MAROC
14/05/2018 19h:14 CET | Actualisé 06/06/2018 13h:38 CET

Gaza: 58 palestiniens tués, une escalade de violences condamnée par la communauté internationale

Plus de 2000 Palestiniens ont été blessés, dont au moins 900 par des tirs israéliens.

Etienne De Malglaive via Getty Images

GAZA - Un bilan qui s’est alourdi au fil de la journée... 58 palestiniens dont 8 mineurs ont été tués par des tirs de l’armée israélienne ce lundi 14 mai, lors de violents affronts dans la bande de Gaza survenus quelques heures avant le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Une escalade de violence condamnée par la communauté internationale qui contestait cette décision de l’administration américaine, et qui fait de cette journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l’été 2014. 

Pour l’heure, selon le ministère de la Santé gazaoui, 58 palestiniens, dont 8 mineurs, ont été tués. Un bain de sang perpétué par les soldats israéliens parmi les dizaines de milliers de manifestants à la frontière israélienne.

Ces décès portent à 106 le nombre de Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le début des manifestations de la “Grande Marche du Retour” le 30 mars dernier. Riyad Mansour, ambassadeur palestinien auprès de l’ONU a indiqué dans une déclaration relayée par les médias que “plus de 2.000 (Palestiniens) ont été blessés” dont au moins 900 par les tirs israéliens. 

“Ce massacre s’est tenu au moment où les Etats-Unis ouvraient de manière illégale, unilatérale et provocatrice leur ambassade” à Jérusalem. “Il est vraiment tragique qu’ils célèbrent une action illégale au moment où Israël tue et blesse des milliers de civils palestiniens”, a estimé Mansour.

“Nous condamnons dans les termes les plus forts ces atrocités par les forces israéliennes d’occupation, qui ont utilisé une forte puissance de feu contre des civils qui ont le droit de manifester pacifiquement et qui l’ont fait”, a-t-il poursuivi dans sa déclaration. Des actes qu’il qualifie de “massacre” et de “crimes de guerre”, et appelle de ce fait, à une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le président de l’Autorité palestinienne a également dénoncé un “massacre” et annoncé trois jours de deuil dans les territoires palestiniens ainsi qu’une grève générale mardi, jour où les Palestiniens marqueront la “Nakba”.

L’UE condamne les méthodes israëliennes

L’Union européenne a jugé l’usage de la force par Israël sur les militants palestiniens de “disproportionné”. “Des dizaines de Palestiniens, y compris des enfants, ont été tués et des centaines ont été blessés par des tirs israéliens aujourd’hui, au cours de manifestations en bordure de la bande de gaza”, a déploré Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’UE, exhortant ainsi Israël à respecter le droit des Palestiniens de manifester pacifiquement.

Federica Mogherini a appelé toutes les parties à “faire preuve de retenue” pour éviter de nouvelles pertes de vies et a mis en garde contre une aggravation de la situation “déjà tendue” qui rendrait la perspective de paix “encore plus lointaine” entre Israéliens et Palestiniens. La chef de la diplomatie européenne à réitéré qu’une solution à deux Etats est l’unique voie pour garantir “une paix durable” dans la région. 

Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian a souligné que la France condamne toujours cette décision de l’administration américaine de transférer son ambassade qui entrave les procédures de droit international et en particulier les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies.

“Après plusieurs semaines de violences, et face au nombre croissant de victimes palestiniennes dans la bande de Gaza aujourd’hui encore, la France appelle de nouveau les autorités israéliennes à faire preuve de discernement et de retenue dans l’usage de la force qui doit être strictement proportionné”, a poursuivi le ministre français, rappelant le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et également le droit des Palestiniens à manifester de manière pacifique. 

“Il est urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions”, a-t-il ajouté. 

Moscou “préoccupé” 

Selon Le Monde, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est exprimé en marge d’une rencontre, lundi 14 mai, avec son homologue égyptien, Sameh Choukry, à Moscou. 

“La Russie est préoccupée par la situation dans la bande de Gaza”, a-t-il déclaré. “Sur l’ouverture de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, nous avons à plusieurs reprises donné notre évolution négative de cette décision, a-t-il ajouté. Il n’est pas possible de changer unilatéralement les accords fixés par décision de la communauté internationale”. 

La Russie qui avait proposé à plusieurs reprises d’accueillir sur son sol des négociations entre Israël et les autorités palestiniennes soutient que “cette proposition tient toujours”.