

- Le pouvoir n’a ni le temps, ni l’énergie, ni l’effectif pour contrer des comités de citoyens actifs dans toutes les communes, mairies, daïras et wilayas du pays.

- Ce type de lutte politique est pacifique par définition et n’offre quasiment pas de possibilités de débordements violents, seulement quelques rapports de force que nous gagnerons par le nombre, la persévérance et l’unité.

Imposons la souveraineté populaire dans les faits, et instaurons une nouvelle relation avec les institutions.

 

IMPORTANT :

Une fois admise et normalisée la vigilance populaire effective et régulière, ils seront dans l’incapacité de décider sans nous puisque nous les attendrons là où ils se servent.

Exemple : une entreprise obtient un chantier par le haut avec la tchippa. Le comité de vigilance  citoyenne alerte l’assemblée constituante de sa commune. Cette dernière se réunit et mandate une commission de contrôle citoyen chargée de vérifier les documents qui attestent de l’obtention de ce chantier. S’il y a une irrégularité, l’assemblée constituante décide du mode de blocage (physique, judiciaire, médiatique etc..).

Ils ont toujours fonctionné de haut en bas, exercé leur pouvoir sans entraves administratives, ni personne qui les attende sur le terrain citoyen (en bas de chez nous). Dorénavant, en nous organisant localement (comme expliqué plus bas), ils nous trouveront sur leur chemin inévitablement et devront partager la richesse ou s’en aller.

 

Quelques exemples récents de barrages citoyens spontanés:

  1. A l’heure où j’écris, une quarantaine de maires à travers le territoire ont refusé d’encadrer les élections prévues en juillet 2019.
  2. Toutes les mairies de la wilaya de Tizi Ouzou boycottent les élections et d’autres vont suivre, inévitablement, par conviction, contagion ou nécessité, par ce que les élus locaux sont directement au contact du peuple et ne peuvent se cacher dans des bureaux hors de portée.
  3. Les récentes visites officielles du nouveau premier ministre, de la ministre de la culture et de celui de l’énergie, dans différentes localités de l’intérieur du pays, se sont toutes soldées par un blocus et un demi tour, chassés manu-militari, sans autre forme de protocole.
  4. En novembre 2018, un peu avant ce mouvement, la mobilisation citoyenne de Bab El Oued a réussi à faire inculper le maire et une dizaine d’élus pour corruption. Ils ont été condamnés à de la prison ferme.

Autant d’exemples -et d’autres- de détermination et de puissance citoyenne concrète ne sauraient nous laisser froids! C’est l’exercice du pouvoir citoyen spontané dans toute sa splendeur ! Plus nous serons vigilants, actifs et autonomes, plus nous serons maîtres du terrain et de notre destin sociétal.

 

Combattre tous les ennemis avec la même arme !

GAME OF THRONES:  

En prenant un peu de distance, on observe deux cercles de prédation aux visées économiques et géostratégiques dont cette révolution doit se protéger.

-Le premier cercle de prédation:

Ce sont les piliers économiques et politiques du pouvoir: ils sont les partenaires privés, étatiques, sécuritaires, judiciaires, administratifs et militaires qui maintiennent le système. Ce sont eux les clans en rapport de force permanent. Leurs forces et leurs faiblesses résident dans leurs oppositions, induisant une veille permanente de leurs intérêts d’une part, et un certain immobilisme de l’autre; obligés de tenir leurs positions respectives dans l’organigramme de la rapine organisée,  ils se surveillent et se neutralisent plus ou moins harmonieusement entre eux, comme les membres de plusieurs gangs segmentés en secteurs d’influences ou en monopoles.

- Le deuxième cercle de prédation:

Les partenaires économiques et politiques étrangers qui sont les alliés historiques du système en place. La France en premier lieu, mais aussi tout un tas d’”amis” de l’Algérie.

Ces entités essentiellement étatiques ou économiques transnationales, exercent naturellement une double pression, à la fois sur le régime et sur leurs concurrents pour protéger leurs intérêts. Si le régime tombe, il faudra bien qu’elles s’y retrouvent également; elles sont donc logiquement prêtes à changer de marionnettes (comme en Tunisie), à se mettre du côté du mouvement, à l’infiltrer  pour mieux le dévoyer (comme en Libye), ou même aider à la chute du régime pour retirer habilement les marrons du feu, et livrer le pays aux pires (comme en Egypte).

