TUNISIE
16/01/2019 22h:06 CET

Grève de la fonction publique: Youssef Chahed affirme ne pas avoir fait "le choix de la facilité" en ne cédant pas à l'UGTT

“Toutes les questions sociales se résolvent par le dialogue, et nous appellerons à nouveau notre partenaire social au dialogue"

Le chef du gouvernement s’est adressé, mercredi, aux Tunisiens, en marge de la grève générale de la fonction publique et du service public décrétée, jeudi, par l’Union Générale Tunisienne du Travail.

“C’est une décision qui nous désole. Cela nous désole parce que la grève coûte cher surtout dans la situation actuelle du pays mais aussi parce que nous, le gouvernement, avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour l’éviter” a-t-il affirmé.

“Nous avons présenté des solutions sérieuses pour éviter la grève, des propositions qui auraient amélioré le pouvoir d’achat des citoyens et qui seraient conformes au budget de l’État” a-t-il continué confirmant que la proposition du gouvernement incluait les fonctionnaires actifs mais également les retraités.

“Il nous importe que les retraités soient bien payés. Les fonctionnaires sont les piliers du pays, on compte sur eux pour le tirer vers le haut. Il nous importe également que les retraités aient des pensions confortables, après avoir donné leur vie au pays” affirme Youssef Chahed qui nuance cependant: “Si la hausse des salaires n’est pas accompagnée d’une croissance suffisante, malheureusement cela n’aura pas les effets escomptés”, citant en exemple les différentes hausses successives de salaires depuis la révolution, qui, en l’absence de croissance n’ont pas donné de résultat.

Pire encore, “cela a créé de l’inflation, un déficit, à une baisse du pouvoir d’achat, et ce sans parler des conséquences sur la baisse du dinar et le TMM” analyse le chef du gouvernement.

Pour lui, en acceptant les conditions de l’UGTT, l’État aurait été contrait d’emprunter encore plus d’argent et à s’endetter: “Si pour augmenter les salaires, nous devons taxer encore plus les citoyens, c’est quelque chose que nous refusons”.

“Le choix le plus facile aurait été de signer sur une hausse des salaires, quelque soit son ampleur, et laisser le prochain gouvernement se débrouiller. Mais ce genre de comportement est irresponsable (...) Et nous n’avons pas fait le choix de la facilité” indique Chahed.

Décrivant l’UGTT comme un partenaire avec lequel continueront les discussions pour “l’intérêt national”, Youssef Chahed affirme que le droit de grève est un droit garanti par la Constitution et qu’il respecte la décision prise par la centrale syndicale: “Toutes les questions sociales se résolvent par le dialogue, et nous appellerons à nouveau notre partenaire social au dialogue pour qu’ensemble, nous fassions prévaloir l’intérêt national”.

“Je veux rassurer les Tunisiens (...) l’État est garant pour accorder un service minimum pour les intérêts vitaux des citoyens.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.