MAROC
20/05/2019 18h:04 CET

Gucci choque (encore) la communauté sikh avec ce turban à 700 euros

En 2018, ce même vêtement avait déjà provoqué un tollé lors de la Fashion Week de Milan.

MODE - Déjà accusé de racisme en février dernier pour un pull évoquant un “blackface”, Gucci se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. En cause cette fois-ci un turban sikh mis en vente la semaine dernière sur le site des magasins Nordstrom. Prix d’achat: 790 dollars. 

La communauté sikh a vivement réagi sur les réseaux sociaux, pointant du doigt le “manque de respect” de cet “accessoire”, vendu sous le nom de “Indy Full Turban”. À travers le monde, le sikhisme rassemble plus de 20 millions de fidèles et pour eux, le dastar est un symbole religieux très fort. 

“Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi Gucci a pensé que vendre un turban à 790 dollars était une bonne idée ? Ce n’est pas un simple ‘accessoire de mode’. Ça ne va pas”.

 

“Gucci doit comprendre ce qu’un turban signifie pour nous... en quoi c’est important. Peut être alors qu’ils décideront de le retirer... peut-être...”

 
 

“L’une des raisons pour lesquelles les Sikhs portent des turbans est de promouvoir l’égalité. C’est insultant, premièrement de simplifier notre religion à un accessoire de mode, et deuxièmement, de le vendre plusieurs centaines de dollars. Ce n’est pas culturel, mais plutôt de l’appropriation religieuse.”

Excuses en attente

En février 2018, l’enseigne italienne avait déjà été accusée d’appropriation culturelle pour des turbans portés lors de la Fashion Week de Milan.

“Salut  Gucci, je ne plaisante pas avec les vous les gars, ce n’est pas un bon look pour vous... vous pourriez trouver un mannequin indien?”

Contacté parLe HuffPost américain, le think tank Sikh Coalition a précisé que Nordstrom avait promis d’arrêter de commercialiser ce produit, sans omettre de présenter “leurs sincères excuses”. Le “Indy Full Turban” est d’ailleurs marqué “sold-out” (épuisé) sur leur site web. 

Pour l’heure, Gucci n’a pas réagi à la controverse. Lors de l’épisode du “blackface” en février dernier, l’enseigne de couture italienne avait publié un mea-culpa sur Twitter, précisant considérer “que la diversité est une valeur fondamentale qui doit être pleinement défendue, respectée et au premier plan de toutes les décisions que nous prenons”.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.