06/02/2019 14h:39 CET | Actualisé 06/02/2019 14h:39 CET

Gilets jaunes: Un sit-in en solidarité avec le mouvement devant l'ambassade de France à Rabat

La décision du sit-in “répond à l’appel des syndicats français".

AIC Press

SIT-IN - Solidarité oblige. Des militants d’associations, de partis et de syndicats, tous membres du Réseau démocratique marocain de solidarité avec les peuples, ont manifesté, hier, leur soutien au mouvement “Gilets jaunes”.

De 17h30 à 18h30, ils ont observé, ce mardi 5 février, un sit-in devant l’ambassade de France à Rabat. Reprenant les mêmes slogans et brandissant les images des gilets jaunes blessés au cours des manifestations à Paris, le Réseau estime qu’il est de son devoir d’exprimer son soutien au mouvement français. “C’est une coutume au sein du réseau que de témoigner de sa solidarité avec les peuples dont les droits élémentaires sont violés. Tout récemment, nous avions observé un sit-in avec le peuple soudanais contre la répression et, bien avant, avec le peuple grec au moment de sa crise financière, et nous le faisons régulièrement avec le peuple palestinien contre l’occupation israélienne”, déclare au HuffPost Maroc le coordinateur national du réseau, Mohamed Ghafri.

Une mission que le réseau poursuit avec ce nouveau sit-in pour les gilets jaunes. Il avait d’ailleurs lancé un appel à mobilisation avec ces derniers le 3 février dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Il y avait précisé que la décision du sit-in “répond à l’appel des syndicats français à observer une grève générale le 5 février en soutien au mouvement ‘Gilets jaunes’ et en contestation de la politique d’austérité et de censure qu’adopte le président Macron”.

“La France s’est battue avec force pendant des siècles pour les libertés surtout celle d’expression. Or, aujourd’hui, cette dernière se retrouve face à la censure, la répression et les interpellations des gilets jaunes. Le droit de manifester est bafoué!”, constate Mohamed Ghafri, précisant que le réseau défend la manifestation pacifique. “Mais les dérives, qui ont eu lieu au cours des manifestations des gilets jaunes sont dues, parfois, à la répression”, soutient-il toutefois.

Par la voie de son sit-in, le réseau condamne donc le non respect du droit de manifester, estimant qu’il s’agit d’“un principe de base à toute liberté d’expression” et s’oppose ainsi aux interdictions administratives de manifester au nom de la loi dite “anticasseurs” adoptée par l’Assemblée nationale française le jour même (5 février).

Son soutien, le réseau le légitime également par son adhésion au large mouvement des défenseurs de la démocratie à travers le monde. “Les militants français ont toujours témoigné leur solidarité vis-à-vis des mouvements sociaux au Maroc, dont je citerais entre autres, les coordinations contre la vie chère et le Mouvement du 20 février. Et c’est donc tout naturel que nous en fassions de même”, estime le coordinateur national du réseau.

Leurs causes communes les lient et relient à travers les pays. Pour le réseau, les revendications des gilets jaunes sont celles de tous. “Elles portent sur la dignité humaine basée sur les droits économiques, sociaux, environnementaux et politiques. Et, dans cela, nous sommes solidaires avec les peuples du monde entier”, rappelle-t-il.

Ce n’est donc pas un hasard qu’au cours de son sit-in, les participants aient scandé des slogans anti Trump. “Nous avons, en fait, dénoncé la politique de Macron envers le peuple français mais aussi à l’extérieur de son pays, au Venezuela. Face à ce pays, le président français prend exemple sur son homologue américain, ce que nous contestons. Et nous avons tenu à le dire, estimant l’occasion propice”, explique Mohamed Ghafri.