ALGÉRIE
17/07/2019 09h:39 CET

GNL: l'Algérie possède les potentialités pour exporter vers l'Asie

Nacerdine ZEBAR via Getty Images

Les potentialités de l’Algérie, qui vient de prolonger ses contrats gaziers avec l’Europe via notamment l’Italie et l’Espagne, lui permettent d’exporter du Gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Asie et l’Afrique, a indiqué mardi le spécialiste des questions énergétiques, Mustapha Mekideche.

“Le renouvellement des contrats gaziers de long terme avec les pays européens, notamment avec les deux premiers clients, l’Espagne et l’Italie, est une bonne nouvelle car elle consolide nos parts de marché dans cette région du monde”, a déclaré M. Mekideche à l’APS. 

Selon lui, l’Algérie devrait penser désormais à intégrer le marché asiatique et à renforcer sa présence sur le marché africain des hydrocarbures notamment pour ce qui est du GNL.

Cela nécessite, néanmoins, un élargissement des réserves nationales et une augmentation de la production en gaz naturel conventionnel et non conventionnel afin de sécuriser les engagements du pays vis-à-vis de ses clients étrangers et d’assurer la sécurité énergétique nationale.  

M.Mekideche a recommandé également une levée des “contraintes” pesant encore sur le secteur de l’énergie à travers une nécessaire “stabilisation” du management et une révision de la loi sur les hydrocarbures, notamment.

Interrogé sur le retard accusé par l’Algérie dans la réalisation de sa transition énergétique, il a tenu à souligner que les fondamentaux de cette transition avaient “tous de gros retards dans leur mise en œuvre”.

Il s’agit de la rationalisation du modèle de consommation énergétique par une politique tarifaire appropriée, qui permet d’éviter le gaspillage et la fuite aux frontières du fait de prix relatifs asymétriques avec les pays voisins, ainsi que l’efficacité énergétique à la fois dans l’industrie, les transports et l’habitat.

Il a également évoqué, dans ce même sens, l’impératif développement des énergies renouvelables notamment l’électro-solaire pour l’essentiel.

Concernant la rationalisation du modèle de consommation énergétique, M. Mikideche a déploré le fait qu’”à ce jour, aucun gouvernement (algérien) n’a pris le risque de questionner sérieusement la structure obsolète des prix de l’énergie que ce soit l’électricité ou les carburants”, ajoutant que “les seuls ajustements opérés à ce jour ne sont que marginaux”.

S’agissant de la promotion des énergies renouvelables, il a expliqué le retard accusé dans la mise en œuvre du programme national de développement de ces énergies propres par un problème d’ordre technologique puisque la proportionnalité entre le concentré solaire, sur lequel est basé le programme, et les conditions de stockage de l’énergie produite, fait défaut.

Pour ce qui est de la seconde raison de ce retard, il a évoqué la contrainte de financement et l’exigence d’intégration nationale qui augmente les coûts.

“A l’inverse, la diminution significative des coûts de production dans le photovoltaïque rend la faisabilité des opérations décentralisées plus rapide et plus facile, mais sans production de masse d’énergie électro-solaire”, a-t-il soutenu.

Rappelant qu’à ce jour, plus de 95% de la génération de l’électricité en Algérie provenaient du gaz naturel, M. Mekideche a estimé que le passage significatif à l’électricité à partir du solaire doit être encouragé même si cela nécessite du temps.

“En attendant, construisons les capacités scientifiques, technologiques et industrielles qui permettront à notre pays d’être non seulement consommateur et exportateur, le cas échéant, d’énergies renouvelables, mais avec un taux d’intégration significatif”, a-t-il avancé.

L’expert a tenu à rassurer qu’il n’y avait pas qu’en Algérie où le développement des énergies renouvelables n’avançait pas au rythme souhaité.

Il a cité, à ce titre, le cas de l’Allemagne où le charbon existe toujours et de la France où l’électronucléaire se maintiendra jusqu’à 2050, en vertu de leurs lois sur la transition énergétique.

Les Etats-Unis, eux aussi, maintiennent un rythme élevé dans leurs productions d’hydrocarbures conventionnels et non conventionnels. On le voit également dans la hausse de la demande mondiale en gaz naturel qui a progressé en 2018 à un taux, jamais atteint, de 5%, a-t-il fait savoir.