TUNISIE
17/01/2019 10h:00 CET

Grève de la fonction publique: Le gouvernement réquisitionne les fonctionnaires, "une atteinte au droit de grève" selon l'UGTT

“Nous répondrons légalement à ce décret (...) qui veut atteindre un droit constitutionnel qui est le droit de grève” a affirmé Sami Tahri.

NurPhoto via Getty Images

En marge de la grève générale de la fonction publique et du service public, qui a débutée, jeudi à minuit, la présidence du gouvernement a publié au Journal Officiel un décret, par lequel les fonctionnaires de certains établissements sont réquisitionnés afin d’assurer la continuité du service public.

Parmi les fonctionnaires concernés par cette réquisition, l’on retrouve par exemple: les agents des ministères de l’Intérieur et de l’Équipement, ceux de la direction régionale de l’équipement de Médenine, ceux de la Société d’Exploitation du Canal et des Adductions des Eaux du Nord (Secadnord), ceux de l’Agence Technique des Transports Terrestres, ceux de la société Ellouhoum, ceux de l’Institut National de la Météorologie, ceux de l’Office National des Postes, ceux de la Société nationale des chemins de fer tunisiens, ceux du Centre national de l’Informatique pour l’enfant, ceux de l’Office National de la Télédiffusion, ou encore ceux de l’Office de l’aviation civile et des aéroports.

Selon le décret publié au Jort, si les agents en question ne se conforment pas à ce décret, des sanctions pourront être prises à leur encontre, conformément aux lois en vigueur.

Pour l’UGTT, cette décision est illégale

Le secrétaire général adjoint de l’UGTT Sami Tahri a estimé, jeudi, que cette décision du gouvernement était illégale, “d’abord au niveau du timing de sa publication puisqu’elle n’a pas donné le temps nécessaire aux agents de se préparer à cette réquisition”.

Ensuite, alors que le Journal officiel n’est généralement publié que les mardis et vendredis, il a été publié mercredi estime Sami Tahri: “Sur la forme, c’est une première qu’un arrêté soit publié ainsi contre les travailleurs alors que les décrets qu’ils attendent dans de nombreuses affaires sont encore en suspens”.

Enfin, selon Sami Tahri, d’un point de vue légal, “le décret aurait dû mentionner les catégories visées par cette réquisition car celle-ci n’est pas obligatoire pour tous les établissements mais seulement pour un nombre minimum d’agents qui doivent assurer la continuité”.

“Nous répondrons légalement à ce décret (...) qui veut atteindre un droit constitutionnel qui est le droit de grève” a-t-il conclu.

Au niveau des travailleurs, plusieurs agents ont refusé de se soumettre à cette réquisition du gouvernement. Tel est le cas par exemple à la Société Nationale des Chemins de Fer tunisiens comme l’a déclaré le secrétaire général de la Fédération des chemins de fer. 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.