TUNISIE
06/12/2018 10h:18 CET | Actualisé 06/12/2018 11h:02 CET

Grâce présidentielle pour Borhen Bsaies? "Rien d'officiel" explique son avocat

Il estime cependant qu’il est possible que celle-ci soit octroyée “dans un jour ou deux voire une semaine"

Borhen Bsaies/FB

Depuis quelques jours, une rumeur sur une possible grâce présidentielle exceptionnelle accordée au chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes Borhen Bsaies a enflé sur les réseaux sociaux.

Son avocat, Mounir Ben Salha, a affirmé jeudi, qu’il n’y avait “rien d’officiel”.

“Nous avons fait une demande pour une grâce présidentielle de la part du président de la République, vu que ce pouvoir lui est octroyé par la loi” a expliqué l’avocat de Borhen Bsaies.

“Le dossier avance à petits pas mais à notre connaissance, aucune décision de grâce de la part du président de la République au profit de Borhen Bsaies n’a été prise à ce jour” a-t-il continué.

Niant l’officialisation de cette grâce, il estime cependant qu’il est possible que celle-ci soit octroyée “dans un jour ou deux voire une semaine. Cela est plus que probable”.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont crié à l’injustice face à cette probable grâce, certains estimant que celle-ci à une visée politique, dans un contexte de tension entre la présidence de la République et la présidence du gouvernement.

Cet internaute estime injuste la grâce qui sera accordée à Borhen Bsaies malgré les crimes qu’il a commis alors que “jeunes innocents sont en prison” et ne profitent pas d’une grâce présidentielle.

“La grâce pour Borhen Bsaies est-ce pour visée électoraliste ou juste pour montrer que Béji Caid Essebsi a encore de l’influence?”

“Ce qui serait drôle c’est qu’après sa grâce présidentielle, Borhen Bsaies rejoigne Youssef Chahed...”

 

Ces internautes estiment  qu’il y a des personnes “bien plus prioritaires” que Borhen Bsaies, qui devraient obtenir une grâce présidentielle.

 

Le chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes a été condamné en octobre dernier par la Cour d’appel de Tunis à 2 ans de prison ferme, et a été arrêté par une patrouille de police.

Le Tribunal de Première Instance de l’Ariana avait déjà condamné, le chargé des affaires politiques du parti Nidaa Tounes à 2 ans de prison ferme et d’une amende de 198.000 dinars dans l’affaire de la Société Tunisienne D’entreprises et de Télécommunication (SOTETEL), filiale de Tunisie Télécom. Mais son avocat avait fait appel, ce qui a suspendu la décision.

Borhene Bsaies avait été condamné en première instance pour avoir occupé un poste d’emploi fictif au sein de la SOTETEL pendant 6 ans. Il est accusé “d’usage de son statut pour l’acquisition de profits pour lui et pour des proches ainsi que pour mauvaise gestion administrative” et ce, conformément à l’article 96 du code pénal rapporte Express Fm.

 

Une plainte avait été déposée contre lui par des agents de la SOTETEL en mai 2011. Un mandat de dépôt avait été émis à son encontre en 2013 mais avait été libéré à la suite du paiement d’une caution.

Intervenant sur la radio Shems Fm, un de ses avocats Wissem Saidi avait alors nié le caractère fictif de l’emploi de Borhene Bsaies au sein de la SOTETEL indiquant que celui-ci travaillait en tant qu’ “attaché administratif”.

Il avait affirmé que contrairement aux motifs de la plainte déposée par plusieurs agents de la SOTETEL, son client était bel et bien employé de la société ayant “des factures téléphoniques prouvant qu’il y a travaillé pendant 6 ans”. 

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