Depuis les révolutions colorées de l’ancien bloc de l’est jusqu’aux printemps arabes , les exemples de noyautage des mouvements progressistes, et de manipulations américano-occidentales des mouvements révolutionnaires ne manquent pas. C’est l’agenda  global du libéralisme mondialisé.

 

IMPORTANT :

Il faut comprendre que les deux cercles de prédation sont subjectivement, et selon le contexte, alliés ou adversaires. Exactement comme le sont les acteurs mafieux du premier et du deuxième cercle entre eux, de la même façon ou, par communauté d’intérêts.

 

TRES IMPORTANT: Les agendas des deux cercles sont intimement liés entre eux. Il est impératif que nous en ayons un à nous: L’agenda démocratique et citoyen.    

A noter également que le pouvoir en place est sous une triple menace :

1- Le retournement de ses alliés du 1er et 2eme cercle,

2- La perte de l’autorité, de la crédibilité et la possible défection de certains services de sécurité pour d’autres intérêts ou raisons, claniques et surtout économiques.

3- La mobilisation populaire soutenue et maintenue, obligeant le pouvoir à lâcher une partie de  ses appuis des deux cercles pour se maintenir.

C’est précisément de ces menaces potentielles que nous devons user tactiquement pour attaquer ce système par le bas, et commencer à l’effriter, pendant qu’il surveille en haut (1er cercle), et à l’extérieur (2eme cercle),  en créant des structures citoyennes solides et dynamiques.

 

- Actuellement, le pouvoir s’énerve et montre les dents. Il est débordé et fatigué, mais ne pourra pas se durcir plus. Le deuxième cercle attend une erreur de sa part pour bondir en sauveur des libertés, des droits de l’homme, et de la démocratie. Il essaye de créer des guerres de tranchées à l’intérieur du mouvement mais n’y arrive pas (islamistes contre laïques, femmes contre conservateurs, ou Kabyles contre arabophones etc). Plus personne n’est dupe et surtout, il y a un peuple uni en face, conscient de sa diversité, que rien ne semble pouvoir diviser ni arrêter.

- Si le mouvement se structure en forme démocratique participative moderne, il se renforcera politiquement de l’intérieur (vis à vis du 1er cercle). Il sera en mesure d’exiger les réformes et  construire les changements nécessaires à l’exercice du pouvoir citoyen à court, moyen, et long terme sans offrir de prétexte à l’importation d’un modèle libéral “exemplaire” (2eme cercle).

Ce type de mobilisation effective permettra non seulement d’utiliser nos ennemis les uns contre les autres, mais aussi de les combattre et de les neutraliser tous en même temps. C’est d’ailleurs ce qu’ils font avec nous, les uns essayent de se faire une meilleure place, en utilisant la révolution, les autres essayent de tuer la révolution pour garder leurs places. Profitons de la veille du pouvoir en hautes sphères pour l’affaiblir depuis sa base, en sciant chaque jour un peu plus, les pieds de sa chaise, jusqu’à ce qu’il tombe et qu’il n’ait plus d’assise.

Quant au 2eme cercle, il n’aura pas d’autre choix que de composer avec nous ou de tout perdre. Je parie sur la première option. Ne dit-on pas qu’”un peuple est toujours plus sage qu’un prince”?

Ou encore “seigneur, garde moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge”

 

ASSEMBLÉES CONSTITUANTES OU TADJMA3T MODERNE

Comment s’organiser par quartiers, communes, daïras et wilayas ?

Il suffit pour commencer, de se réunir comme nous le faisons tous les jours naturellement, par petits groupes puis en élargissant. Créer de petites assemblées constituantes dans les villages, (djma3a ou tadjma3t) quartiers, entreprises, écoles, lycées, universités, cafés, parcs... et partout où cela est possible pour écrire nos attentes, nos questionnements, nos objectifs et les mettre en commun.

