TUNISIE
27/12/2018 18h:16 CET

Grève générale du 17 janvier: Les solutions proposées par le gouvernement satisferont-elles l'UGTT?

“Nous ne sommes pas là pour susciter la pitié de qui que ce soit, et nous n’acceptons pas les miettes” a affirmé Noureddine Taboubi.

NurPhoto via Getty Images

Face aux protestations de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), et la grève générale du 17 janvier prochain décidée par celle-ci, le gouvernement, dans un effort de calmer les esprits, a donné une idée sur les augmentations dans les salaires de la fonction publique, qui seront consenties, selon une déclaration du ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, à l’antenne de Shems FM.

Trabelsi a expliqué que plus de 400 millions de dinars seront consacrés à ces augmentations, lesquels assureront des hausses de 40 à 80 dinars dans les salaires.

Il a ainsi ajouté que le gouvernement attendra la réponse de l’UGTT à ce sujet.

“Nous attendons la réaction de l’UGTT. Ceci permettra de poursuivre les négociations” a déclaré Trabelsi, indiquant que ces augmentations feront office de ce qu’il a qualifié d’ “avance”.

“Ceci n’est qu’une première étape, une sorte d’avance, en attendant la poursuite du dialogue dans une deuxième étape” a-t-il ajouté.

Suffisant pour satisfaire l’UGTT?

Lors d’un meeting organisé jeudi, le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi n’a pas mâché ses mots, et a clairement montré les attentes de la centrale syndicale.

“Nous ne sommes pas là pour susciter la pitié de qui que ce soit, et nous ne sommes pas dignes de miettes. Nous n’acceptons pas les miettes” a-t-il déclaré, expliquant qu’il est principalement question de la détérioration du pouvoir d’achat, et non d’augmentations salariales.

“Vous en êtes responsables!” a-t-il sermonné le gouvernement, avant d’ajouter: “ils ont dit que nous souhaitons faire tomber le gouvernement, et bien nous ne voulons faire tomber personne, nous croyons en la démocratie et nous respectons le choix du peuple”.

Le secrétaire général de l’UGTT avait enchaîné les mises en garde contre la “dangerosité” de la situation sociale du pays, affirmant que la grève du 17 janvier prochain “marquera un tournant dans l’histoire du pays.”

“Cette grève sera bien différente de celle du 22 novembre 2018”, avait-il déclaré, expliquant que la situation actuelle, profondément nourrie par les frustrations et la nonchalance, va de mal en pis.

Pour le syndicaliste, janvier prochain sera brûlant tant que “les politiciens et les institutions de l’État n’auront pas retrouvé la raison et n’auront pas fait de concession”.

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