ALGÉRIE
13/11/2018 14h:14 CET

Gaza, territoire palestinien ravagé par les guerres et la pauvreté

Anadolu Agency via Getty Images

La bande de Gaza subit à nouveau des agressions israéliennes Une nouvelle guerre se dessine après celle de 2014. Enclave palestinienne pauvre et surpeuplée soumise à un sévère blocus de l’occupant israélien.

Territoire exigu

Limitée au nord et à l’est par le territoire israélien, à l’ouest par la Méditerranée et au sud par l’Egypte, la bande de Gaza est un territoire exigu de 362 km2, long de 41 km et large de 6 à 12 km. S’y entassent deux millions de Palestiniens, soit l’une des plus fortes densités de population au monde.

Après la guerre de 1948-1949 qui éclate au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, Gaza passe sous administration égyptienne, mais ne sera jamais annexée. En juin 1967, elle est occupée par Israël.

 Enfermement

Le 12 septembre 2005, Israël retire son dernier soldat dans le cadre d’un plan de désengagement unilatéral, après avoir évacué plusieurs milliers de colons israéliens et démantelé leurs habitations, considérées par la communauté internationale comme illégales et le principal obstacle à la paix.

En juin 2006, Israël impose un blocus terrestre, aérien et maritime à l’enclave après l’enlèvement d’un de ses soldats (libéré en 2011). Il le renforce en juin 2007 lorsque le Hamas prend le pouvoir à Gaza.

Depuis 2013, l’Egypte maintient fermé en quasi-permanence le poste-frontière de Rafah, l’unique ouverture sur le monde des Gazaouis qui ne soit pas aux mains d’Israël.

Un taux de chômage de 53%

Dépourvue de ressources naturelles, la bande de Gaza souffre d’une pénurie chronique d’eau et de carburant. Le chômage affecte 53% de la population, dont 70% chez les jeunes. Plus des deux tiers de la population dépend de l’aide humanitaire.

En octobre 2018, le Qatar, sous les auspices de l’ONU, finance, avec l’accord d’Israël, des livraisons de fioul destinées à la seule centrale électrique de ce territoire en proie à une pénurie chronique de courant. En novembre, Israël autorise Doha à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza.

D″Hiver chaud’ à ‘Bordure protectrice’

Du 27 février au 3 mars 2008, Israël mène l’opération “Hiver chaud” après la mort d’un Israélien tué par un tir de roquette palestinien. Plus de 120 Palestiniens sont tués. Cette enième agression israélienne fait encore des centaines de morts palestiniens jusqu’à la conclusion en juin d’une trêve.


Le 27 décembre 2008, Israël lance une vaste offensive aérienne puis terrestre nommée opération “Plomb durci”. Le 18 janvier 2009, un cessez-le-feu entre en vigueur. 1.440 Palestiniens et 13 Israéliens sont tués.

Le 14 novembre 2012, l’armée israélienne lance l’opération “Pilier de défense” en assassinat le chef militaire du Hamas Ahmad Jaabari. Suivent huit jours de bombardements aériennes au cours desquelles 174 Palestiniens meurent. 

Le 8 juillet 2014, Israël une nouvelle guerre sur la bande de Gaza qu’elle baptise opération “Bordure protectrice”. Une guerre, prétend-elle, qui vise à faire cesser les tirs de roquette et détruire les tunnels creusés depuis l’enclave palestinienne. La guerre fait 2.251 morts côté palestinien, en très grande majorité des civils, et 74 morts côté israélien, quasiment tous des soldats.

Spectre d’un nouveau conflit 

Le 30 mars 2018 est lancée à Gaza une grande “marche du retour” officiellement organisée par la société civile et soutenue par le Hamas réclamant “le droit au retour” des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui à la création d’Israël en 1948.

Des dizaines de milliers de Palestiniens convergent le long de la barrière séparant Israël de la bande de Gaza. Quelques groupes jettent des pierres et des cocktails Molotov vers les soldats israéliens qui ripostent à balles réelles, tuant 19 Palestiniens.

Depuis cette date, la bande de Gaza et ses alentours sont soumis à des agressions israéliennes prétextant riposter au Hamas. Au moins 231 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne, principalement lors de manifestations. Deux soldats israéliens ont été tués.

Le 11 novembre, une incursion secrète des forces spéciales israéliennes à Gaza se solde par la mort de sept Palestiniens, dont un commandant local des brigades Ezzedine al-Qassam, le bras armé du Hamas, et d’un lieutenant-colonel Israélien. La confrontation s’aggrave dans les jours qui suivent, avec des centaines de tirs de roquettes palestiniennes vers Israël et des bombardements  israéliennes sur Gaza, faisant redouter une nouvelle guerre.