 

EXEMPLE :

Mettons qu’il y ait dans notre cas, 2 objectifs urgents et vitaux pour l’avenir :

A: L’instauration du pouvoir citoyen local:

-synthétiser une plateforme de revendications et de décisions des citoyens de chaque quartier,

-désigner des représentants,

-et des comités de vigilance dans les  quartiers,

-et des commissions de contrôle des institutions (contrôle et blocage).

 

B: la réécriture de la constitution par les citoyens eux même et non par les politiques :

-mise en place d’ateliers constituants quotidiens; 1 heure par jour suffirait (on peut constituer à 1, 2, en famille, entre amis, etc...)

-mettre par écrit toutes les propositions de changements constitutionnels pour les comparer/intégrer.

-soumettre les résultats de ces ateliers constituants à l’assemblée constituante communale, chargée de tout regrouper, de discuter chaque point de réforme proposé, pour en faire une synthèse locale, destinée à intégrer par la suite une synthèse wilayale, puis nationale.

-rendre publique le nouveau texte de la constitution par tous les moyens possibles (web, journaux, affichages, radio, débats publics ou télévisés etc…) pour exposer les contours, en expliquer la portée et organiser les controverses de manière neutre et objective.

- organiser un référendum national d’initiative populaire visant l’adoption de la nouvelle constitution.

 

C: mise en application de l’exercice du pouvoir citoyen sur les institutions:

-Mettre en commun les objectifs d’actions citoyennes locales concrètes, visant à contrôler les institutions les plus proches citées plus haut et à exercer sur elles, le pouvoir citoyen.

Cela se fait en 3 phases:

1-Repérer et répertorier les chantiers, les dossiers louches et les projets en cours ou en prévision, les bilans financiers des projets des APC, les listes d’attribution de logements sociaux, les infrastructures sportives et culturelles, les anomalies existantes au niveau de la voierie, de l’entretien des quartiers, des espaces verts, du ramassage des ordures, des équipements sanitaires, des écoles, lycées, crèches, écoles primaires, espaces pour enfants …etc.

Se renseigner sur les  officines les plus proches au niveau du quartier : les magasins, les entreprises, les institutions privées et publiques, les affectations de la propriété communale, du foncier (rural, urbain, agricole, industriel, commercial) et en général, tout ce qui existe immédiatement autour de nous…(tqar3idj en action) et faire une liste détaillée avec le plus d’infos possible. Puis soumettre le tout à l’assemblée communale citoyenne.

2-définir les objectifs de contrôle ou de blocage citoyen et leur application :

Il s’agit de définir une liste “intelligente” par ordre d’importance et d’urgence. Ex: contrôler  les budgets des routes communales, en permanente réfection, exiger en mairie, à la daïra ou à la wilaya, selon les cas, les documents qui attestent de la régularité des chantiers concernés, les factures , les appels d’offres etc.... et plus généralement, demander des comptes sur tout ce qui aura été listé en 1 ou qui apparaîtrait douteusement parachuté .   

3-Nommer un ou plusieurs représentants dans chaque quartier. Ces représentants mandatés par leurs voisins respectifs mettront en commun les points 1 et 2 pour intégrer les revendications et objectifs de tous à travers l’assemblée communale constituante et citoyenne.

 

ASSEMBLÉE COMMUNALE CONSTITUANTE ET CITOYENNE

Elle est composée  de tous les représentants des quartiers d’une commune donnée. Elle permet:

-de mutualiser les différentes revendications consignées au niveau de chaque quartier,

-de définir les objectifs de contrôle citoyen,

-de mettre en forme puis en application le ou lesdits contrôles,

-de mettre en forme et en application le ou les dispositifs de blocage.

Une fois ces 4 points précisés et définis, cette même assemblée TIRE AU SORT une commission de contrôle citoyen et des représentants.

 

LA COMMISSION  DE CONTRÔLE CITOYEN :

-Elle est chargée de contrôler les institutions (la mairie, la daïra ou la wilaya),

-Elle doit être RÉVOCABLE en partie ou dans sa totalité à tout moment, par suffrage universel au sein de cette assemblée constituante communale, si elle ne fait pas son travail.

-Elle doit être changée régulièrement pour commencer à instaurer la notion de ROTATION DES CHARGES CITOYENNES,

-Elle ne disposera que de MANDATS COURTS NON RENOUVELABLES (ENTRE 1 ET 3 MOIS) pour éviter le copinage, le népotisme, l’infiltration par les services et la corruption des contrôleurs.

