ALGÉRIE
08/08/2018 14h:18 CET

Gaza - ONU : 5 hôpitaux sont menacés de fermeture dans les 3 prochains jours

Le Coordinateur des Nations unies pour les affaires humanitaires Jimmy McGoldrick a aujourd’hui appelé l’Etat d’Israël à autoriser l’entrée du carburant d’urgence acheté par l’ONU à Gaza, sous blocus depuis 2007.

Anadolu Agency via Getty Images

“Cinq hôpitaux [de Gaza, NDLR] risquent de fermer dans les trois prochains jours si le carburant d’urgence n’est pas autorisé” par l’Etat d’Israël, a mis en garde aujourd’hui mercredi le Coordinateur des Nations unies pour les affaires humanitaires, Jimmy McGoldrick, dans un communiqué cité par l’agence palestinienne Wafa.

Soulignant la gravité de la situation dans ce territoire palestinien sous blocus israélien depuis 11 ans, le communiqué de Jimmy McGoldrick a rappelé que 2.000 personnes hospitalisées utilisaient “des appareils électriques”, sachant que les hôpitaux produisent leur propre électricité grâce à des groupes électrogènes fonctionnant au mazout.

Le “carburant d’urgence”, pour rappel, est acheté par les Nations unies pour les besoins les plus pressants de la bande de Gaza, régulièrement soumise à des bombardements israéliens meurtriers, lesquels rendent les besoins hospitaliers encore plus pressants.

“Une pratique grave”

Critiquant les autorités israéliennes, Jimmy McGoldrick a qualifié de “pratique grave” les restrictions israéliennes à l’entrée de carburant d’urgence à Gaza et a exprimé ses craintes “des conséquences catastrophiques” qu’elle a sur 2 millions d’êtres humains habitant de ce territoire, notamment les enfants.

Le responsable onusien a mis l’accent sur la nécessité de “disposer de carburant pour alimenter les régulateurs électrogènes”. Nécessité d’autant plus urgence, a-t-il expliqué, que la bande de Gaza vit, à cause du blocus, une “crise énergétique chronique”.

Cet appel pressant n’est pas le premier du genre. Il y a un mois, Jimmy McGoldrick a mis en garde contre les conséquences de l’épuisement du carburant d’urgence acheté par l’ONU pour faire fonctionner les installations vitales à Gaza (hôpitaux, stations d’épuration d’eau, etc.).

Un blocus meurtrier qui dure depuis 2007

Evacué par l’armée israélienne en août 2005, la bande de Gaza est sous blocus depuis 2007, lorsque le mouvement islamiste Hamas, un an après sa victoire aux élections législatives de 2006, y a pris le pouvoir aux représentants des l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas et basée à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Ce blocus est d’autant plus ravageur que le passage frontalier de Rafah, entre la bande de Gaza et l’Egypte, n’est ouvert qu’épisodiquement et pour de très courtes périodes.

En vertu de d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU votée le 8 janvier 2009 (la résolution n°1860), l’Etat hébreu est invité à faire en sorte que « que l’aide humanitaire, y compris les vivres, le carburant et les traitements médicaux, puisse être distribuée sans entrave dans toute la bande de Gaza ».

Israël ne l’a jamais entendu de cette oreille et continue d’imposer ce blocus aux Palestiniens de ce territoire sans ressources, dans le but d’attiser leur colère contre le mouvement Hamas et d’amener celui-ci à négocier en position de faiblesse.

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