MAROC
17/02/2019 17h:57 CET

Gucci s'engage à plus de diversité dans ses équipes

La marque italienne fait face à des accusations de racisme.

ASSOCIATED PRESS

MODE - Après les excuses, les nouvelles résolutions. La semaine dernière, la marque de luxe Gucci a été visée par des accusations de racisme suite à la vente sur son site d’un col roulé rappelant un blackface.

“Donc Gucci sort un pull qui ressemble à un blackface... En plein mois de l’Histoire des Noirs... Pour ensuite publier des excuses parce qu’ils ne savaient pas que l’image d’un blackface est raciste.

Suite à cela, Dapper Dan, styliste new yorkais culte et influent, basé à Harlem, a indiqué sur les réseaux sociaux que lui et un autre membre de l’industrie de la mode locale allaient s’entretenir avec le Directeur général de Gucci, marque avec laquelle il a collaboré en 2018.

“Je suis un homme noir avant d’être une marque”, affirme ce dernier sur son poste Instagram. “Il ne peut y avoir d’inclusion sans responsabilité. Je tiendrais tout le monde responsable”, affirme-t-il.

Suite à cette rencontre, la marque a annoncé une série de mesures pour inclure plus de diversité dans ses équipes. Parmi elles, la création d’un poste de Directeur Global pour la Diversité et l’Inclusion, ainsi que des bourses d’étude par le biais de collaboration avec des écoles de mode à travers le monde, notamment à Beyrouth, Dubai, Beijing, Harlem ou encore Seoul.

Gucci promet également d’employer des designers venant de partout dans le monde pour remplir des positions actuellement vacantes dans leurs bureaux de Rome.

La marque s’engage également à former ses employés “pour leur faire prendre conscience de préjugés culturels et créer un lieu de travail plus inclusif”. Déclaration dans laquelle ils promettent aussi de mettre en place des programmes d’échanges entre leurs bureaux internationaux.

Une réponse qui intervient alors que plusieurs personnalité afro-américaines appellent au boycott de la marque, à l’instar de 50 Cents, qui a publié une vidéo le montrant en train de bruler un T-Shirt estampillé du logo de la marque.

La réponse de Gucci rappelle celles formulées par d’autres marques, également impliquées dans des affaires similaires. Récemment Prada, accusée par des internautes d’avoir vendu un porte-clés rappelant également un Blackface, a engagé la réalisatrice américaine Ava Duvernay (“Selma”, “Le 13e”, “Un raccourci dans le temps”...) comme coprésidente de son Conseil sur la Diversité et “Inclusivité”. Siège qu’elle partagera avec l’artiste afro-américaine Theaster Gates:

“Prada annonce que l’artiste et activiste, Theaster Gates et réalisatrice et productrice Ava Duvernay, seront co-directrices du Conseil de Prada pour la diversité et l’inclusion, pour élever les voix de couleur au sein de l’entreprise et de l’industrie de la mode dans son ensemble.”

Des nominations qui interviennent alors que, à l’heure des réseaux sociaux, les accusations de racisme et appropriations culturelles se multiplient dans le domaine de la mode. Depuis quelques années, des comptes, à l’instar de Diet Prada provoquent régulièrement des crises de communication majeures au sein de géants de la mode.

La dernière affaire en date, en novembre dernier, a touché une autre marque italienne Dolce & Gabbana. Alors qu’elle organisait un immense défilé en Chine, la marque de luxe est vivement critiquée pour une publicité jugée raciste par des internautes chinois. 

L’affaire a pris un tournant pour le pire après la diffusion sur internet de captures d’écran “d’une discussion sur Instagram entre un utilisateur et le styliste star de la marque, Stefano Gabbana, où ce dernier utilise notamment des emojis d’excréments pour traiter la Chine de “pays de merde””, rapporte l’AFPLe créateur affirmera pour sa défense s’être fait “pirater son compte”.

Le défilé sera finalement annulé, et les deux couturiers forcés de s’excuser. La marque ne prendra cependant pas d’initiatives pour éviter tout nouveau scandale dans le futur.