-Elle doit  elle-même être CONTRÔLÉE PAR L’ASSEMBLÉE COMMUNALE CONSTITUANTE ET CITOYENNE qui attend des résultats et demande des comptes aux représentants comme aux commissions de contrôle citoyen.

 

LES REPRÉSENTANTS :  

-Ils doivent également rendre des comptes, être révocables sur simple suffrage au sein de l’assemblée constituante et ne disposer que de MANDATS COURTS, non renouvelables.

-Ils sont chargés de:

*Porter les objectifs et revendications de manière fidèle et veiller à leur application sur le terrain.

*Se constituer en assemblée intercommunale, daïrale ou wilayale, selon la division administrative ou les institutions concernées ou visées (en faisant appel aux autres représentants de quartiers),

*Mener à bien les opérations de blocages sur le terrain (pressions sur les institutions pour exiger les dossiers et pièces administratives, organisation des blocages physiques des chantiers et projets douteux, convocation de la presse et large diffusion internet, constitution de dossiers juridiques et actions en justice lorsque cela est nécessaire...etc.).

 

Pour mettre en place le contrôle citoyen des daïras par ses communes, même chose:

REPRÉSENTANTS DES COMMUNES + COMMISSIONS DE CONTRÔLE CITOYEN COMMUNALES SE RÉUNISSENT EN ASSEMBLÉE CONSTITUANTE = PLATEFORME DE REVENDICATIONS ET DÉFINITION DES OBJECTIFS DE CONTRÔLE + TIRAGE AU SORT D’AUTRES REPRÉSENTANTS + AUTRE COMMISSION DE CONTRÔLE CITOYEN DE LA DAÏRA.

Idem pour mettre en place le contrôle citoyen de la wilaya à partir des représentants des  daïra en assemblées constituantes.

 

La réécriture de la constitution est à la portée de tout un chacun. Il suffit de s’y mettre en partant de celle qui existe, de l’aménager en gardant en tête qu’on doit y inscrire notre pouvoir citoyen, y intégrer toutes les composantes de la société algérienne sans exclusion, et de s’entraîner à le faire fréquemment, seul ou en groupe pour commencer à devenir constituant.

Le texte de la constitution est fait pour effriter toutes les colonnes du pouvoir. Son caractère démocratique réside dans le fait de  prévoir en face de chaque pouvoir, un contre-pouvoir citoyen.

La constitution doit faire peur aux politiciens quels qu’ils soient. Elle est leur code pénal d’une certaine manière, donc s’ils l’écrivent, ils la feront à leur guise et avantage. Ils ne vont pas s’amuser à limiter eux même leurs pouvoirs. Ils risquent même de les accentuer.

Cet éternel conflit d’intérêt, est la source de notre impuissance, et de leurs domination.

C’est pourquoi nous devons impérativement interdire aux politiciens d’écrire la constitution à notre place.

Les ateliers constituants (au sein de l’assemblée constituante ou non) peuvent et devraient être quotidiens. Ils permettraient de tous se former très rapidement, et surtout de se confronter directement aux débats, controverses et conflits qui font partie intégrante de toute démocratie.

Si nous faisons cela à travers tout le territoire, nous nous rendrons vite compte que nous écrivons presque tous à peu près la même chose, et qu’il y a au delà de nos passions individuelles, une raison collective concrète qui se matérialisera dans LA NOUVELLE CONSTITUTION (Elle est en progression dans les esprits, sur les réseaux sociaux, dans les rues, les universités, les usines...etc.) .

Nous devrons alors publier tous ces travaux sur un site dédié, une page ou un blog, à travers la presse …etc. Puis, lancer  un débat national en organisant les controverses de manière neutre, en expliquant les points de vues et les points de désaccords… Cette campagne d’information et d’organisation de la controverse est indispensable à la compréhension des enjeux, et doit précéder la ratification de cette nouvelle constitution qui devra être validée par référendum national, à l’initiative des citoyens et de personne d’autre.

 

LES CONFLITS:

“un démocrate est quelqu’un qui sait qu’il ne détient pas toute la vérité”.

