ALGÉRIE
22/05/2018 13h:57 CET | Actualisé 22/05/2018 14h:03 CET

Greffe rénale : un statu-quo qui risque de devenir fatal à l’établissement hospitalier de Constantine

Pionnier en matière de greffe rénale en Algérie avec 6 greffes réalisées sur cadavre, dont la première remonte à décembre 2002, ce centre hospitalier voit aujourd’hui ses activités gelées

Davizro via Getty Images

Centre transplanteur par excellence, l’établissement hospitalier spécialisé (EHS) d’uro-nephrologie et de transplantation rénale de Constantine en est réduit actuellement à un simple service d’hémodialyse, dommageable aux patients éligibles à la greffe, en raison d’un statu-quo qui risque de lui devenir fatal.

Pionnier en matière de greffe rénale en Algérie avec 6 greffes réalisées sur cadavre, dont la première remonte à décembre 2002, ce centre hospitalier voit aujourd’hui ses activités gelées, une situation que regrette Badrou Rahab, le président de l’association des greffés de Constantine, l’un des tous premiers greffés de l’EHS.

“La greffe rénale est à l’arrêt à Constantine à cause d’entraves existant au niveau du service de transplantation rénale”, précise-t-il mettant notamment l’accent sur ”’absence de rendement du médecin chef du service, depuis 12 années et contraignant l’EHS à trouver une solution de substitution, en transférant les malades vers les wilayas de Annaba et Batna”.

Abondant dans le même sens, Laid Benkhedim, le directeur local de la Santé, fait, lui aussi, état  “d’entraves” au niveau du service de transplantation rénale, qu’il impute au médecin chef de service, en dépit, dit-il, de la disponibilité de “tous les moyens humains et matériels nécessaires”.

Ce dernier fait savoir qu’un rapport a été transmis au ministère de la Santé, en vue d’une solution à ce grave problème.

Approché à son tour l’APS, le médecin chef de service d’urologie et de transplantation rénale à l’EHS le Pr. Abderrezak Dahdouh se défend de faire entrave aux opérations de greffe rénale, dont il confirme qu’elles sont suspendues depuis plusieurs années à Constantine, l’expliquant par “une crise de gestion” au niveau de cet établissement. Signalant avoir informé le ministère de la Santé de la situation, ce spécialiste affirme, d’autre part, que le statu quo n’est pas lié à l’incompétence et à l’absence de volonté, “mais à un manque de moyens” qui ferait courir des  risques aux patients en attente d’une greffe.

Depuis sa première greffe rénale réalisée le 7 mai 2000, l’EHS Dr Abdelkader Boucherit a eu à comptabiliser une centaine de greffes, en plus d’une douzaine d’autres par “procuration”, effectuées depuis 2016 dans les services de néphrologie des CHU d’Annaba et Batna.

Fort d’une équipe de 10 chirurgiens, son service de transplantation rénale n’a effectué “aucune greffe rénale depuis 2014 et ce, en dépit de l’existence de trois salles opératoires fonctionnelles, conformes et dotées d’équipements modernes”, signale Abdelghani Fadel, le directeur de cette structure sanitaire.

Comptabilisant un effectif global de 447 personnes, l’avenir de l’EHS d’uro-nephrologie et de transplantation rénale de Constantine attend désormais une réaction de la tutelle, considérant qu’il a les “reins suffisamment solides” pour réactiver la greffe rénale.

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