ALGÉRIE
31/03/2018 09h:37 CET | Actualisé 31/03/2018 10h:57 CET

Ghaza: les Palestiniens poursuivront leur protestation après une première journée meurtrière

Ibraheem Abu Mustafa / Reuters

Les Palestiniens poursuivront ce samedi leur mouvement de protestation à la frontière de la bande de Ghaza, au lendemain d’une journée parmi les plus meurtrières de ces dernières années: 16 Palestiniens ont tués par des tirs de l’armée de l’occupation israélienne.

Des dizaines de milliers de Palestiniens, des femmes et des enfants, ont convergé vendredi le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Ghaza d’Israël dans le cadre de “la grande marche du retour”. 

Ce mouvement de protestation durera six semaines pour exiger le “droit au retour” des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Ghaza.

Des dizaines de Palestiniens se sont approchés à quelques centaines de mètres de cette barrière ultra-sécurisée, régulièrement le théâtre de heurts sanglants contre les habitants de l’enclave par les soldats. Ces derniers ont tiré des balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène.

Selon le ministère de la Santé dans la bande de Ghaza, 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1.410 blessés dans les affrontements avec l’armée israélienne. 

Samedi, les citoyens et institutions palestiniennes étaient en grève dans l’ensemble des territoires occupés, en réponse à l’appel du gouvernement pour dénoncer le décès de 16 martyrs et exprimer le deuil.

Dans un discours vendredi, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré qu’il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts.

Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un “usage disproportionné” de la force. La Ligue arabe, l’Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne.

Washington s’est déclaré pour sa part “profondément attristé par les pertes humaines à Gaza”, selon un tweet de Heather Nauert, la porte-parole de la diplomatie américaine, exhortant “ceux impliqués à prendre des mesures pour faire diminuer les tensions”.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence vendredi soir, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence mais n’est pas parvenu à s’entendre sur une déclaration commune.

“Il y a une crainte que la situation puisse se détériorer dans les prochains jours”, a mis en garde Taye-Brook Zerihoun, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires politiques, appelant à la retenue maximale. 

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion ―la Pâque juive a commencé vendredi soir― synonyme d’absence de responsables israéliens.

En fin de journée, l’armée israélienne a dit avoir frappé trois positions du mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Ghaza, en représailles à “une tentative d’attaque de ses soldats par des manifestants”.

La “grande marche du retour” a lieu à l’occasion de la “Journée de la Terre”, qui marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens pendant des manifestations contre la confiscation de terres par Israël. Les Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés sur place à la création de l’Etat d’Israël en 1948.

Mohammed Salem / Reuters

 

 Un porte-parole de l’armée israélienne a évalué à 30.000 le nombre des manifestants vendredi.

“L’armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Ghaza, toute activité dans ce secteur requiert son autorisation”, a déclaré ce porte-parole.

Les dirigeants militaires et politiques israéliens avaient prévenu que l’armée de l’occupation n’hésiterait pas à donner l’ordre d’ouvrir le feu à des tireurs d’élite en cas de tentative d’infiltration sur le “territoire israélien”.

La police israélienne a par ailleurs indiqué avoir eu recours à un drone pour larguer du gaz lacrymogène sur les manifestants.

 

Mohammed Salem / Reuters

 

L’une des préoccupations de l’occupant face au mouvement de protestation est la tentative, spontanée ou non, de forcer la barrière frontalière, peut-être à l’occasion d’une marche massive avec des femmes et des enfants.

L’armée d’occupation a dit avoir déployé d’importants renforts à la frontière pour empêcher des “infiltrations” notamment au cours de la célébration de Pessah, la Pâque juive, à partir de vendredi soir.

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