Ils font partie intégrante du processus de concertation. Ils l’enrichissent et le consolident mais peuvent aussi considérablement le ralentir ou le perturber s’ils ne sont pas correctement gérés.

Pour faire de nos conflits une matière de construction plutôt qu’un frein, nous devrons les exposer sans détour, en toute franchise, mais sans s’y attarder. Nous devrons consigner par écrit, tous nos désaccords et les laisser de côté pour avancer sur le reste, de sorte qu’ils ne nous retardent pas. Il faut les confier au temps au lieu qu’ils ne nous en prennent trop.

Si nous faisons cela, nous verrons très rapidement qu’il y a d’un côté, une montagne de consensus (la raison collective) et, un petit tas de désaccords (les passions individuelles, les obsessions sociétales ou  idéologiques …etc.). Nous verrons alors quasi systématiquement les parties en désaccord s’empresser d’aller vers le consensus pour éliminer le petit tas de conflits qui entrave la dynamique des citoyens. Cela les amène en général à lâcher prise et à s’entendre. Il y a un phénomène physique ; le gros tas positif attire vers lui le petit tas négatif et l’absorbe. C’est ce qui se passe dans le cadre de toutes les négociations de contrats. On commence par valider ce qui est consensuel et entendu initialement, avant de discuter les points de litige ou de conflit.

 

OUTILS DÉMOCRATIQUES DE DÉSIGNATION DES REPRÉSENTANTS:

Ce modèle de fonctionnement comporte quatre éléments absents de notre système, qui sont pourtant les piliers de toute démocratie populaire qui se respecte. Ils sont les filtres nécessaires parmi d’autres à une hygiène citoyenne et institutionnelle minimum:

 

a: Le tirage au sort des représentants, des commissions et des chargés de mandats citoyens (filtre de neutralité absolue et impossibilité de suivre et donc de corrompre les candidats puisqu’ils n’existent pas)

b: Les mandats courts et non renouvelables pour les mandataires: (filtre de limitation dans le temps, dynamo de la vergogne et de la pression sociale positive et négative )

c: Rotation des charges citoyennes: fonction pédagogique et de transformation sociale de fond, induisant la dynamique et la participation démocratique de tous, réduisant ainsi les possibilités de réseautage et d’arrangements.(filtre de suivi collectif des dossiers et de contrôle mutuel entre citoyens)

d: La révocation des mandataires par suffrage universel à tout moment en cas d’inefficacité ou d’irrégularité (filtre de sanction citoyenne et de fragilité du pouvoir octroyé par les mandants).

 

QUELQUES CARACTÉRISTIQUES ET POINTS FORTS DE CE MODÈLE PARTICIPATIF :

-Ce modèle part de la base de la société (quartier, communes, daïras, wilayas) comme ce mouvement,

-Il est souple et ouvert à tous donc, réellement démocratique et surtout non corruptible ou du moins, pas de manière durable ni irréversible,

-Il est moins risqué en cas d’erreur ou de mauvaise pioche (assemblées constituantes ouvertes à tous, contrôles réguliers, rotation des charges citoyennes, tirage au sort des représentants, mandats citoyens court et mandataires révocables à tout moment durant leur mandat),

-C’est le seul barrage que nous puissions dresser avec une quasi certitude de résultat (par le nombre et la démarche),

-Ce type de mobilisations politiques et citoyennes, sont celles qui permettront de gagner notre citoyenneté à long terme, puisqu’elles affaibliront l’ennemi continuellement sans épuiser nos rangs, tout en  renforçant notre cohésion,

-C’est un des chemins (par le bas) pour imposer le contre-pouvoir citoyen, objectif et neutre,  par opposition aux contre-pouvoirs artificiels et partisans (l’opposition, les partis, les syndicats…) et échapper ainsi à toute récupération, ou kidnapping politicien de notre révolution,

-Il est aussi un moyen sûr et non violent de perturber leur agenda en imposant le nôtre.

 

Fils du célèbre écrivain , Kateb Yacine, Amazigh Kateb est un auteur-compositeur, interprète et joueur du guembri. Il est un des plus célèbres promoteurs de la musique gnawi en Algérie