29/01/2019 11h:36 CET | Actualisé 29/01/2019 11h:36 CET

Gazoduc Maroc-Nigéria: L'étude de faisabilité achevée, le projet passe à la vitesse supérieure

On en sait plus sur l'avancement du projet.

PHILIP OJISUA via Getty Images
Le président nigérian Muhammadu Buhari (à droite) serre la main du roi du Maroc Mohammed VI à son arrivée au palais présidentiel à Abuja, le 2 décembre 2016.

ÉCONOMIE - Du nouveau dans l’avancement du projet de gazoduc entre le Maroc et le Nigéria. Le ministre nigérian d’État aux ressources pétrolières, Emmanuel Ibe Kachikwu, a déclaré lundi 28 janvier que l’étude de faisabilité du projet avait été achevée en juillet 2018 et que la phase 1 des pré-études de détail (“front-end engineering design” ou FEED) devrait être achevée d’ici la fin du premier trimestre 2019.

Cette annonce a été faite lors du Nigeria International Petroleum Summit, qui se tient du 27 au 30 janvier à Abuja, la capitale nigériane, rapportent plusieurs médias locaux.

Le Dr Maikanti Baru, directeur général de la compagnie pétrolière nationale du Nigéria (NNPC), a également déclaré lors de ce sommet que l’étude de faisabilité du gazoduc qui traversera au moins 15 pays d’Afrique de l’Ouest et reliera le gazoduc existant en Europe est terminée et que la pré-FID (décision finale d’investissement), une étude d’optimisation des nouvelles installations, était en cours. 

“Aujourd’hui, le Nigeria et le Maroc collaborent dans le but de construire ensemble un gazoduc qui traversera au moins 15 pays d’Afrique de l’Ouest (avec prises et sorties) et qui sera connecté au gazoduc existant entre le Maghreb et l’Europe dans le nord du Maroc”

5.660 kilomètres d’est en ouest

Après l’annonce du projet en décembre 2016, le Nigéria et le Maroc avaient signé, en juin 2018 à Rabat, des accords relatifs à la construction de ce gazoduc régional qui permettra au Nigéria de fournir du gaz aux pays de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest, et qui s’étendra jusqu’au Maroc et à l’Europe.

Le gazoduc, d’une longueur de 5.660 kilomètres, réduira le torchage du gaz au Nigéria, encouragera la diversification des ressources énergétiques du pays et boostera les industries régionales lorsqu’il sera achevé, a indiqué le Dr Maikanti Baru.

En novembre dernier, le ministre marocain de l’Energie, des mines et du développement durable, Aziz Rabbah, avait indiqué dans une interview accordée à La Vie Eco que “les pays de l’Afrique de l’Ouest sont toujours vivement intéressés par cette future infrastructure, dont la Mauritanie qui a manifesté son intérêt pour s’y associer en tant que producteur. Sur un autre plan, le Sénégal, allié du royaume, pourrait devenir lui aussi producteur, ce qui conforterait encore plus le projet”.

Le 21 décembre 2018, le Sénégal et la Mauritanie ont d’ailleurs signé des accords pour exploiter en commun le champ gazier Grand Tortue-Ahmeyim, qui se trouve à la frontière entre les deux pays et sur le tracé du futur gazoduc Maroc-Nigéria. L’exploitation de ce champ gazier pourrait débuter en 2022.