ALGÉRIE
29/11/2015 15h:23 CET | Actualisé 29/11/2015 15h:26 CET

Nezzar, Benflis, Hanoune, les réactions à la condamnation du général Hassan deviennent véhémentes

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La condamnation jeudi 26 novembre du général Hassan à cinq ans de prison par le tribunal militaire d'Oran pour les délits de "destruction de documents" et d'"infraction aux consignes militaires" suscite des réactions d'une véhémence sans précédent contre une décision de la justice militaire.

Après le général Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense et membre du Haut Comité d'Etat qui a dénoncé, samedi 28 novembre, une "condamnation criminelle et infamante qui jette l’opprobre sur le général Abdelkader Aït Ouarabi (dit Hassan) et sa famille", c'est au tour de Louisa Hanoune de monter au créneau ce dimanche pour flétrir "une décision infâme, odieuse, terrifiante."

Le général Nezzar qui s’est dit interpellé en sa qualité de militaire, d’ancien chef d’état-major et d’ancien ministre de la défense a dénoncé un acharnement contre le général Hassan alors que ce qu’on lui reprochait "méritait, tout au plus, une sanction militaire de quelques jours de forteresse."

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L’ancien ministre met en relief le contexte du procès qui, écrit-il, intervient "à ce moment précis où des turbulences sont constatées au plus haut sommet de l’Etat – la maladie du Président, la course effrénée pour le pouvoir, la lutte des clans et j’en passe."

Khaled Nezzar: "quelque chose va mal dans la "maison Algérie"

"Quelque chose va mal dans la "maison Algérie" ajoute l’ancien ministre de la défense qui demande à ce que le président "y mette un terme pour le bien de tous et la stabilité de la nation."

"Je me pose la question, en cette période d’incertitudes, de savoir si le général Hassan n’a pas servi d’alibi aux "commandeurs" de cette mascarade" poursuit le général Nezzar qui révèle que l’ancien chef du DRS, le général Mohamed Médiene dit Toufik avait adressé une correspondance à Bouteflika pour expliquer "les tenants et les aboutissants de cette affaire. "

Le général Toufik, a-t-il assuré, "avait souligné qu’en tant que chef hiérarchique direct du général Hassan, il était responsable de tout ce qui pouvait être reproché à ce dernier et qu’en conséquence, il en assumait l’entière responsabilité. Il n’y a pas eu de réponse ce jour… "

Louisa Hanoune: "une parodie orchestrée par le pouvoir parallèle"

Louisa Hanoune qui est députée et jouit donc de l'immunité parlementaire a été particulièrement virulente contre un verdict qu'elle qualifie de "parodie de justice orchestrée par le pouvoir parallèle."

La secrétaire général du Parti des Travailleurs affirme que ce n'est pas seulement "l'honneur du général Hassan qui a été souillé". C'est, a-t-elle affirmé, celui du peuple algérien qui "a été violé" à travers une décision "infâme, odieuse, terrifiante... scandaleuse, révoltante...".

Elle a également avoir révélé avoir parlé début 2014 du cas du général Hassan avec le président Bouteflika. Le chef de l'Etat, affirme-t-elle, "m'a témoigné que le général Hassan est un patriote" et son "affaire est désormais classée". Une preuve pour elle que le procès est le fait d'un "pouvoir parallèle" qui a "osé" condamné le général Hassan alors que "ce sont Chakib Khelil et ses associés qui ont créé une association de malfaiteurs et qui sont comptables devant la justice"

Il s'agit, a-t-elle affirmé, d'une "criminalisation du patriotisme, de la compétence, de la fidélité et de l'abnégation". La condamnation du général Hassan, a-t-elle poursuivi est "une offre de service au terrorisme et à ses groupes. Cette "parodie de justice.... aggrave la perte de l’immunité du pays".

Le chef du Parti Avant-gardes des Libertés, Ali Benflis, ex-Premier ministre et ex-ministre de la Justice a évoqué "une épuration politique pour crime de non-allégeance" en soulignant que "l'opacité totale qui entoure cette affaire et l'absence de toute communication officielle à son sujet" suggèrent "des arrières pensées et des manipulations de la part du régime".

Me Mokrane Ait-Larbi, a dénoncé des "violations des droits de la défense" et a assuré qu’un des témoins à charge était "un grand trafiquant qui fait l'objet de plusieurs mandats d'arrêt".

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