TUNISIE
22/11/2018 12h:22 CET

Grève générale de la fonction publique: Devant l'hôpital Salah Azaiez, l'incompréhension des patients

Si certains patients comprennent les revendications des agents de la fonction publique, ils ne comprennent pas pourquoi, ils devraient en payer le prix.

Facebook / Lilia Khedhira Belcaid

La grève de la fonction publique, jeudi, a causé incompréhension et colère auprès de nombreux patients, souvent venu de loin pour voir un médecin, a constaté le HuffPost Tunisie.

“Je viens de Chaouat (NDLR: dans le gouvernorat de la Manouba) pour faire examiner une boule que j’ai à l’oeil. On a pris rendez-vous depuis plus de 2 mois. C’est inacceptable. J’ai mis toutes mes économies pour venir passer deux jours à Tunis pour voir des médecins” a regretté Tayma, jeune maman trentenaire, qui souffre de troubles de la vision depuis la fin du mois d’août.

Pour elle, comme pour d’autres patients attroupés devant l’hôpital, la grève de la fonction publique ne devait pas concerner les hôpitaux: “On nous dit que seul un service minimum est assuré dans les urgences. Ce n’est pas mon problème! Pour obtenir un rendez-vous dans un hôpital public, il faut parfois attendre des mois, quitte à en crever entre temps. Là, on m’a dit de reprendre rendez-vous. Il faudra que j’attende encore des mois pour voir un médecin” s’emporte Salah, cinquantenaire, souffrant de troubles respiratoires, venu pour un scanner.

Si tous deux affirment comprendre les revendications des agents de la fonction publique, ils ne comprennent pas pourquoi, ils devraient en payer le prix: “Ils veulent une hausse des salaires? Que Dieu leur vienne en aide. Mais, qui se soucie de moi? Je vis à des kilomètres de l’hôpital, je met mes économies pour venir, et ensuite, on me dit qu’ils souhaitent gagner encore plus que ce que moi et mon mari gagnons en 3 mois de travail” déplore-t-elle.

Même son de cloche du côté de Salah: ”De quelle administration vous me parlez? De celle qui a refusé une dizaine de fois une autorisation pour un petit kiosque pour que je puisse subvenir à ma famille, et qui l’a donnée a un autre qui a été capable de donner du bakchich? Qu’ils fassent grève ou qu’ils déguerpissent du pays, ce n’est pas mon problème. Mon problème est que je dois voir un médecin, grève ou pas!”.

En effet, selon le personnel de l’hôpital Salah Azaiez, une équipe réduite est présente aux urgences pour gérer les “cas les plus graves. Si ce n’est pas urgent, on ne peut malheureusement rien faire, excepté prendre un autre rendez-vous ou revenir demain pour certains services comme la radiologie ou les analyses” explique-t-on au HuffPost Tunisie, rassurant tout de même sur la présence d’un personnel hospitalier minimal dans les différents services de l’hôpital.

“Vous connaissez nos salaires, nos conditions de travail, mais c’est pas pour ça qu’on fait grève, on n’est pas les plus à plaindre. C’est surtout par principe, par solidarité et pour une meilleure qualité du service public” a expliqué un membre du personnel hospitalier.

Selon le secrétaire général de la Fédération de la Santé à l’UGTT Othman Jallouli, un document sur la manière dont la grève doit être gérée dans les hôpitaux a été envoyée aux établissements publics concernés: “Les services ayant un caractère urgent sont assurés. Dans tous nos hôpitaux, les services d’urgence et ceux nécessitant une attention et des soins particuliers, le service est garanti” a-t-il déclaré à la radio Mosaïque Fm.

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